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05 octobre 2020

UN AN DÉJÀ… AKIMATSURI 2019 !

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Après une année un peu folle…

Bref retour sur la célébration de l'automne… AKIMASTURI 2019, dans les jardins japonais du Parc Borély !

Parution de quelques uns de nos haïkus, dans le numéro Hors Série # 18 de la Revue Francophone de Haïku "Gong" :

Gong Hors Série N°18

Merci à Jean Antonini pour sa gentillesse et le relais !

pour en savoir plus sur la Revue Gong :

Revue Francophone de Haïku - Gong

 

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Suite aux contraintes engendrées par la crise sanitaire… AKIMATSURI 2020 n'aura malheuremsement pas lieu en ce début d'automne… On espère cette fête reportée à une date ultérieure… :

"En raison de la crise sanitaire due à la Covid-19 et des restrictions du gouvernement sur les évènements réunissant du public, la Ville de Marseille et le Consulat du Japon ont décidé de reporter l’Akimatsuri 9ème édition, la fête de l’automne prévue début octobre 2020, à une date ultérieure l’année prochaine." Consulat général du Japon à Marseille

 

À très vite, quoiqu'il en soit, contre vents et marées, pour de nouvelles aventures !

 

et parfois la pluie
en tourbillons d’automne
nous accompagne

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© marionette de Claudine Ross

 

 

 

04 juillet 2020

QUAND PARLENT LES SIESTEURS (LE SCRIPTORIUM à LA MAGALONE)

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Samedi 27 juin. C'était à la Magalone, un peu à l'écart du boulevard Michelet, à Marseille, dans le jardin d'une bastide vouée à la musique mais ce jour-là, donnant sa place aux poèmes. Le bruit des moteurs en fond de paysage, la concurrence à peine loyale des cigales, quelques étals d'anniversaires d'enfants... Il y avait comme un parfum de retrouvailles après la méchante pandémie qui nous avait reclus dans nos habitacles isolés. C'était un temps pour ré-apprendre. Des saluts à distance, en habitude forcée, mais aussi le privilège des mots à glisser sous les barrières ou au-dessus pour nous dire qu'on est vivants, qu'on peut ensemble s'allonger, que l'année se finira en douceur...

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Et le plaisir intact, et plus intense encore d'avoir été interdit, de former un cercle aléatoire, sur plaid, entre poètes et lecteurs pour dessiner des échanges de mots. Si nécessaires, si fragiles.

Marche et rêve, disait la proposition à partager.

Chacun y alla de sa voix, de sa mémoire.

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À chaque texte dit, on s'accorda la reconnaissance des chamallows...ô récompenses enfantines.

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On écouta, par la voix de Wahiba, Le Clézio parlant de Michaux, dans Vers des Icebergs. Charlotte fit entendre le solo anatomique de Plus grand que moi de Nathalie Fillion (Les Solitaires Intempestifs). Isabelle proposa quelques pages de L'arbre et le temps de Roger Giroux (Eric Pesty édition). Isaliette lut de Roseline Sibylle Une Prairie de poèmes suivi de Les langages infinis (tout juste sorti chez l'Ail des ours). On entendit des poèmes de Lacs sous la langue de Marie Ginet (édition Voix d'encre). Des inédits d'Emmanuelle Sarrouy. Dominique raconta un histoire de méduse et de grand âge.

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Le chemin de Han Shan, poème chinois du 9ème siècle, fut parcouru en contrepoint.

Marc Ross fit découvrir De la fuite dans les idées, un extrait de son dernier livre L'ombre mélancolique d'une fleur maladive (édition Le Serpolet).  Walk on the wild side de Lou Reed, fut l'occasion pour Marc-Paul de faire venir de sa mémoire inépuisable quelques Paroles de la nuit sauvage.

 

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Et la chanson fut appelée à la fête par Marie-Jeanne et par Yolande. Celle de Romain Didier, d'Allain Lepestre Où vont les chevaux quand ils dorment ?. Celle d'Idir, mort le 2 mai 2020, et toujours présent pour que résonnent dans sa voix kabyle Ici et Ailleurs, A vava inouva...

 

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L'hallilintar de Dominique pouvait y aller de sa ponctuation improvisée pour acheminer les vibrations de syllabes. Comme celles de François Cheng dites par Robert.

