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02 octobre 2022

CARAVANE POÉTIQUE HORS LES MURS : LE SCRIPTORUM S'EN VA CUEILLIR HAÏKUS ET FORMES BRÈVES SUR LA COLLINE DE THOUZON

 

J’aurais désiré que cette splendeur
durât mille années

Sei Shonagon

 

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Ce sera le 08 octobre 2022 en partenariat avec l'association Pierre Sèche en Vaucluse, généreusement animée par Danièle Larcena ; et dans le très riche et merveilleux cadre du Festival Trace de poète, dirigé par Nicole Mignucci qui se déroule du 16 septembre au 23 octobre à L’Isle sur la Sorgue ainsi qu’à Avignon, Carpentras, Coustellet, Flassan, Pernes les Fontaines, Le Thor, Venasque.

 

 

Notre thème de cette année, autour du Japon et du dialogue Japon/Occident  :

Haïkus et formes brèves… Tout un programme, il va sans dire !

 

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Le Scriptorium de Marseille 
En partenariat avec 
Pierre Sèche en Vaucluse 

Vous convie à sa Caravane Poétique Hors Les Murs dans le cadre du festival Trace de poète :

le samedi 8 octobre, colline de Thouzon, 84 Le Thor

RDV/Départ : Parking  chemin de la Tapy - 10h

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Ce matin, paysages fantomatiques
mangés par la brume.
Une multiplicité de scénarios possibles.

Sarah Kéryna

 

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Comme il est désormais traditionnel, nous suivrons un parcours concocté par Pierre sèche en Vaucluse. Outre le départ, où sera présentée la Caravane, cinq haltes nous donneront l’occasion d’écouter une évocation des richesses environnementales, par Pierre Sèche en Vaucluse, avant de partager nos lectures poétiques de textes personnels ou non.

La partie Quelques précisions donne toutes les informations utiles. 


Merci d’annoncer votre participation aux organisateurs 
 (*voir contacts en fin de document*) 


Déroulement 
Départ : présentation de la Caravane Poétique 


- son histoire
- le Scriptorium
- Pierre Sèche en Vaucluse 
- PSV : le trajet du jour


- LSM : la poésie au fil des haltes 


Halte 1 : géologie/Haïkus rocailleux


Halte 2 : agriculture-irrigation canaux/Aphorismes aquatico-agricoles

Halte 3 : ferme/Sonnets terre-à-terre


Halte 4 : végétation méditerranéenne/Petits poèmes en prose de garrigue

Halte 5 : abbaye de Thouzon/Limericks en sacrements ou blasphèmes 

Pique-nique tiré du sac, en pousse-café « Ce qu’on n’a pas pu lire... » 

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Quelques précisions... 
À priori sont attendus des poèmes correspondant aux formes et aux thèmes de chaque halte, mais nous seront des censeurs bienveillants... 


Le haïku : est un poème d'origine japonaise extrêmement bref, célébrant l'évanescence des choses et les sensations qu'elles suscitent. Un haïku évoque généralement une saison (le kigo) et comporte souvent une césure (le kireji). Il est composé en principe de 17 mores réparties en trois vers suivant un schéma 5/7/5.

L’aphorisme : C'est une sentence énoncée en peu de mots — et par extension une phrase — qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier.

Le sonnet : Il comporte quatorze vers composant deux quatrains et deux tercets — parfois réunis en un seul sizain final — et doit rimer. Le schéma des rimes varie suivant le type de sonnet, dont on trouvera la liste plus bas. La longueur du vers n'est pas fixe en français.

Le petit poème en prose : Pensons à Baudelaire, et soyons libres ! 

Le limerick : Le rythme du limerick se fonde sur les accents toniques, et est totalement indépendant du nombre de syllabes : 
• Les deux premiers vers ont trois accents, et riment entre eux ; 
• Les deux suivants ont deux accents, et riment entre eux (en typographie, les vers 3 et 4 sont parfois fondus en un seul, fait de deux hémistiches rimant) ; 
• Le dernier a trois accents, et rime avec les deux premiers. 
C'est généralement dans ce dernier vers que se trouve la « pique » irrévérencieuse ou paradoxale, à laquelle les premiers vers préparent le terrain. 

