04 octobre 2011
De James U. Curtin à Martino Baldi

Sulla tomba di James U. Curtin, nel centenario della morte
A Quarantine Point, un promontorio roccioso proteso a mezz’aria verso il mar dei Caraibi, che lo circonda quasi a trecentosessanta gradi, all’estremo sudovest dell’isola di Grenada, in mezzo a grandi pietre rade sparse su un prato misteriosamente verde e apparentemente curato in mezzo alla foresta bruciata dalla stagione arida, c’è una sola tomba con un piccola modestissima lapide, ai piedi di un piccolo arbusto sempreverde. Probabilmente è il primo e l’ultimo punto della costa da cui si avvista il sole rispettivamente all’alba e al tramonto. Sulla lapide è incisa una scritta, orientata non in direzione dei passanti ma in direzione del mare e del tramonto: In loving memory of my dearly beloved husband James U. Curtin. Born Toronto Oct. 29, 1875 - Died March 24, 1907.
Infine giungerai a questo palmo
di terra, a questo assurdo tuffo
di un prato inglese strappato alla foresta,
al gesto di una mano di roccia aperta verso il mare
e troverai, forse, le ragioni che mossero
ogni tuo illecito passo verso il nulla, ogni respiro
strette in convivio poco prima dell'alba
sulla lapide azzurra dell'oceano, e sull’altra
minima e ferma
le tue labbra ritrarsi nel silenzio
che si irradia prima e dopo la scena.
E troverai nel nome di un fratello,
my dearly beloved husband
James Umbert Curtin,
ancorato e steso
qualcosa che ti stringe e lì saprai
che c’è, che esiste, che non muore
il qualcosa nascosto che si perde,
il patto segreto del viaggio.
E forse per qualcosa avrai dovuto
attraversare i cieli e le foreste, sentire
il canto acuminato delle scimmie e dei serpenti
mentre cala la nebbia notturna nel vulcano
e nel verde più verde, nell'azzurro
più azzurro, nel nero più nero
per qualcosa, forse, avrai dovuto
vedere spalancare le fauci
della bestia letale e l'omicidio perfetto
pronto da estrarre nel fodero della notte.
Oh, beloved wife, Miss Curtin,
che cent'anni adesso gravano sulle tue lacrime,
quale errore mi guida qui, testimone in ritardo
del doloroso culmine del tuo amore, ignota
invidia degli amanti che non sanno
che la luce dell'inizio è la luce della fine
e la luce della fine un tepore eterno
e che i nostri stupidi gesti altro non sono
che l'ombra della tua infuocata speranza
di salvare qualcosa che non esiste
se nessuno la nomina.
Miss Curtin, in nome della luce
del cui mistero è ombra, io ti chiedo
cosa è accaduto veramente qui,
ti chiedo di conoscere il miracolo
che ti spinse ad amare quest'uomo
fino a offrire per sempre alla sua fronte il mare.
Lo invidieranno adesso Elena e Didone
e le più nobili amanti dei poeti a cui
cuori di carta offrirono pomi di cartone,
non questa felicità improvvisa della sorte
questo perpetuo bacio sulla fronte
un infinito "buongiorno (o buonanotte), amore"
che con l'andare del sole gli ripeti
e che insegni adesso a chi si spinge
fino alla soglia marina del cercare,
in questo piccolo spoglio e nascosto
definitivo mausoleo della luce.
Martino BALDI

Sur la tombe de James U. Curtin, au centenaire de sa mort.
À Quarantine Point, un promontoire rocheux penché au milieu des airs, sur la mer des Caraïbes qui le ceint quasiment à 360 degrés, à l’extrême sud-ouest de l’île de Grenade, il y a, au milieu de quelques grandes pierres éparses en un pré mystérieusement vert et apparemment entretenu au cœur de la forêt brûlée par la saison aride, une sépulture unique avec une petite pierre tombale très sobre, au pied d’un arbuste toujours vert. C’est probablement le premier et l’ultime endroit de la côte duquel on aperçoit le soleil tant à l‘aube qu’au crépuscule. Sur la pierre, en direction de la mer et non des passants, est gravée une inscription : In loving memory of my dearly beloved husband James U. Curtin. Born Toronto Oct. 29, 1875 – Died March 24, 1907.
