26 avril 2010
Intervalle de printemps

à Coudoux (13)
le 8 mai 1010 à 14h30 *
Intervalle animé par Geneviève Bertrand
* * *
Après avoir ainsi vécu
Exister est impensable
Présence des fleurs
Issa
Il s’agira, le temps d’un intervalle, de partir en quête de son identité végétale, de converser avec les plantes, d’éveiller l’âme-fleur qui vit en chacun.
Dans cette rencontre intime, tactile avec le végétal à la manière de l’ikébana* l’enjeu sera de trouver la racine commune qui réunifie le geste de cueillir une branche, d’entrer en relation avec elle, et celui de l’écriture à l’écoute du rythme de l’univers.
L’ikébana autant que la poésie est un art d’être au monde, de partager une joie, de faire vibrer le regard, d’aller jusqu’à la pointe de beauté vivante, du secret intime de la nature, et même un peu au-delà.
Poésie de l’instant – autant que celle transmise par les haikus, tankas, rengas, haîbuns et autres poèmes brefs.
Instantanéité de passage, rencontre végétale, dialogue de cœur à cœur, humilité qui donne à chacun sa juste mesure dans l’univers, et qui se pratique comme un exercice spirituel.
Laisser fondre les frontières qui nous séparent, nous emprisonnent, inverser le regard, garder l’exigence, laisser couler l’impermanence.
Rêvant chaque année
aux chrysanthèmes
rêvé par eux
Shiki A chaque pétale qui tombe
Les branches du prunier
Vieillissent
Buson Remets au saule
Tout le dégoût
Tout le désir de ton cœur
Bashô
Les scripteurs sont appelés à laisser la nature traverser leur cœur, leur plume, leur pinceaux, à s’inscrire à la fois dans une tradition centenaire et dans une expérience spécifique et personnelle.
Geneviève Bertrand
_______________________________________
* « L'ikebana, art floral japonais, est un art millénaire dans lequel la disposition des éléments du bouquet est réglée par une symbolique héritée des offrandes de fleurs faites au Bouddha depuis le VIIème siècle. Aimer et respecter les végétaux, connaître leur caractère, partir de l'écorce pour arriver au cœur... Peu à peu la pratique nous amène à entrer en relation avec la nature par l'intermédiaire des végétaux utilisés. Que l'on fasse son premier ou son centième bouquet, l'émotion est la même. Car chaque branche, chaque fleur est unique. » [Extraits de l’introduction à l’ikébana écrite par Marette Renaudin dans le site de l’école de Toulouse]
- Lien à visiter : http://www.ikebana-toulouse.com/ (page Expositions)
_______________________________________________________
* Renseignements & Inscription avant le 3 mai à l'adresse poesiescriptorium13@gmail.com (détails en retour).
13:58 Publié dans Agenda | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture végétale
12 novembre 2009
Cette recherche qu'on nomme poésie
Lorsqu'un philosophe se met à méditer sur la poésie, il arrive que le poète arrête un moment de parler pour se découvrir un "allié" exigeant qui croit à la vertu de l'échange entre les disciplines, à la rigueur des formules, à la fertilité de l'étude... Michel Nodé-Langlois nous propose ici sa réflexion d'une autre rive où les mots de recherche, de science mais aussi de gratuité communiquent volontiers avec le geste poétique. Esprits zappeurs, s'abstenir...

