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23 avril 2016

UN COVOITURAGE DE MOTS SUR L’ÉPERON D’OPPÈDE, ce 16 avril

 

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 Ainsi a commencé cette journée des Quinze ans du Scriptorium.

 

Une caravane comme on les aime. 

Nous étions près de trente sur le parking, au pied des jardins et du vieil oppidum. Sur la ligne de départ, Dominique Sorrente, maître des cérémonies en casaque orangée, Nicole Mignucci à la double casquette de guide de Pierre sèche en Vaucluse et de semeuse en chef de  Trace de Poète, Giacomina aux pieds de panthère, régionale de l'étape et Olivier Bastide, bouilleur de cru, et cadreur du printemps.

Apprenant au milieu des feuilles naissantes et des floraisons que la Caroline odorante a pour vrai nom la coronille, les poètes ont lâché leurs propos du siècle précédent, « le grand XXème siècle ». Cela a commencé avec les mots d’Andrée Chedid, l'une des pionnières du Printemps des Poètes, qui nous parle de poursuite de l'aventure par la voix de Brigitte ; puis vient Jules Supervielle, enfant de la Haute Mer, pour emboîter le pas. Nous prenons le large par les interventions de Gérard Boudes et d'Isabelle Alentour. Giacomina lit Emmanuel Loi dans Marseille Azur, le temps d’arriver au port, de fournir ses coups de griffes, au son d'une mob des cités.

 

Mais il nous faut reprendre le cours d'un fleuve décrit par Jeanne Benameur et dit par Isabelle. Toujours marqué par l'eau, Aragon, et son poème des deux mois de Kaanoun, emprunte les cordes vocales d'Henri Tramoy. Le groupe progresse et approche du village. Il est temps de parler de maison. Ce sera la maison de Michelle, avec ses tomettes écrite par Christopher Middleton, et exposée par Thérèse Dufresne. Nous voilà désormais à l´intérieur d'un monde de pierres. C'est l'occasion pour Jean François Jung de nous rappeler la passion minéralogique de Roger Caillois, les dessins et formes libres des agates qui circulent de mains en mains. Cela libère le distillat de notre bouilleur de cru, qui nous apprend le démon de l'analogie de ce même Roger Callois, au détour d'un infime bruissement de feuilles.

 

Arrivés au centre de l'aire de battage, en terrain découvert et en vue des terrasses principales, Sophie nous lit du Boris Vian, une histoire de Dormeur du Val racontée par lui même, juste au moment où après s'être désaltéré à une source, une abeille de cuivre chaud le foudroie. De l'abeille au crabe, il peut n'y avoir de distance que celle d'une longueur de patte, surtout s'il s'agit d'une terrible bête que l'on porte en soi. Françoise achemine ainsi la parole de Monique Flosy, peintre et auteur présente parmi nous, sur un texte intitulé « Jour et Nuit" : « Sable dans ma bouche, je suis coquillage, je deviendrai fossile". La fulgurance du geste de Fabienne Swiatly donne à dire par Antoine Gallardo qu'il y a nécessité de fictions et haut débit des émotions. C'est là qu'un homme à chapeau rouge, tel un cardinal laïc, mais avec un prénom de pape, puisqu'il s'appelle Benoist (Magnat), évoque trois pensées poétiques d'un Grand Timonier, un peu piraté : " Les lacets du soulier/ S'enroulent autour du pied/Êtes vous déjà partis?" Avant de tomber ainsi ficelés, un Ange Gabriel du Nord, Marie Ginet, nous invite à descendre l'Escaut avec Franck Venaille, là où le fleuve s'élargit avant de rejoindre la mer:" la concorde, qu'à moi même je m'octroie, je marchais pour me suivre..."

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Mais nous sommes ici en Vaucluse, et le Ventoux domine la vallée, tel " le baouf toujours enneigé ", comme l'a écrit Boris Vian. Et ainsi nous le dit Daniel qui reprend Henri Michaux dans un grand combat où : 

« Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;

Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle ;

Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;

Il le tocarde et le marmine,

Le manage rape à ri et ripe à ra.