Pour finir, tu parviendras à cet empan
de terre, à ce plongeon absurde
d’un gazon anglais arraché à la forêt,
à ce geste d’une main de roche ouverte sur la mer
et tu trouveras, peut-être, les raisons qui ont mu
chaque souffle, chacun de tes pas illégitimes vers le néant,
entassées au banquet peu avant l’aube
sur la plaque azur de l’océan, et sur l’autre,
infime et immobile
tes lèvres faisant retraite au silence
qui irradie l’avant et l’après-scène.
Et tu trouveras dans le nom d’un frère,
My dearly beloved husband
James Umbert Curtin,
ancré et allongé sans vie
quelque chose qui t’étreint, et là tu sauras
qu’il y a, qu’existe, que ne meurt pas
ce quelque chose enfoui et perdu,
le pacte secret du voyage.
Et sans doute c’est pour quelque chose que tu auras
parcouru cieux et forêts,
pour entendre le chant perçant des singes et des serpents
quand la brume nocturne descend au volcan
et dans le vert plus vert, dans l’azur
plus bleu, dans le noir plus noir,
c’est pour quelque chose sans doute que tu auras
vu s’ouvrir béante la gueule
de la bête meurtrière, vu le crime parfait
mûr pour être extirpé du fourreau de la nuit.
Oh, beloved wife, Miss Curtin,
cent ans maintenant pèsent sur tes larmes,
quelle erreur me conduit ici, témoin retardataire
du pic tourmenté de ton amour, jalousie
ignorée des amants qui ne savent pas
que la lumière de l’aube est lumière du couchant
et la lumière du couchant, une éternité tiède,
et que nos gestes insensés par ailleurs ne sont
que l’ombre de ton ardente espérance
de garder sauf quelque chose qui n’existe pas
si nul ne le nomme.
Miss Curtin, au nom de la lumière
dont le mystère est ombre, je te demande
ce qui réellement est advenu ici,
je te demande de connaître le miracle
qui te conduit à aimer cet homme
jusqu’à lui offrir la mer pour façade éternelle.
Et l’envieront dorénavant Hélène ou Didon
et les plus nobles amantes des poètes auxquelles
des cœurs de papier offrirent des pommes de carton,
non cette euphorie impromptue du destin
ce baiser à vie sur le front
un sempiternel « bonjour (ou bonsoir) mon amour »
que tu lui répètes dans la marche du soleil
et que tu enseignes aujourd’hui à celui qui s’aventure
jusqu’au seuil marin de la quête,
en cet ultime petit mausolée,
nu et dérobé, de la lumière.
Martino Baldi,
Trad. Valérie Brantôme
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03 janvier 2011
Leonor Gnos - LUFT
Die Klassik trägt den Atem
die Moderne schneidet ihn ab - sagte er
als die Front des Gewitters
von der Meereslinie abging und gleich
von ihrer Rückseite eingeholt wurde
schwere Wind- und Wasserschichten
einander hochwarfen
bis hin zu den Wolkenmassen
in immer kürzeren Pausen
auf die Küste hinzielten
und wir auf einmal in der Luft
einen Absturz von Kunstwerken sahen
und es für Erklärungen zu spät war
Der Reisende geht schnell
im Rhythmus des jagenden Pulses
der ausfiel im letzten Traum
als er die Distanz
zum präzisen Satz maß
nun zählt die Wirklichkeit
zwischen Ein- und Ausatmen
Wort für Wort ist er allein Zeuge
seiner Rückkehr
Das Wolkenkissen zerfällt am Horizont
von den wandernden Schatten auf den Felsen
bleiben nur noch Schattierungen
oder sind es Variationen dunkler Klänge
eines Namens der vorbeigeht
und zittert in der dünnen Luft
Leonor Gnos

AIR
Le classicisme porte le souffle
le modernisme le coupe - dit-il
comme le front de l’orage
s’en allait de la ligne de mer et aussitôt
était rattrapé par sa face arrière
de lourds empilements de vent et d'eau
s’élançaient l’un contre l’autre
jusqu'aux masses nuageuses
à toujours plus courtes haltes
tiraient vers la côte
et d’un seul coup dans l'air
une chute d'œuvres d'art – nous vîmes –
