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11 février 2019

ET LA MAGIE FUT AU SCRIPTORIUM !

"Ne m'attendez pas ce soir

car la nuit sera noire et blanche"

Gérard de Nerval

 

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Petit retour sur la magie qui a opéré au Scriptorium le samedi 26 janvier dernier à l'Oratoire…Nous y étions.

 

Se taire

 

que les voix éteintes

résonnent encore

 

Schweigen

 

die ausgelöschten stimmen

nie verkligen lassen

 

Eva Maria BERG

 

En début d'intervalle, lecture fut faite par Dominique Sorrente (avec également le poème Choeur d'arbres de Nelly Sachs) du poème d'Eva Maria Berg, retenue à Fribourg, pour l'hommage à la cérémonie de libération du camp d'Auschwitz-Birkenau. Le Scriptorium s'était associé à l'événement.

Les voix des "mis au repos" pour cause de grippe furent également écoutées : Gérard Boudes et sa petite mécanique de mitraille en magie minuscule; Henri Tramoy et son Dans la gorge, l'abrasion du brasier.

 

Avec Lucas Magie.JPG

 

Après une discussion à bâtons rompus sur les prochains événements en préparation et à élaborer… Olivier Bastide, qui avait pu se déplacer pour l'occasion, nous a fait le plaisir de nous apporter les photos et textes du projet collectif  Quinze vues, quinze voix (né avec les quinze ans de notre association). Après l'expo à Oppède le vieux, cet ensemble doit être bientôt présenté dans la revue en ligne Ce qui reste. Quelques textes furent relus pour l'occasion par les auteurs présents (Leonor Gnos, Isabelle Alentour, Nicolas Rouzet, Dominique Sorrente, Thérèse Dufresne) en vis-àvis des images proposées par Olivier. Bon préambule à la magie… qui prit bientôt toute sa place.

 

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Des textes, des tours de cartes accompagnés d'un joli conte proposé par Francesca Manson, une chorégraphie tout en nuance de sentiments du pantin SEB, l'ami d'enfance de Sophie Leenknegt, accompagné en impro par Nicolas Rouzet, pianiste du moment !

 

                                             SOPHIE et pantin seb.JPG

 

Le petit Lucas (6 ans) formant des écritures de bon coeur au centre de la pièce, tandis que Medjina ( son aînée de quelques années) jouait du timelapse, le télécran de jadis, faisant surgir des silhouettes. Des paroles en questionnements, c'est bien la magie qui était à l'honneur, dans la multiplicité de ses définitions : émerveillement, peur, anxiété, étonnement, "et si", surgissement, "il y a un truc", apparition, "c'est fou"...

 

L'intervalle fut clôturé devant le feu de cheminée par une ronde de crêpes salées, sucrées, toutes plus tentantes les unes que les autres… Et comme c'était le jour, elles se multiplièrent comme par enchantement.

 

Non loin de là, en belle compagnie, la chatte Grisette, lectrice invétérée de Chateaubriand, nous adressait ses salutations du moment en bord de Chandeleur.

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                                                                Anne Lofoten

 

 

 

 

 

19 janvier 2019

INTERVALLE MAGIE D'HIVER ce samedi 26 janvier 2019

 ″Comme la magie, la poésie est noire ou blanche, selon qu’elle sert le sous-humain ou le surhumain [...] De fait, toute poésie humaine est mêlée de blanc et de noir : mais l’une tend vers le blanc, l’autre vers le noir″
René Daumal, ″Poésie noire et poésie blanche », Chaque fois que l’aube paraît, I, Gallimard

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Après la veillée au coin du feu qui a fini 2018, venez démarrer l'année par un intervalle poétique qui promet d'avoir plus d'un tour dans sa besace…  Autour de quelques crêpes à multiplier à foison…

Ça se passera :

le samedi 26 janvier 2019 à 14h30 sur le thème « Magie ».

Détourner le réel dans le réel, troubler la perception de l’espace et du temps . À nous, l’expérience des anamorphoses à gogo dans un monde mutant d'illusions…

 

Venez donc avec de quoi nous étonner…et bien sûr, un texte d’auteur, un texte de vous, ou un geste artistique, et un petit quelque chose à boire ou à manger. Et si vous ne pouvez venir, envoyez nous un écrit, une trace, un lapin caché dans un foulard...

 

Nous aurons pour l’occasion quatre invité.e.s ( dont deux plasticiennes) qui participeront à nos exploits, à notre plus grande joie !

 

Merci de confirmer votre présence, avant le 23 janvier 2019, pour aider à l’organisation de la rencontre, à l'adresse ci-dessous :

poesiescriptorium13@gmail.com

 

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À noter déjà sur vos tablettes :

la caravane poétique du samedi 11 mai 2019, au mur de la Peste (Vaucluse).

