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25 février 2018

à LA LIBRAIRIE DU MUCEM, l'ARDEUR DU POEME lecture de DOMINIQUE SORRENTE et entretien avec OLIVIER BOURA

 

 

 

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Le samedi 10 mars, à 16 h, la librairie du Mucem donne rendez-vous aux amateurs de poésie pour un moment particulier.

Un entretien-lecture avec Dominique Sorrente qui échangera avec l'essayiste Olivier Boura sur son  parcours poétique commencé à l’âge de 16 ans, ses rencontres marquantes, et bien sûr, focus sera fait sur ses récentes créations : poèmes, micro-fictions chansons.

Il y sera question d'amitiés fortes, celle de Christian Gabriel/le Guez Ricord, décédé il y a tout juste trente ans, celle de Jean-Marie Berthier, disparu en 2017, l'un et l'autre, figures singulières de la poésie de langue française contemporaine, étant nés à Marseille. 

L'échange portera aussi sur les deux ouvrages parus dernièrement: Les gens comme ça va, publié chez Cheyne éditeur et le livre-CD sonodrame B comme  Bran réalisé avec deux plasticiens sonores Colette Papilleau et Daniel Vincent, publié par le Scriptorium/thebookedition , dont on pourra entendre des extraits.

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Temps d'échange mais aussi moment de lectures variées de poèmes, puisqu'on pourra également écouter les voix de poètes du Scriptorium présents. Le Scriptorium est cette association qu’a créée Dominique Sorrente en 1999 comme un "lieu-dit de poésie" et qu’il continue d’animer.

Sont également au programme deux chansons du nouveau répertoire que Dominique Sorrente, accompagné de sa guitare, propose avec son trio des Ivres vivants (Audrey Gambassi, Lionel Mazari). Deux concerts auront d'ailleurs lieu les 17 et 18 mars, dans la salle associative du "3013", un lieu d’utopie qui convient bien au répertoire des chansons-poèmes.


Le 10 mars au MUCEM sera ainsi un temps fort du Printemps des Poètes à Marseille.

Un beau moment foisonnant "d'ardeur poétique" à partager qui se poursuivra avec le concert du soir de la chanteuse Raphaele Lanadère, dite L. dont on (re)découvrira avec plaisir le répertoire et le dernier CD.

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23 février 2018

Les minuscules baisers-poèmes des scripteurs – Impromptu poétique

Mercredi 14 février 20178

En marge de l’ouverture officielle de MP2018 « Quel Amour » et un peu avant le Grand Baiser du même jour…

 

...se réunissaient à Marseille et au pied levé tous ceux qui voulaient s’envoyer des baisers minuscules et par milliers – chaleureusement accueillis à la Galerie des P.O.C., cours Joseph Thierry à Marseille, en haut de la Canebière.

 

Quelques pensées de baisers minuscules

distribuées pour l'occasion par Dominique Sorrente

 

Je plains ceux qui n'ont réussi qu'à embrasser une carrière.

 

***

Un baiser, c'est simple comme bonjour

quand bonjour est enfin redevenu simple.

 

***

 

Un baiser, ça veut dire qu'il fait moins froid dehors

et que l'oiseau a reconnu sa branche.

 

***

 

Poser mes lèvres contre les tiennes, et attendre ensemble

que se propage l'incendie. Activer éventuellement les fumigènes.

 

Dominique Sorrente

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Les voilà réunis dans la galerie des POC, au cœur d’une exposition fort à propos puisque l’espace s’est métamorphosé pour l’occasion en « boudoir ». Toute une histoire !… Pour un impromptu poétique qu’ils ont décidé d’appeler : « les minuscules baisers-poèmes des scripteurs » !

 

 

Des baisers sans tarder

Des baisers sans dictée

Des baisers rebelles

Des baisers tourterelles

Des baisers chantants

Par-delà les nuées

Emmanuelle Sarrouy, 1 baiser + 1 + 1 + 1 + …

 

 

 Lectures, dessins, pliages et autres festivités à l’envie participative. À l’envolée, ils avaient apporté feuilles, feutres, ciseaux… À l’envolée ils se sont mis à plier plier plier quelques bateaux, plus ou moins de guingois, quelques bateaux de fortune, petits et grands, prêts à recevoir des centaines de baisers-poèmes et autres déclarations d’amour toujours !

Et des cœurs et des fleurs…

 

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Les bisous rouges sont les couleurs de l’amour.

Les bisous bleus sont les couleurs de la tristesse.

Les bisous violets sont les couleurs de la peur.

Les bisous multicolores sont les couleurs de la timidité.

Les bisous transparents sont les bisous coquins.

Les bisous dorés sont les couleurs de la lumière.

Les bisous oranges sont les couleurs de la musique.

Les bisous verts sont les couleurs de la gentillesse.

Les bisous noirs sont les couleurs de la rigolade.

Les bisous gris sont les couleurs des ouistitis.

Et les bisous de la Saint Valentin sont les bisous qui comptent le plus.

