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30 décembre 2019

A l'AN QUE VÈN...QUAND L'AN 20 VINT...

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POUR CETTE ANNÉE, POUR VOUS, j'ai cessé

de former et déformer des voeux, d'aligner des résolutions

à l'emporte-pièce,

de tirer des plans sur la comète fuyante.

 

J'ai juste choisi d'ouvrir la forme délicieusement galbée

d'une coupe où poser mes lèvres

et de laisser les bulles frémissantes

à leurs conversations de prophétesses.

Elles en savent plus que moi sur le futur de la planète.

 

Et si passe un météore sous mes yeux incrédules,

je n'en dirai pas plus

qu'un frémissement de papillon dans le soir.

 

Rien de plus à ajouter qu'un oeil amoureux

sur le pont-avant d'un navire, une partie de cartes

sans commentaires, un silence taciturne, rien décidément,

rien 

sinon l’étrange édifice de liège prêt à lâcher sa parabole

au-dessus d’une bouteille de champagne.

 

Notre bonheur commun se règlera toujours à l'amiable.

 

                                   Dominique Sorrente 

 

                                                     *

Une formule de voeux en langue provençale:

A l’an que vèn

que se siam pas mai que siguem pas mens  

À l’année prochaine, que si nous ne sommes pas plus, nous ne soyons pas moins!

18 novembre 2019

VEILLÉE DU SCRIPTORIUM CHIM-CHIMNEY : PLUS D'UNE FAÇON DE DIRE LE FEU

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"Les couleurs chavirent, les flammes affolées dansent, grandissent. Alors surgit l'oiseau, le Voleur de Feu, le faiseur de couleurs..."

Arthur Rimbaud

 

https://www.youtube.com/watch?v=RY4mksPdQyA

 

Notre rencontre au coin du feu aura lieu cette année le samedi 30 novembre à 19h30 chez Isabelle Alentour qui avec Jean-Marc nous fait l’amitié de nous accueillir autour de leur cheminée. Du côté de Plan de Cuques…

Nous nous retrouverons comme à l'accoutumée avec des poèmes à partager. Poèmes trouvés dans les livres, sur les murs, au détour d'une conversation ou poèmes écrits de votre main la plus innocente...

Le thème de l’Intervalle sera nos « FAÇONS DE DIRE LE FEU ». Faire la part du feu, jeter de l’huile sur le feu, faire long feu, jouer avec le feu etc...  Nous demanderons à la flamme pourquoi elle brûle et nous nous réchaufferons en mettant le feu des mots aux poudres.

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Pour l’occasion, chacun apportera un plat salé ou sucré à partager avec les participants de la soirée, et il en sera... chaudement... remercié.

 

La rencontre sera précédée d’un moment avec notre ami Marc Ross à la librairie Transit (45 boulevard de la Libération 13001).

Marc sort son nouveau livre « Parmi les égarés » (éditions Prolégomènes). La dédicace aura lieu à partir de 17h. Nous y serons...

 N’hésitez pas également à vous organiser pour des co-voiturages.

 

Si vous souhaitez participer à la Veillée, merci d'adresser un mail  avant le 24 novembre 2019 à : poesiescriptorium13@gmail.com

Les membres de l'association sont prioritaires, mais il y a toujours des places pour les nouveaux venus... 

On a tous un poème sur le feu …  Alors on s'en reparle très vite !

 

"Le feu, comme le singe, est un virtuose. Il s’accroche et gesticule dans les branches. Mais le spectacle en est rapide. Et l’acteur ne survit pas longtemps à son théâtre, qui s’écroule brusquement en cendres un instant seulement avant le dernier geste, le dernier cri."

Francis Ponge

                                             

PS : Pour les retardataires, il est encore temps d’adhérer à l’association pour la saison 2019-2020 (30 euros individuel et 50 euros couple) par chèque à l’ordre du Scriptorium ou en espèces à verser à notre trésorière Sophie Leenknegt. Le Scriptorium compte sur vous !  

 

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27 octobre 2019

CE QUI A ÉTÉ ...BRUMAIRE AVEC V.JANKÉLÉVITCH

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En cette fin octobre et entrée dans Brumaire, je vous propose ce très beau texte de Vladimir Jankélévitch (tiré de La mort*, 1966- réédité en 2017 chez Flammarion ). Entre citrouilles allumées, chrysanthèmes souvenirs, et présences vives, une matière à méditer sur ce sujet tabou...D.S. 

 

Du moment que quelqu’un est né, a vécu, il en restera toujours quelque chose, même si on ne peut pas dire quoi. Nous ne nous pouvons plus faire désormais comme si ce quelqu’un était inexistant en général ou n’avait jamais été.

Jusqu’aux siècles des siècles, il faudra tenir compte de ce mystérieux avoir été. Le déjà plus n’est plus rien en effet, mais on ne dirait pas il n’est plus s’il n’avait jamais été. Métaphysique est la différence entre « il n’est plus » et « il n’est pas ». Le plus rien est distinct à jamais du néant pur et simple. Il est sauvé de l’inexistence éternelle, sauvé pour l’éternité. Cet avoir été est comme le fantôme d’une petite fille inconnue suppliciée et anéantie à Auschwitz. Un monde où le bref passage de cet enfant sur la terre a eu lieu diffère désormais irréductiblement et pour toujours d’un monde où il n’aurait pas eu lieu. Ce qui a été ne peut pas ne pas avoir été.

 

                                         Extrait de La Mort

                                    de Vladimir Jankélévitch

 

                                                             

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*cité notamment par Marion Muller Colard dans l'Autre Dieu, Labor et Fides, 2014