 

* Contacts : Le Scriptorium de Marseille * :

Olivier Bastide (0633886400/olivier- bastide@orange.fr) 

Emmanuelle Sarrouy (0611807068/esarrouy@club.fr) 

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Le papillon, drôle d'énergumène

proclame :

ce coin d'herbe mérite une fête.

Et déjà il a disparu.

Dominique Sorrente

***

 

 

 

 

 

 

 

 

 

09 septembre 2022

DOMINIQUE SORRENTE, ANNE SLACIK- ICI NE TIENT JAMAIS EN PLACE- pour devancer les questions indiscrètes...

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à l'occasion de la sortie du recueil de poésie "Ici ne tient jamais en place", édité par Voix d'encre, Dominique Sorrente évoque un aspect de la fabrique de ses poèmes accompagnés par les peintures d'Anne Slacik.

                        

                                                 *

Ici, soyons simples, le texte est le point de départ.

C'est cela qu'on voudrait dire, tout en sentant vite ce que cette formulation a de maladroite, de hasardeuse, de taillée à la serpe.

Car oui, l'ordre des entrées en scène va des poèmes aux peintures. Le protocole (oh, la polysémie de ce mot...) indique que les personnages sont entrés, l'un après l'autre dans la ronde, d'abord le poète, ensuite la peintre. Comme on le fait dans une descente d'escalier qui mène à la découverte.

 

Mais quoi ? Les poèmes forment une suite obtenue, plus qu'un énoncé au fil du temps. Souvent placés (peut-être parfois, j'ose l'espérer, gagnants...), dans le pas d'une marche précise qui eut lieu sur une flèche de sable sur le littoral vendéen. Après l'élan des premières nominations, ils ont connu l'agencement des balises, les exercices de déplacement, ajouts, défalques, petites manies à traquer des virgules, à questionner des blancs entre les strophes...en somme, l'ordinaire de la création poétique maison et ruines.

 

Les peintures d'Anne Slacik ont à leur tour exploré des échappées, lâché des coulures, risqué des prolongements. Elles ont proposé de troublantes fluidités qui n'appartenaient à aucun plan préétabli, mais seulement résultaient d'une mise à l'écoute par les yeux et la main.

 

Et tout cela fut en son temps posé comme un jeu de cartes de patiences, au pluriel. Un jeu où la règle avait à s'inventer pour former un livre, rythme, contre-rythme, et le glissement des pages, une à une.

 

"La peinture est le lieu de nous où toute chose se dénoue" a écrit Aragon. Impossible de vérifier. On peut s'en émouvoir à l'infini, s'en amuser aussi. Car en fait de dénouement, on n'a pas fini de voir revenir les vagues, se changer les instants. On est bien face à un geste saisissant, merveilleux qui nous excède. Cela nous est hors de portée. Cela ne vient à travers nous que pour un moment bref, toute peintre, tout poète que nous sommes.

 

Si "la Bohème est au bord de la mer"* comme l'a joliment écrit Ingeborg Bachmann, la flèche de sable visitée dans ce livre, localisée à la Pointe d'Arçay sur le littoral du marais poitevin, nous donne un autre enseignement: celui de deux "moitiés du monde" si l'on peut dire en apprentis géomètres, qui, inlassablement, se côtoient, se recouvrent, s'espacent...Une lisière où tout commence toujours.

 

Exercices de rapprochement et de mise à distance. Ici ne se laisse pas tenir. Ici appelle plus qu'il n'affirme. Ici pose sa stèle mais aussitôt se défait dans la mue de ses peaux.

On pourra s'y mettre à deux, peintre et poète, scruter à tâtons l'inconnue devant soi, elle restera la promise, la dérobée, cette variable qui surgit, joue et déjoue et nous enchante.

 

Alors dans notre "métier d'ignorance" (Claude Royet-Journoud), nous prendrons le parti d'en sourire. Ici est porteur d'insolite. Il faudra donc avec nos outils de passage redécouvrir l'art du "hic" ...en attendant de se laisser troubler par le "nunc" de maintenant. Mais ceci est une autre histoire d'un autre livre...

 

Oui, pour chacun, et c'est notre fortune du moment, Ici ne tient jamais en place.

 

                                                                      Dominique Sorrente

 

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quatrième de couv.

 

Le livre Ici ne tient jamais en place de Dominique Sorrente est accompagné de 15 peintures d'Anne Slacik. Il est édité par Voix d'encre         ( 96 pages).