Love you et bonne Saint Valentin !

 

création de Medjina Noguès

 

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Il était ensuite temps de partager autour d’un thé, vert ou noir selon, aux parfums colorés, les baisers-poèmes avant leur mise à l’eau, départ en mer pour d’autres destinations… Et quelques autres poèmes écrits ou emportés pour l’occasion.

 

Un joyeux moment poétique qui s’achevait par la ponctuation sonore des premiers éclats du feu d’artifice naissant non loin sur le Vieux Port …

 

Mon cœur à travers la croisée qui rejoint les étoiles

là où je te pense

là où             nue

je te découvre me                         manquant

 

et mon bras sans penser qui s'élève et ce geste une main qui approche la peau sans savoir et ce doigt qui effleure d'abord comme s'il n'osait pas ne se souvenait pas et puis qui et ce doigt qui se pose sur la bouche et qui touche et qui glisse une lèvre la deuxième et savoure et puis caresse encore et ranime de loin de très loin souvenir enchanté

 

le baiser

Isabelle Alentour, extrait de Je t’écris fenêtres ouvertes, (Editions LBL)

 

 

Nous vous donnons à présent rendez-vous le :

10 mars 2018 au MUCEM, Marseille, à 16h pour une discussion / lecture autour du travail de Dominique Sorrente (avec Olivier Bouras). Possibilité de prolonger la discussion au Café Regard de Provence…

 

 

Un jour si je me perds en toi,

Me rappelleras-tu ton nom ?

Un jour en toi si tu me trouves

Me révéleras-tu ton nom ?

François Cheng

 

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Emmanuelle Sarrouy & les poètes du Scriptorium

 

Le poème en son état critique: un intervalle de chandeleur ...

 

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Ce samedi 10 février se tenait Montée de l’Oratoire à Marseille le premier intervalle poétique de l'année…  Le poème en son état critique !

 

"Que pense le poème ?" (Alain Badiou)
… et que pensons-nous du poème ?

 

 

En guise d’introduction…

 

"Face au poème lu ou entendu, souvent donné comme parole de l’indicible, oscillant entre cris et chuchotements, expérience singulière du langage, que peut-on dire ou écrire qui ne fasse pas paraphrase, redondance ? À quelles conditions les critiques peuvent-elles apporter un éclairage pertinent ? Peut-on aujourd’hui faire place à des critiques « assassines » ou doit-on privilégier les coups de cœur ? Et l’auteur, se reconnaît-il dans le texte écrit à propos de ce qu’il a écrit ? Voici quelques questions qui seront mises à la table… » avait annoncé Dominique Sorrente.

 

L’état critique du poème donc… un grand débat !

Même au milieu des crêpes...

 

Comment se présente la critique, quelles sont les formes de critique du poème ? Et que peut apporter une critique de poème ? (positive ou négative ou encore neutre ?) … Pour le poète ? Pour le lecteur potentiel ?…

 

Historiquement, dans la période des années 60 et 70, l’obsession critique et la mise en question du « texte » » pouvaient conduire à effacer toute trace du poème dont il était question. Aujourd’hui, à l’inverse, le poème est tellement présent, cité, réclamé, qu’il n’y a plus beaucoup de place pour une réelle pensée, une analyse du poème, une mise à distance…

 

Il y a parfois des dossiers/études de vingt pages sur un poète, son univers, et parfois de brèves notes de lecture qui évoquent ce que laisse présager le texte.

 

Quelles sont les entrées pour appréhender un texte poétique ?

La biographie de l’auteur/e, le contexte historique, géographique…

Les courants de pensée, écoles ou collectifs de poètes auxquels il/elle appartient… Il semble y avoir aujourd’ hui un retour à l’intime et au quotidien…

 

Tels sont quelques-uns des sujets d’échange lancés et débattus au cours de l’intervalle.

 

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Thérèse Dufresne nous lit quelques passages de poèmes – à la manière du journal- d’Emilie Dickinson qu’elle présente actuellement dans les écoles, en soulignant l’écriture contemporaine de cette poétesse américaine du XIXe siècle –aurait-elle eu aujourd’hui un blog ?- et  la richesse sonore et musicale des versions bilingues. La traduction aussi est une affaire de poètes.

 

Dominique Sorrente nous présente une réflexion de Lionel Ray, s’appuyant sur le « secret » de Philippe Jaccottet, à propos du « langage du silence »… de la construction musicale d’un texte…

 

Et Gérard Boudes de rebondir en pointant une différence essentielle et complémentaire : le texte est constitué d’espaces blancs et de lettres noires, tandis que le ciel à l’inverse est un espace noir parsemé d’étoiles blanches… Comme un miroir inversé. En toute poésie.

