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Le Scriptorium - Page 133

  • Porto

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     Porto

                         À mon père

     

     

          

     

    J’ai fait l’amour avec les vagues

    Qui m’aime, m’a aimée, m’aimera 

    Jamais

    Jamais

    J’ai fait l’amour avec la mer

    Elle était dure

    Violente

    Comme une mère méchante

    Qui fouette

    Va, fais

    Et tiens-toi droite

    Tiens-toi droite

    Un homme a passé

    Grand, vieux

    Il a souri

    Souri sous sa belle moustache

     

     

    Rumeur de la mer incessante

    Joie, joie

    De la houle ascendante

    Qui m’aime, m’a aimé, m’aimera

    Jamais

    Jamais

    L’Algérie est de l’autre côté

    Et les îles dans la beauté

    Je suis de là

    Qui m’a aimée

    Je sors de la mer incessante

    Je sors du ventre de la mer

    Fillette dans une serviette

    Verte

    Verte comme la pomme granny

    Elle a une blonde tresse mouillée

    Et un peu tremble

    Dans sa serviette

     

     

    Au soir tombé

    Je vois la mer elle m’attend

    Elle m’appelle

    Est-ce de là que vient l’amour

    L’ai-je connu, l’ai-je perdu 

    Le trouverai-je en m’y perdant

    Si je m’y jette

    Si je m’enfuis sur un bateau

    Pour aller aux rades lointaines

    Même plus loin que l’Algérie

    Que les îles dans leur beauté

    Ailleurs qu’en Méditerranée

    Du côté de Valparaiso

    Où vient rêver le Pacifique

    Ou bien aux rives du Douro

    Quand il se perd dans l’Atlantique.

     

     

    Porto

    Austère et grise sous la pluie d’août

    Et dans la nuit

    Un seul chemin

    Une avenue

    Vers l’acropole

    Je marche vite et je suis seule

    Qui m’a aimée

    Vers le sommet

    Un cinéma abandonné sous sa marquise

    Les année trente

    Une autre vie mais pas la mienne

    Il y a longtemps

    Un port obscur et dangereux

    Chiottes publiques

    On s’y rencontre

    J’entends parler se bousculer

    Et je dévale une ruelle

    En escaliers ordures grasses

    Rampe luisante sous la lumière

    Un chat pelé

    Il n’y a personne

    Ou bien une ombre

    Un qui m’aima

    Un homme jeune qui fut marin

    Dans tous les ports au bout du monde

    J’étais pas née

    Mais il m’aimait

    Il m’attendait.

     

     

     

    Françoise Donadieu

     

     

     

  • Coudoux : le chapitre est écrit

     

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    Un 4 juillet à plusieurs visages: à Monaco, ce sont les premiers coups de pédales du Tour de France cycliste. En Suisse, on apprend la mort du président mécène de l’Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus. Les Etats-Unis d’Amérique célèbrent l’Independence Day…C’est ce jour-là que le Scriptorium a tenu Chapitre, à Coudoux, entre cris de cigales, bouffées d’air chaud et jazz nougaresque, en hommage aux cinq ans de la disparition du chanteur.

     

    Temps studieux de la matinée propice à la mémoire des années passées, à l’évocation des instants intenses ou précaires, à la qualification des projets en cours, au rassemblement des énergies, en prévision d’une saison prometteuse. Puis ce fut l’heure du gâteau des dix ans où le souffle commun des poètes fut gentiment mis à l’épreuve.

    Ralentir-travaux.jpgL’intervalle, cette formule spécifique des réunions intra-muros des scripteurs, qui avait été baptisé « ralentir, travaux » fut l’occasion de croiser lectures et écoutes. « Ralentir, travaux », en clin d’œil à l’exercice commun pratiqué par le trio Char, Eluard, Breton en leurs jeunes années ; « Ralentir, travaux » pour signifier aussi le tempo revendiqué par le Scriptorium, dans son aventure de sémaphore fantasque, alternant fulgurances et retraits, surgissements et décélérations…

     

    C’est encore en « Poèmes pour garder le tempo » que fut donné le ton jazzy de la soirée.

    Dans le superbe parc du château de Garidel, dévolu aux Estivales, ce temps fort de la vie culturelle de la Commune, le Scriptorium fut invité à proposer ses voix de poésie, en solo ou en chorus, entre timbres de l'ensemble Nougarue et accents d’opérette. Il faut saluer ce beau geste de confiance, préparé de longue date par notre hôtesse coudoucenne, Geneviève Bertrand qui partagea avec les autres poètes (Jeannine Anziani, Béatrice Machet, Patrick Druinot, André Ughetto, Dominique Sorrente ) parole solo et morceaux en chorus. Si la concurrence des cigales fut parfois déloyale, les crapauds limitèrent leurs démonstrations expansives, et les vénérables platanes se joignirent au public pour les applaudissements de rigueur.

     

    Le Chapitre à trois temps pouvait se clore sur cette nuit de bel été, ouverte à tous les poèmes.

     

    Rendez-vous le samedi 5 septembre à Port-Frioul pour la rentrée.

     

     

     

     

  • Poésie chorale aux Estivales de Coudoux

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    Aux Estivales de Coudoux

     

    dans le sillage de Claude Nougaro 

     

     

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     LE SCRIPTORIUM 

     

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    vous invite à une soirée

     

    POÈMES POUR GARDER LE TEMPO

     

     

     *

     

    Le samedi 4 juillet 2009

     

    à 20h15

     

     

     

    Parc du château de Garidel,

     

    Coudoux (13)

     

    - Entrée libre à la Lecture - 

     

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    Le 4 juillet sera jour d’indépendance en poésie à Coudoux, entre le chant des olives et les effusions de cigales. Au milieu des arbres de haute futaie du parc, nous fêterons ce temps dans les parages d’un hommage à Claude Nougaro qui a fait semblant de nous fausser compagnie il y a 5 ans.

     

    Le Scriptorium, entre jazz et java, réapprendra  à scander les mots pour mettre un peu de sable au bord des blessures du temps. La lecture-rencontre alternera solos de batterie de l’âme et poèmes chorus donnés à plusieurs voix.

     

     

     

    Vous y retrouverez un beau contingent de scripteurs du port d’attache : Geneviève Bertrand, la régionale de l’étape, Philomène Anziani, Béatrice Machet, André Ughetto, Dominique Sorrente…

     

    Cette soirée sera le point d’orgue de la journée du Chapitre où les poètes et artistes du Scriptorium auront transpiré sur le thème « Ralentir, travaux » en préparation des Dix ans de l’association.

     

     

     

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    CINQ ANS, CINQ SYLLABES : CLAUDE NOUGARO

     

     

     

    à Claude Nougaro, après cinq ans,

    ces mots.

     

     

     

    Claude Nougaro, je me souviens de lui comme d’un décasyllabe coupé dans sa belle moitié  qui tangue, et frappe, et verse, et se reprend. Il  plonge sans peine par-dessus bord  dans la vie d’amandes et de cailloux de mes seize ans,  m’enroule en écharpe de belle amie, me déclare mangeur de goyaves et pastèques, pleines mains ; et il  me fait sauter d’un monde à l’autre, par battements, tempos, ruades et ralentis choisis.

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