mais pour des explications, il était trop tard
Le voyageur va vite
au rythme du pouls en chasse
il achoppa dans le dernier rêve
comme il mesurait la distance
à la phrase exacte
désormais compte la réalité
entre inspir et expire
terme à terme il est le seul témoin
de son retour
Le coussin de nuages se décompose à l'horizon
des ombres errant sur les rochers
demeurent seuls des chatoiements
ou sont-ce les variations de sons graves
d'un nom qui passe
et tremble dans l'air léger
Traduction Leonor Gnos / Lionel-Édouard Martin
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27 mai 2009
Dalle mura...aux remparts de Pistoia
Poèmes extraits de Le mura di Pistoia, de Piero Bigongiari
Compagnons de traduction : Philippe Jaccottet - André Ughetto
Miskolc
Il sangue non marcirà la fede,
crede chi crede che il mondo è più grande
di chi lo vuole fare somigliare
nemmeno più al dolore, di chi vuole
che le ore del tempo vivano senza luce,
quasi di un sole, nel carcere
e nello sguardo della morte, nero,
per chi va nei suoi spazi che un confine
non può dire finiti.
Ma nemmeno infiniti... Chi piange
attorno alla vostra morte, chi ha forza
ancore di disperare ? I fiumi eterni
che percorrono l’Europa sotto le nebbie e il sole
rampano verso un mare che è uguale
alla salita della vostra morte :
dura salita, ma in cima
l’infinito non ha confini nemmeno umani.
Già uno muore se esce dalla porta
della stanza dove ha udito la condanna.
Brumosi opifici rompono il sole del Nord,
il mare rosicchia le coste tirrene,
io di quassù l’odo nel canto allarmato del passero,
le asine zoccalano lente nei borghi turriti
tra le bufere e gli azzurri da cannocchiale astronomico,
sotto, i boschi s’infogliano, s’infiammano, s’inceneriscono,
ma tutto è troppo lento per la vérità indivisa
che gli uomini spezzano in aprole, partiscono in ostie.
Miskolc
Le sang ne fera pas pourrir la foi,
chacun peut croire à son gré que le monde est plus grand
que ceux qui ne veulent pas même
le laisser ressembler à la douleur, que ceux qui veulent
que les heures du temps vivent sans lumière,
comme d’un soleil, dans la prison
et dans le regard de la mort, noir,
pour qui va dans ses espaces qu’une frontière
ne permet pas de dire finis.
Non pas cependant infinis… Qui pleure
autour de votre mort, qui encore a la force
de désespérer ? Les fleuves éternels
qui traversent l’Europe sous les brouillards et le soleil
rampent vers une mer qui est semblable
à la montée de votre mort :
dure montée, mais au sommet
l’infini n’a plus de frontières, même pas humaines.
On meurt à peine a-t-on passé la porte
De la salle où on a entendu le verdict.
De brumeuses usines offusquent le soleil du Nord,
la mer ronge les côtes tyrrhéniennes,
moi d’ici je l’entends par le moineau dont le chant s’alarme,
les ânesses font claquer lentement leurs sabots
dans les bourgades ceinturées de tours
entre les ciels d’orage et d’azur calme pour lunette astronomique,
en bas les bois s’enfeuillent, s’enflamment, tombent en cendres,
mais tout est trop lent pour la vérité indivise
que les hommes brisent en mots, fractionnent en hosties.
Traduction André Ughetto

In una sera di vento e di luna lundo il Mugnone
Agita la tua tenebra stasera,
grande, più grande nel tuo vuoto, luna,
questo vento argentino che non coglie,
oltre le foglie lapidate a bruno
nei giardini stormenti, altro dolore :
lustra i crateri dei vulcani spenti;
qui il silenzio impietrito delle soglie. 
Come al bimbo donò un’addolorata
Allegria la muraglia della Cina,
queste sono le cose, qui è l’evento
che il dolore allegrato ora ravvisa,
messo in forse dal vento come vela
che ne porto hanno alato per salpare.