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Patrick Godard nous présente à son tour Pour un lyrisme critique de Jean-Michel Maulpoix, notant à propos du poème que les critiques sont souvent soit trop techniques soit trop subjectives, et qu’il faudrait peut-être tout simplement plus décrire le poème…

Et de pointer quelques grands thèmes incontournables en poésie :

  1. « avancer / se retourner » (cf le mythe d’Orphée) : la mélancolie crépusculaire, la nostalgie, le futur et son royaume…
  2. « trouver / chercher » : le troubadour, la trouvaille, les objets trouvés… la quête l’Odyssée… la poésie permettant les points de rencontre !
  3. « couper / lier » : scander, marquer de fréquents arrêts ! La poésie comme « omnibus de la pensée » souligne encore Gérard Boudes.

 

Ce qui est en jeu dans la poésie serait donc la constitution d’une image (cette fameuse image manquante ?!), la poésie révélant des rapports justes mais non évidents entre les choses (Pierre Reverdy, Arthur Rimbaud…) serait une pensée d’agglutination que l’on peut comparer aux collages et au rêve.

 

Isabelle Alentour nous parle quant à elle de son expérience d’auteur comblée et de lectrice de critiques riches et argumentées, notamment sur le site en ligne Terre à ciel, qui lui donnent envie de lire par exemple… Kaspar de Pierre de Laure Gauthier dont elle partage avec bonheur quelques extraits.

 

Nicolas Rouzet, coutumier de la discipline, nous lit ensuite l’une de ses notes de lectures, à propos de L’été de Cécile A.Holban, tentant de restituer l’univers du poème, entre ressentis et citations, et de donner envie au lecteur d’aller voir d’un peu plus près…

 

Leonor Gnos de nous lire enfin quelques textes issus de Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq, suivis d’une critique à double tranchant de Fabrice del Dingo, journaliste et auteur, parue dans La Une Livres (Les Livres, Recensions, Poésie).

 

 

Certes il y a des études, analyses, recensions, critiques plus ou moins dithyrambiques, billets d’humeur, notes de lectures entre objectivité et subjectivité… Mais rien de tel que le poème, funambule de l’explicite et des silences chantants, virevoltant dans la permanence de son état critique. Parce que comme l’écrit Gérard Boudes, à la sortie d’un accident récent, le poème c’est l’expérience sans cesse renouvelée de la vie et de la mort, de la mort et de la vie… comme une respiration.

 

 

Poème en état critique

 

L’inspiration était faible

Il a fallu prendre un appareil

Pour la faire revenir.

Cela a marché faiblement, mais le texte

Est reparti.

L’ambulance a foncé

La sirène a hurlé.

 

Un poème blessé,

S’il vous plait, dégagez !

Il est dans un état critique.

 

Puis ils ont opéré

Et ils l’ont perfusé,

Goutte à goutte,

Vers à vers

Du liquide de consonnes

Et ils ont injecté

Quelques doses de voyelles.

Le voila allongé parmi les patients.

Il attend qu’elle revienne.

Qu’elle revienne qui ?

L’inspiration mon bon docteur,

Et surtout pas l’expiration.

Gérard Boudes 10 février 2018

 

 

 

Petit état des lieux des actions des œuvriers du Scriptorium :

 

- la Scriptothèque (architecture…) (Isabelle Alentour)

- Projet éditorial « 15 vues / 15 voix » (Olivier Bastide)

- Laurence Verrey vient de publier dans le dernier numéro de la très respectable Revue de Belles Lettres (Genève) une suite Entre île et aile qu’elle a bien voulu dédicacer « aux poètes amis du Scriptorium à Marseille, d’une île à l’autre ».

- Hommage rendu à Tania Sourseva au Théâtre Toursky

- Intervention prévue dans les restaurants d’entreprise EDF sur la thématique du Printemps des Poètes "L'ardeur".

 

 

A noter dans les agendas :

 

- 16 / 17 février 2018, Château de la Tour d’Aigues (84) : Le 3e Cabaret Poétique d’hiver de la Boucherie Littéraire

- mars 2018 : 20e Printemps des poètes sur le thème de l’ardeur poétique

-10 mars 2018, MUCEM Marseille – 16h : discussion / lecture autour du travail de Dominique Sorrente ( entretien avec Olivier Boura). Possibilité de prolonger la rencontre au Café Regards de Provence, et de finir la soirée avec le concert de Raphaele Lannadere

-17 mars 2018 -20h / 18 mars 2018 -17h, 3013 Marseille : Concerts Saison 2 des Ivres Vivants ( Dominique Sorrente, Audrey Gambassi, Lionel Mazari) qui interprètent leur nouveau répertoire

- 21 avril 2018, St Gens (84) : Caravane Poétique (Trace de Poètes/Pierres sèches en Vaucluse) sur le thème « dialogue entre l’eau et la terre »

- 26 mai 2018, Médiathèque de Robion : 11h lecture/performance de Dominique Sorrente & 15h déambulation poétique sur le thème « prendre le temps »

- 23 juin 2018, Parc Borély-Jardin Japonais : sieste poétique

 

Et en impromptu…quelques minuscules Baisers poétiques pour la Saint-Valentin.

  

 

Emmanuelle Sarrouy & les poètes du Scriptorium