Recherche se dit en grec méthodos, terme qui révèle par son étymologie que notre moderne concept de méthode renvoie d’abord, comme toutes les abstractions, à une image des plus concrètes, celle d’un chemin (hodos) qu’il faut suivre pour atteindre une destination visée. Certains penseurs contemporains, inspirés de Nietzsche, ont prétendu qu’un concept n’était rien d’autre qu’une métaphore. C’est douteux puisque, pas plus que les grecs, nous ne confondons le concept de chemin avec celui de ce que nous continuons d’appeler, en grec, une méthode. Mais il est clair néanmoins que l’usage de ce dernier terme signifie que nous apercevons, comme les Anciens, et à leur école, la parenté analogique qui existe entre l’opération qui consiste à se rendre d’un point à un autre en marchant, et celle qui vise à découvrir un élément de connaissance, activité qui peut elle-même susciter pas mal de déplacements, mais peut aussi s’exercer, comme on dit, en chambre, ou, comme disait Descartes, dans son « poêle »...
Quelque chose de remarquable apparaît déjà ici, qui mérite d’être souligné. Lorsque nous appelons méthode l’ensemble des démarches qui assurent la fécondité heuristique des disciplines que nous considérons comme des sciences, voire l’efficacité de nos techniques rationalisées, nous effectuons, en l’oubliant, une opération de métaphore, dont Aristote dit qu’elle est essentiellement « poétique » : elle consiste en effet à prendre une activité - le cheminement - comme image d’une autre - l’investigation, faisant par là-même apparaître une parenté intelligible entre deux réalités dont nous ne manquerons pas de souligner la différence si nous entreprenons de les définir conceptuellement. Tout se passe comme si le recours au mot porteur d’image était propre ici à rendre manifeste un aspect de la réalité que l’exigence de distinction conceptuelle tendrait à effacer.
Dans la conscience d’un Aristote, c’est donc poétiquement que se laisse désigner un type d’activité que lui-même distingue fortement de cet autre type qu’il appelle en grec poïèsis - par quoi il faut entendre non pas seulement l’activité de celui que nous appelons poète, mais bien toute forme de production. Les Grecs, notamment, regroupaient sous ce terme des activités que nous avons pris l’habitude d’opposer, comme techniques d’une part, et artistiques de l’autre : n’ignorant aucunement la distinction entre ces fins que sont l’utile et le beau, ils voyaient cependant que la production de l’un et de l’autre consiste toujours dans une transformation, c'est-à-dire dans la communication d’une nouvelle forme, inédite, à un matériau dont on dispose, qu’il s’agisse du métal pour le forgeron, ou des mots pour le dramaturge.
Ainsi opposées l’une à l’autre, les deux formes d’activité ont toutefois en commun de s’opposer à une troisième forme qui ne vise, elle, aucune sorte de transformation d’une situation ou d’un matériau, mais plutôt, selon l’idée que s’en fait Aristote, une transformation du sujet humain lui-même, en tant qu’il cherche à ajuster sa pensée au réel par le moyen de la connaissance. Il s’agit là de l’ensemble d’activités que le grec désigne par le mot de théôria, terme qui n’est pas moins que celui de méthode une métaphore poétique, puisqu’il désigne originellement l’acte de la vision, voire de la considération attentive. Ici encore, notre propre usage nous fait oublier ce que les grecs avaient aperçu au cœur de ces activités que nous continuons d’appeler théoriques, mettant sous le mot de théorie au mieux une construction intellectuelle à vocation explicative, au pis une spéculation si abstraite qu’elle apparaît oublieuse des réalités les plus communes.
11:44 Publié dans Le sens de l'humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : michel nodé-langlois, poésie, philosophie
24 septembre 2009
Mouvements infimes, du Tao à la poésie dansée

LE SCRIPTORIUM
Deuxième Intervalle de la saison,
« Mouvements infimes »
Samedi 3 octobre 2009
14h30 au Brûlat du Castellet (Var) *
Que nous l’abordions par le discours scientifique ou par une pratique méditative centrée sur la respiration, c'est à dire le souffle, nous pouvons tous prendre conscience du mouvement ondulatoire présent en nous, même « immobiles » .
Ainsi ces mouvements infimes ressentis nous mettrons au diapason avec la danse de la vie, qui est celle de l'univers tout entier dans le mouvement de tout ce qui est, existe, se transforme, disparaît et renaît ....
Ressentir cette pulsation originelle, est la base de ce qui est appelé le WUTAO, pratique de danse reliée à la tradition Taoïste, qui ouvre au sentiment du geste juste selon une dynamique en spirale, à partir de la colonne vertébrale : celle que nous savons de toute éternité parce que biologique, organique, vitale.
Sentir l’âme d’un mouvement, trouver son rythme intérieur, danser le souffle, tels sont les ingrédients de la danse du tao, savant métissage des arts martiaux, des techniques du souffle et de la danse.
La pratique est souvent soutenue par des métaphores (autour des éléments comme eau, bois, métal, air, feu), des lectures poétiques et un univers musical très diversifié. Par ce souffle-là, l’être et sa danse se déploient dans la légèreté et la simplicité. Chacun équilibre son parcours entre intuition, sensation, émotion, structuration et création.
Nous pourrons poursuivre notre chemin de conscience et de connaissance en nous tournant vers la danse contemporaine japonaise, son évolution à travers le mouvement Butô. L’esprit de la forme courte du poème, cette quintessence écrite de l’instant sur le modèle du haïku accompagnera tout "naturellement" l’intervalle. J'appelle donc à la production de textes courts, qui pourront être lus et partagés pendant l’intervalle.
Aphorismes et formes brèves célébrant l'éphémère (dans une forme de continuité) seront bienvenus !
Béatrice Machet
(coordinatrice Intervalle)
* Merci de vous inscrire par mail à l'adresse ci-dessous
avant le 30 septembre 2009 : poesiescriptorium13@gmail.com
[renseignements et infos pratiques d'accès au lieu fournis en retour]
14:09 Publié dans Agenda | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : danse, poésie, tao