Enfin il l’écorcobalisse. »

La cure est radicale. Olivier Bastide, notre bouilleur, nous indique que selon le même Henri Michaux, nous sommes prêts pour la disparition. Rien que ça…

 

Passé la place, nous entamons l'ascension vers le haut du village. Nous voilà parvenus à La Chapelle Sainte Cécile, assemblés devant sa porte. Roselyne Sibille donne la parole à Octavio Paz, puis à Roberto Juarroz, l’homme des humeurs verticales: "On frappe à la porte, mais les coups résonnent au revers. On ne distingue plus l'endroit de l'envers"

 

Et ainsi, nous voilà tout mélangés et pourquoi pas écocorbalisés? Leonor Gnos alors, reprend de droite à gauche, pour nous lire les vers du poète syrien, Chaouqui Bagdhadi:" Il est des portes verrouillées, des hommes en sourires creux,...histoires d'amours...survivant aux armes". Cela nous a conduit au sommet et à la Collégiale Notre Dame Dalidon avec le parfait octogone de son clocher de pierres taillées, quasi contemporain de la prise de Grenade en 1492, thème du livre Le fou d'Elsa. L'homme au chapeau rouge, que certains surnomment Croco, intervient alors en énigmes : "Les vieux et les vieilles parlent sans dents, Le diable est à l'écoute Tandis que Dieu enregistre l'émission Une Éternité… » Nous voilà donc arrivés?

 

Nicole Mignucci nous convie à un nouveau voyage en nous donnant quelques vers en anglais de Jane Hirschfield, qui nous rappelle que « d'écarlate, il n'est point de chapeau ici, mais seulement un oiseau qui chante ». Au moment de conclure cette étape du matin, Olivier ira de son aveu: "Dans l’hypothèse du couchant La terre écartée des embruns... Homme de peu de vie, Prenez la chair, le sang et la conquête." Dominique donne le dernier mot, d'une Chine authentique, rêvée de l’intérieur par Victor Segalen, dans ses Stèles. Conseil de circonstance, conseil aux bons voyageurs : "Repose toi du son dans le silence, Et du silence, reviens au son." Et double le duo avec Marie Ginet d’une biographie en débâcle, lue à deux voix, réclamant en bout de course, parole haletante, « sur le bord de comptoir, un peu de salive égarée »…

 

Arrivés à cette fin de matinée, que l'on me pardonne ce que j'ai pu oublier, tout comme les écorchures des noms et citations. Le moment, ce jour là, était rare, il n'allait pourtant pas disparaître. Il y eut aussi une après-midi, faite de quinze vues/quinze voix et d’un livre « accordez-on » joué à plusieurs. Une autre histoire dans l’Oppède-le-vieux rayonnant de ce jour.

 

                                                     GÉRARD BOUDES

 

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Sous la halle, la lecture d'après-midi

 

 

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André Ughetto, Olivier Bastide, Dominique Sorrente,

le livre "Accordez on" se raconte...                            

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                                                            Les quinze ans déplacent les meubles

 

Merci à Yvon Javel pour ces deux compositions imagées aux quinze fenêtres anniversaires

 

24 mars 2016

QUINZE VUES, QUINZE VOIX à OPPÈDE LE VIEUX, le samedi 16 avril

Le Printemps sans fin des Poètes avec le Scriptorium dans le Luberon.

 

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Dans le cadre du festival « Trace de poète », l’espace culturel « Jardins rêvés » accueillera sur le promontoire d’Oppède le Vieux (Vaucluse) une exposition de photographies originale : 15 œuvres d’un même photographe, Olivier Bastide, mises en résonance avec 15 créations de textes écrits par des poètes appartenant au collectif du Scriptorium ou associés pour la circonstance. On trouvera ici les signatures de Isabelle Alentour, Gérard Boudes, Isabelle Gueydon, André Ughetto, Thérèse Dufresne, Henri Tramoy, Leonor Gnos, Angèle Paoli, Audrey-Laure Drissens, Giacomina, Roland Hadjcoconis, Marie Ginet et Dominique Sorrente.

Les regards d’Olivier Bastide, et sa parole en exergue, croiseront ainsi les mots des scripteurs qui seront tout naturellement venus s’associer à eux. Sera ainsi proposée une double approche poétique pour élargir l’émotion et prolonger la lecture.

Olivier Bastide, poète et ici, avant tout, photographe. Sa palette, c'est le monde ; ses pinceaux, la lumière. Les photographies s'offriront à nous dans leur mystère et leur beauté, comme autant de rêveries poétiques. La nature, la vigne, la mer, les reflets, la lumière et la nuit... Autant de sources d'inspiration pour des textes-sentiers que le public pourra découvrir et méditer dans leur diversité.

 

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L’exposition, ouverte du 25 mars au 17 avril les vendredis, samedis et dimanches, donnera lieu à une lecture publique « en situation » sous la halle d'Oppède-le-Vieux et dans le hall de l’atelier du peintre, Laurent-Xavier Cabrol. Elle entraînera le visiteur dans une balade à travers pays d'enfance, garrigue, forces élémentaires, sur les chemins buissonniers de l'âme. La lecture à plusieurs voix permettra également de découvrir le livre-objet « Accordez on » créé par les scripteurs pour les 15 ans du collectif. En préambule, un moment sera réservé pour une « présence de Ashraf Fayad », dans la continuation de l’action menée par le Scriptorium au théâtre Toursky pour la défense de ce poète condamné et emprisonné en Arabie saoudite.