Prix: 19 euros. Disponible sur le site de l'éditeur: https://www.voix-dencre.net/

 

* cité dans Anne Slacik, La Bohème est au bord de la mer, peintures et livres peints, Manoir des livres, Lucinge, 2020

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Anne Slacik et Dominique Sorrente - Pompignan   été 2022        

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Dominique Sorrente et Alain Blanc aux éditions Voix d'encre (Espenel, été 2022)

09 juillet 2022

Lettre à Yves Bonnefoy de Christian Gabrielle Guez-Ricord

       

       UNE LETTRE À YVES BONNEFOY

   

 

                        Lourmarin, 8 mai 1971

 

  Cher Yves,

 

à Lourmarin pour préparer mon examen de sortie et jusqu'à mardi.

Puis l'affrontement avec les juges du savoir mais ma vie ne passe pas par eux sinon occasionnellement. Ce diplôme me permettra je l'espère d'être professeur d'économie politique pour quelque temps., de quoi vivre donc poursuivre la vie qui est la mienne et qui est du reste à côté de la vie toujours. Maison Dieu est terminé. Vous l'aurez bientôt. 

 Cènes qui vous est dédié reste à construire, à faire entrer chaque poème dans une certaine détermination ou déterminisme, non formulée ailleurs: le pluriel perpétuel du sens, un essai en cours ou plutôt somme de fragments et puis d'autres. Quand sort L'arrière pays ? Vous savez combien j'attends chacun de vos livres. 

Inquiet de savoir le lieu où vous conduit la pensée que vous avez commencée///penser, c'est toujours commencer à penser///

Quant à moi il  y a une œuvre que je poursuis secrètement, dont la racine est dans la conversation que j'ai eue avec vous en juin 1968.

Cette décomposition du langage par la cabale chère à Villon ( la Coquille), par la méthode d'un Pound ou d'un Burroughs.

Je rêve d'un poème, d'une langue qui mangerait toutes les autres mais pour cela je choisis la prudence et le secret.

 

Je travaille à d'autres à d'autres textes, à d'autres idées de livres

...On n'invente pas une langue aux yeux de tous. Il s'agit en fait de l'inverse du lettrisme, une totalité du sens, des sens qui contiendrait en elle-même sa propre négation. Ce que je dis, je le dis dans tous les sens. Du reste, Rimbaud faisait-il un jeu de mots sur le mot sens ? ( organe ou signification). 

J'aimerais avoir votre avis là-dessus. Ce grand déréglement de tous les sens. Est-ce une poétique ou mode de vie et mode d'écritue sont un ? Ce que j'ai essayé en juin 68 chez vous avec mon amie Pascale, vous souvenez-vous. Le délire était porté par un langage de tous les sens. Dérèglement entre la vie et la parole. Le délire est revenu en 69 à Strasbourg à chaud. Maintenant le déréglement de tous les sens est à froid. Ce soir, par exemple, long regard sur le coucher de soleil au-dessus du Luberon. Une heure d'hallucinations merveilleuses. Je crevais les yeux au réel, littéralement. Tous les plus beaux visages qui soient défilaient devant moi dans l'azur inconnu. Ah, cette vie mentale, j'ai payé pour ce spectacle dont je mourrai peut-être et sans le regretter.  Les médicaments ne font qu'éviter que le mal empire, ils endorment les symptômes mais le mal demeure comme l'Oeil splendide. ...

Il faut avoir été fou pour connaître toute la gamme de "moi" différents que l'on porte avec soi aux détours de la vie. Parfois un autre entre subitement en moi et me voilà avoir d'un coup la même sensation qu'en juin à Zürich chez Racine ou en 69 dans l'hôpital de Strasbourg. Merveille de la mémoire/ réactivée//chez Proust. C'est bien ça.

Ainsi je me rencontre moi-même par hasard. Diversité fabuleuse et enivrante. S'y nourrir sans s'y perdre. S'y jeter comme dans un puits mais garder le nom du puits avec soi, la sauvegarde infinie de la parole.

 

Bien à vous, à notre prochaine rencontre, en attendant de vous lire.

 

           vôtre

                        Christian Guez



extrait de la revue Sorgue n°2, Le Bois d'Orion, décembre 2000.