Une autre date de rencontre en mars ou avril vous sera communiquée lors du prochain intervalle.

 

Merci à ceux qui n'ont pas encore cotisé de le faire, en ce temps d'étrennes...c'est la dernière occasion...(40 euros, adhésion annuelle, 60 euros pour les couples). Comme d'habitude, gratuité pour la "première fois".

 

À vos tours de magie !

Anne Lofoten

 

Sur une grande route,
il n’est pas rare de voir une vague,
une vague toute seule,
une vague à part de l’océan.
Elle n’a aucune utilité, ne constitue pas un jeu.
C’est un cas de spontanéité magique.

Henri Michaux

 

« Vivre

c'est serrer

un trou

dans sa main

jusqu'à ce qu'il

sorte

de l'autre côté

de la main

et rencontre

un autre trou

qui fera

une contre-main

sur le monde. »

Serge Pey

 

23 février 2018

Le poème en son état critique: un intervalle de chandeleur ...

 

chandeleur.jpg

Ce samedi 10 février se tenait Montée de l’Oratoire à Marseille le premier intervalle poétique de l'année…  Le poème en son état critique !

 

"Que pense le poème ?" (Alain Badiou)
… et que pensons-nous du poème ?

 

 

En guise d’introduction…

 

"Face au poème lu ou entendu, souvent donné comme parole de l’indicible, oscillant entre cris et chuchotements, expérience singulière du langage, que peut-on dire ou écrire qui ne fasse pas paraphrase, redondance ? À quelles conditions les critiques peuvent-elles apporter un éclairage pertinent ? Peut-on aujourd’hui faire place à des critiques « assassines » ou doit-on privilégier les coups de cœur ? Et l’auteur, se reconnaît-il dans le texte écrit à propos de ce qu’il a écrit ? Voici quelques questions qui seront mises à la table… » avait annoncé Dominique Sorrente.

 

L’état critique du poème donc… un grand débat !

Même au milieu des crêpes...

 

Comment se présente la critique, quelles sont les formes de critique du poème ? Et que peut apporter une critique de poème ? (positive ou négative ou encore neutre ?) … Pour le poète ? Pour le lecteur potentiel ?…

 

Historiquement, dans la période des années 60 et 70, l’obsession critique et la mise en question du « texte » » pouvaient conduire à effacer toute trace du poème dont il était question. Aujourd’hui, à l’inverse, le poème est tellement présent, cité, réclamé, qu’il n’y a plus beaucoup de place pour une réelle pensée, une analyse du poème, une mise à distance…

 

Il y a parfois des dossiers/études de vingt pages sur un poète, son univers, et parfois de brèves notes de lecture qui évoquent ce que laisse présager le texte.

 

Quelles sont les entrées pour appréhender un texte poétique ?

La biographie de l’auteur/e, le contexte historique, géographique…

Les courants de pensée, écoles ou collectifs de poètes auxquels il/elle appartient… Il semble y avoir aujourd’ hui un retour à l’intime et au quotidien…

 

Tels sont quelques-uns des sujets d’échange lancés et débattus au cours de l’intervalle.

 

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Thérèse Dufresne nous lit quelques passages de poèmes – à la manière du journal- d’Emilie Dickinson qu’elle présente actuellement dans les écoles, en soulignant l’écriture contemporaine de cette poétesse américaine du XIXe siècle –aurait-elle eu aujourd’hui un blog ?- et  la richesse sonore et musicale des versions bilingues. La traduction aussi est une affaire de poètes.

 

Dominique Sorrente nous présente une réflexion de Lionel Ray, s’appuyant sur le « secret » de Philippe Jaccottet, à propos du « langage du silence »… de la construction musicale d’un texte…

 

Et Gérard Boudes de rebondir en pointant une différence essentielle et complémentaire : le texte est constitué d’espaces blancs et de lettres noires, tandis que le ciel à l’inverse est un espace noir parsemé d’étoiles blanches… Comme un miroir inversé. En toute poésie.

                                              Résultat de recherche d'images pour "maulpoix critique de la poésie"

Patrick Godard nous présente à son tour Pour un lyrisme critique de Jean-Michel Maulpoix, notant à propos du poème que les critiques sont souvent soit trop techniques soit trop subjectives, et qu’il faudrait peut-être tout simplement plus décrire le poème…

Et de pointer quelques grands thèmes incontournables en poésie :

  1. « avancer / se retourner » (cf le mythe d’Orphée) : la mélancolie crépusculaire, la nostalgie, le futur et son royaume…
  2. « trouver / chercher » : le troubadour, la trouvaille, les objets trouvés… la quête l’Odyssée… la poésie permettant les points de rencontre !
  3. « couper / lier » : scander, marquer de fréquents arrêts ! La poésie comme « omnibus de la pensée » souligne encore Gérard Boudes.