La rencontre Quinze vues/Quinze voix autour de l’exposition aura lieu le samedi 16 avril 2016 à 15h. Elle s’inscrit dans une journée animée par le Scriptorium qui commencera dès 10h par une Caravane poétique conduite par Marie Ginet, Dominique Sorrente et Olivier Bastide sur thème « A chacun son poète » dans le village médiéval d'Oppède-Le-Vieux, en partenariat avec l’association Pierre sèche en Vaucluse. La caravane sera suivie d’une tablée des poètes ( vivres tirés du sac) et prolongée par la lecture des Quinze vues, quinze voix.

Une journée de pleine poésie à vivre !

Inscription à la Caravane poétique auprès du Scriptorium : poesiescriptorium13@gmail.com ou 0610656566

                                         

                                               S.L.

 

Rappel: L’adhésion annuelle au Scriptorium est de 40 euros par personne et 60 euros pour les couples.

 

23 mars 2016

LES IVRES VIVANTS ÉTAIENT EN CONCERT-SPECTACLE  LES 18 et 19 MARS à LA CASINA à MARSEILLE

 

 

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 À la Casina, à Marseille, dans un concert-spectacle entièrement inédit, Dominique Sorrente, poète et auteur de micro-fictions a proposé un autre versant, moins connu, de son travail: celui de la chanson. Et il était en bonne compagnie pour cette aventure avec Audrey Gambassi qui a ce qu’on appelle une voix ravissante, délicieuse et Lionel Mazari, poète et comédien expérimenté au timbre grave.  

 C'est ainsi que le public a pu découvrir, après celui de la médiathèque de Salon de Provence, un concert-spectacle de chansons-poèmes en voix chantée et voix parlée. Ces créations toutes originales ont été écrites et composées par D.Sorrente pour la plupart et également par Lionel Mazari. Elles portent un esprit troubadour, agrémenté de divagations vocales et d'arpèges qui chatouillent volontiers les oreilles.

00 DSC_0715 D Sorrente guitare barré.jpgD.Sorrente

Guitares, guimbarde, harmonica, mots parlés, mots chantés, chacun ici tient son registre. Et le trio fonctionne à merveille. Lionel Mazari affirme une présence scénique grave ou facétieuse, où la gestuelle s'invite volontiers créant un personnage à plusieurs facettes. Audrey Gambassi assure la deuxième voix, avec un subtil sens du contrechant et un bel engagement. Dominique Sorrente tient le cap, entre voix et instruments, égrenant, un à un, ses textes chantés qui sont comme de petits récits de vie, portés par un jeu de guitare sensible et varié.

 

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Et le public suit le chemin d'une ambiance à une autre. De la Chanson du Dandy à la valse des Ivres vivants (qui donne son nom au groupe), des accents tragiques des Villes Millénaires aux aventures de fables coquines de Compère le Marsouin, on parcourt les émotions, à la faveur des échanges constants entre les chanteurs-interprètes.

 Un peu plus d’une heure pour emmener les neurones en balade et partager le jardin des mélodies …

00 DSC_0720 Lionel lunaire.jpgLionel Mazari

Une vraie fête avec les ingrédients que ce groupe sait mettre en jeu, avec exigence, beaucoup de plaisir et de complicité. C’est le genre de concert-spectacle qui ne court pas les planches. 

Pour ces deux soirées, la Casina a joué "à guichets fermés", il est vrai dans une jauge intime (un peu plus de 30 personnes à chaque fois) et tout à fait adaptée. Le maître des lieux, Martin Kimmel, avait su préparer le terrain par son accueil chaleureux.

 On attend maintenant de nouvelles occasions de retrouver cet univers intimiste, aux confidences qui ne demandent qu'à être partagées. Et où la saveur des mots et l'humour des formules ne perdent jamais leur droit.

Un événement exaltant avec un trio de troubadours contemporains: Les Ivres-vivants.

 Avis aux salles de spectacle et aux particuliers, amateurs de concerts à domicile qui voudraient partager des moments "différents"! Les Ivres vivants sont prêts à débarquer.

 

 Faudra le dire à personne/un peu quand même à tout le monde…Si tout chez moi vous déplaît/touchez-moi…Et l’on attend l’instant, la caresse d’or et le corps à corps des ivres vivants…

 

                                                                                      Sarah Lalique

 

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contact : Le Scriptorium   poesiescriptorium13@gmail.com

ou 0610656566