Par un soir de vent et de lune au bord du Mugnone
Agitant ce soir ton obscurité,
lune immense et grandie encore dans ton vide,
le vent argenté ne recueille
d’autre souffrance que celle des feuilles
striées de noir dans les jardins bruissants :
il lustre les cratères des volcans éteints,
le silence ici pétrifié des seuils.
De même qu’à l’enfant la muraille de Chine
fit ce cadeau d’une allégresse douloureuse,
telles sont les choses, voici l’occasion
que l’allègre douleur maintenant reconnaît,
querellée par le vent comme une voile
qu’on a hissée au port pour appareiller.
Traduction André Ughetto
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- Voir biographie et poèmes (en italien) de Piero Bigongiari
- Les Remparts de Pistoia aux éditions La Différence
22:47 Publié dans Translated beyond the walls | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : pistoia, piero bigongiari, philippe jaccottet, andré ughetto, poésie italienne du xxème siècle
19 mai 2009
Crossed Translations
TRADUCTIONS CROISÉES Morelle Smith / Dominique Sorrente

Chester Morning Orchestra
A fringe of birds, high up on a beech tree,
are pegging the leaves to the sky.
The yawning sun, just risen,
slips curtains of light between
ceders and swarthy yew trees.
The yellow beech leaves quiver.
One jackdaw flies off.
One rattles its wings,
One hops to another branch.
One yellow leaf falls, circles,
spins down to earth.
Hunched birds, waiting.
The sun clambers through branches.
Deft climber. Jackdaws shuffle their feet,
shake the night from their wings.
Then through the streets of pink stone and red brick,
swings the sunlight.
It riffles the spires of cathedral and church,
like the strings of an instrument,
tuning the morning.
The jackdaws fly off, into song.

Chester, l’orchestre du matin
Une rangée d’oiseaux perchés tout en haut d’un hêtre,
tels des épingles à linge
accrochent les feuilles au ciel.
Le soleil qui vient tout juste de se lever
baîlle et glisse des rideaux de lumière
entre les cèdres et les ifs sombres.
Les feuilles jaunes des hêtres tressaillent.
Un choucas s’envole.
Un second ébroue ses ailes.
Un troisième sautille jusqu’à une autre branche.
Une feuille jaune dessine des cercles en tombant,
tournoie jusqu’au sol.
Des oiseaux accroupis attendent leur tour.
Le soleil se hisse à travers les branches,
en grimpeur adroit.
Des choucas traînent leurs pattes,
secouent la nuit de dessus leurs ailes.
Puis la lumière du soleil s’élance
dans les rues, pierre rose, briques rouges.
Elle parcourt les flèches des cathédrales et des églises
comme les cordes d’un instrument,
accordant le matin.
Les choucas s’envolent dans leur chant.
Mountain Road
High up on the mountain road – or so I call it -
its elevation on the map is one brown wiggly contour line -
I see the reed-fringed water heading out to sea.
Cicadas sizzle in the clumps of trees.
Now and then a car goes past but mostly
its just me and vineyards
and a flat expanse in front of me,
shimmering with heat.
The landscape seems content
to have the sky and dips of valley to itself.
The grapes are dusty sea-blue,
tightly bunched together.
I pull four quinces from a tree
and each one comes away with one small leaf.
Yellow splashes bulge around their sides.
I put them in my cloth bag,
feel their hard round shapes
against my back as I ride home.
La route de montagne
Là-haut, sur la route de montagne - c’est ainsi que je l’appelle -,
son altitude sur la carte est figurée par une ligne marron tortueuse -
Je vois la rivière bordée de roseaux qui s’en va
se jeter dans la mer.
Les cigales grésillent dans les bosquets d’arbres.
De temps en temps, une voiture passe mais la plupart du temps,
il n’y a que moi et les vignes
et une étendue plate sous mes yeux qui miroite de chaleur.
Le paysage semble satisfait
d’avoir le ciel et le creux des vallées pour lui tout seul.
Les raisins en grapppes compactes
sont d’un bleu marine poussiéreux.
Je cueille quatre coings sur un arbre
et chacun se détache avec une petite feuille.
Des taches jaunes forment saillie sur leur côté.