 

Ce qui est en jeu dans la poésie serait donc la constitution d’une image (cette fameuse image manquante ?!), la poésie révélant des rapports justes mais non évidents entre les choses (Pierre Reverdy, Arthur Rimbaud…) serait une pensée d’agglutination que l’on peut comparer aux collages et au rêve.

 

Isabelle Alentour nous parle quant à elle de son expérience d’auteur comblée et de lectrice de critiques riches et argumentées, notamment sur le site en ligne Terre à ciel, qui lui donnent envie de lire par exemple… Kaspar de Pierre de Laure Gauthier dont elle partage avec bonheur quelques extraits.

 

Nicolas Rouzet, coutumier de la discipline, nous lit ensuite l’une de ses notes de lectures, à propos de L’été de Cécile A.Holban, tentant de restituer l’univers du poème, entre ressentis et citations, et de donner envie au lecteur d’aller voir d’un peu plus près…

 

Leonor Gnos de nous lire enfin quelques textes issus de Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq, suivis d’une critique à double tranchant de Fabrice del Dingo, journaliste et auteur, parue dans La Une Livres (Les Livres, Recensions, Poésie).

 

 

Certes il y a des études, analyses, recensions, critiques plus ou moins dithyrambiques, billets d’humeur, notes de lectures entre objectivité et subjectivité… Mais rien de tel que le poème, funambule de l’explicite et des silences chantants, virevoltant dans la permanence de son état critique. Parce que comme l’écrit Gérard Boudes, à la sortie d’un accident récent, le poème c’est l’expérience sans cesse renouvelée de la vie et de la mort, de la mort et de la vie… comme une respiration.

 

 

Poème en état critique

 

L’inspiration était faible

Il a fallu prendre un appareil

Pour la faire revenir.

Cela a marché faiblement, mais le texte

Est reparti.

L’ambulance a foncé

La sirène a hurlé.

 

Un poème blessé,

S’il vous plait, dégagez !

Il est dans un état critique.

 

Puis ils ont opéré

Et ils l’ont perfusé,

Goutte à goutte,

Vers à vers

Du liquide de consonnes

Et ils ont injecté

Quelques doses de voyelles.

Le voila allongé parmi les patients.

Il attend qu’elle revienne.

Qu’elle revienne qui ?

L’inspiration mon bon docteur,

Et surtout pas l’expiration.

Gérard Boudes 10 février 2018

 

 

 

Petit état des lieux des actions des œuvriers du Scriptorium :

 

- la Scriptothèque (architecture…) (Isabelle Alentour)

- Projet éditorial « 15 vues / 15 voix » (Olivier Bastide)

- Laurence Verrey vient de publier dans le dernier numéro de la très respectable Revue de Belles Lettres (Genève) une suite Entre île et aile qu’elle a bien voulu dédicacer « aux poètes amis du Scriptorium à Marseille, d’une île à l’autre ».

- Hommage rendu à Tania Sourseva au Théâtre Toursky

- Intervention prévue dans les restaurants d’entreprise EDF sur la thématique du Printemps des Poètes "L'ardeur".

 

 

A noter dans les agendas :

 

- 16 / 17 février 2018, Château de la Tour d’Aigues (84) : Le 3e Cabaret Poétique d’hiver de la Boucherie Littéraire

- mars 2018 : 20e Printemps des poètes sur le thème de l’ardeur poétique

-10 mars 2018, MUCEM Marseille – 16h : discussion / lecture autour du travail de Dominique Sorrente ( entretien avec Olivier Boura). Possibilité de prolonger la rencontre au Café Regards de Provence, et de finir la soirée avec le concert de Raphaele Lannadere

-17 mars 2018 -20h / 18 mars 2018 -17h, 3013 Marseille : Concerts Saison 2 des Ivres Vivants ( Dominique Sorrente, Audrey Gambassi, Lionel Mazari) qui interprètent leur nouveau répertoire

- 21 avril 2018, St Gens (84) : Caravane Poétique (Trace de Poètes/Pierres sèches en Vaucluse) sur le thème « dialogue entre l’eau et la terre »

- 26 mai 2018, Médiathèque de Robion : 11h lecture/performance de Dominique Sorrente & 15h déambulation poétique sur le thème « prendre le temps »

- 23 juin 2018, Parc Borély-Jardin Japonais : sieste poétique

 

Et en impromptu…quelques minuscules Baisers poétiques pour la Saint-Valentin.

  

 

Emmanuelle Sarrouy & les poètes du Scriptorium