Je les mets dans mon sac en toile,
je serre leurs formes rondes et dures
contre mon dos sur le chemin du retour en vélo.
Traduction française Dominique Sorrente
* * *
Au nom de Sainte - Victoire
Autrefois, trop longtemps, j’habitais de saintes défaites,
des gestes de beaux perdants, des promesses en écharpe
où s’engloutir.
Devant ma fenêtre, j’assistais aux défilés des victoires sans pitié,
aux sacres impurs et fugitifs, serments d’imperfection drapée
des gouverneurs portant médailles.
J’amassais les refus aux formules mauves,
me blessais d’empêchements, comme autant
d’entailles anonymes sur la peau.
Une fois, tout une nuit, j’ai guetté le loup blessé du rêve.
Au petit matin, apparut une falaise primordiale inachevée.
À présent, j’écris à l’interstice,
entre le bruit du ciel et les occupations d’insectes.
Mon rire d’aube accompagne la hâte du marcheur
et le distrait de parfums de lenteurs,
sans même qu’il le remarque.
Je sais que la masse blanche peut enchanter un papillon.

In the name of St. Victoire
For too long in the past I lived with defeated saints
with the gestures of beautiful losers, broken promises
marking the place of their demise.
In front of my window I watched the relentless stream of the successful,
the rituals questionable, fleeting, the bright medals of the governers,
their flawed pledges.
I piled up the standard letters of rejection
but each rebuffal left its mark on me like so many
pinpricks on the skin.
One time I was awake all night, on the lookout
for the wounded wolf of dream.
Then in the early light of dawn, this ancient cliff appeared,
rising out of sight.
And now I write in the small space
between the sounds of sky and busy insects.
My dawn laughter accompanies the fast-paced walker,
perfumes distract him, slow him down
without him even noticing.
I know that the massive white rock can delight a butterfly.
*
Balises pour un marcheur à distance
On peut aimer ceux qui conquièrent et qui plantent leur pas
sur le sommet. Ils vivent de prédications au goût de fièvre.
Ils se dépensent en comptant. Ils franchissent.
Marcher à distance est un autre exercice.
Comme on cherche son double, de l’autre côté de soi-même.
Le regard scrute à contre-feux, les formes s’essaient à des poses
comme des femmes à leur miroir.
Sur le versant d’en face, il est écrit :
« prière de ne pas intervenir ».
C’est alors que tout peut commencer.
Entre la montagne et vous, il y a plus qu’une saison d’ombre portée.
D’ici, vous la voyez, fausse immobile qui n’a de cesse.
Vous comprenez un peu de son initiation par les troubles,
par les éclats et comment on se livre
à la merci d’un paysage.
Elle contient les eaux du beau vertige et son repos
qui vous ignore à taille d’homme.
Non vraiment, n’allez pas la tenter de vos pitiés
quand votre vie est un animal pauvre…
Elle ne demande pas qu’on y trouve refuge.
Mais dans ses plis, s’il y a une ombre mise à mal,
c’est à vos yeux qu’elle accordera
de l’effacer d’un nuage.
Comme l’offrande d’un été retrouvé.
Beacons for the Long Distance Hiker
One can love those who conquer and who place their foot
On the summit. They live by fire-licked sermons.
They do not count the effort that they make. They win through.
Long distance hiking is quite another practice.
It’s like looking for your double on the other side of yourself.
Peering downwind of the fire,
Shapes strike poses
Like women in front of a mirror.
On the mountain’s other face is written
“keep your distance”
At that point anything can happen.
Between you and the mountain there is more than one shadowy surface.
From here, it looks as though it never ends, and its stillness is deceptive.
You have some knowledge of its lower slopes
the rocky areas, the sudden brightness,
and how one abandons oneself
to the mercy of a landscape.
Its fresh waters are inebriating and its deep peace
Takes no notice of something as insignificant as man.
So do not bring your woes to this place,
When your life is such a wretched creature…
The mountain doesn’t ask you to take refuge here.
But if among its folds, there is just one misshapen shadow
You will be granted this – the chance to make it disappear,
Like the gift of a rediscovered summer.
Translated in english by MORELLE SMITH
11:24 Publié dans Translated beyond the walls | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poetry, scotland