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premier enregistrement de la série de portraits

Vignettes Vidéo Poétiques

 

" Laissez-vous aller, allongez-vous, ne résistez pas à l'appel de la sieste, à ce plongeon voluptueux dans le sommeil diurne ! Dormez, rêvez, rompez les amarres avec la rive du quotidien chronométré ! Décidez de votre temps, siestez ! " telle était la promesse tirée d'un essai de Thierry Paquot. Promesse tenue.

 

Et chacun se laissa aller avec ses mots à la dérive, à la rencontre. Jusqu'au temps de la dispersion.

 

Trois heures plus tard, il n'y avait plus aucune trace du passage des siesteurs. Seulement ces mots offerts par Supervielle. 

"Disparais un instant.

Fais place au paysage"

 

Le Scriptorium pouvait lever le camp. En pointillé, l'agenda à venir, passé le temps des châteaux de sable.

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13 mai 2020

LE HUIT DE SCRIPT: notre atelier de confinement

 

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         Le Huit de Script

    ou la carte inopinée

 

 

Le Huit de Script est une carte à jouer qui était encore inconnue de tous, avant que nous ne la trouvions quelque part au détour d'un chemin, à la faveur d'une expérience commune.

 

Nous (un octette de poètes) nous sommes mis à jouer la création de huit poèmes à distance (au temps du confinement du printemps 2020), à modelages successifs, selon les instructions données par le meneur de jeu.

 

      Après quelques coupes et remises, la partie s'est donnée. Les poèmes sont là. Objets nés de passages au tamis de l'hybridation. Chaque poème est donc à plusieurs voix. On pourra les lire, les parler. L'étrangeté est qu'on ne pourra pas dire le nom d'un auteur particulier lié à tel ou tel poème. Tout au plus, certains trouveront des fragments de leur travail ou de celui d'un autre, comme de petites pièces-pépites de reconnaissance, des bouts infimes d'identité. Histoire de se rassurer ou de s'amuser, en se voyant ainsi happé par le poème en mouvement.

 

L'atelier pose plusieurs questions (idéologie de la pratique, fondements de la création, réflexes langagiers, imitation des formes ou des émotions...).

Le Scriptorium est aussi fait pour cela.

Au-delà de l'écoute des créations et découvertes des uns et des autres, tenter des gestes collectifs. Sans jamais perdre le plaisir natif qu'on éprouve avec les mots, celui de jouer une partie toujours un peu inconnue de soi...

 

Ensemble, avec la carte du Huit de Script !

 

                                                 

Ont participé à cet atelier:

Isabelle Alentour, Olivier Bastide, Wahiba Bayoudia, Elena Berti, Gérard Boudes, Marie Ginet, Emmanuelle Sarrouy-Noguès, Dominique Sorrente

 

                                                                              ***

 

 

Un Atelier d’écriture collective

 

Le poète est le plus souvent un créateur solitaire. Il aspire à une reconnaissance individuelle. Les poètes du Scriptorium ne font pas exception. Ils ont toutefois la particularité d’être du Scriptorium, de se dire Scripteurs, lorsque le moment découle d’un geste du collectif.

L’atelier Huit de Script est exemplaire de la gageure de faire groupe pour des poètes. Si la plupart des membres de l’octette signataire des huit poèmes issus de l’atelier publie habituellement nominativement, tous ont accepté, non le jeu de l’anonymat, mais celui de la signature collective. Ils ont accepté d’être bousculés dans leur écriture, leurs idées, leurs lexiques ; leurs poèmes ont été démantibulés ; ils ont emprunté ce qu’ils aimaient ou aimaient moins dans les textes qu’ils recevaient afin de proposer au poète suivant un poème qu’ils savaient être fugace. Ils ne connaissaient pas à l’avance les consignes de l’atelier, seulement sa destination.

Moi-même, pourtant concepteur de l’atelier, l’ai subi comme mes partenaires. Je ne sais plus ce que j’ai écrit personnellement, quelles bribes de textes seraient issues de ma tête. Je reconnais, et certains de l’octette me l’ont dit, l’hybridation de l’écriture.

Ces huit poèmes sont les nôtres ; ils ont fleuri dans Avril confiné en pied-de-nez à l’isolement.

                                                                 Le meneur de jeu

 

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Poème 1

 

À la Tombée de la nuit

 

Du balcon, la mer est à portée de mains ;

J'en écoute les cris

à la tombée de la nuit.

 

Le ciel remue encore

des îles de lumière.

 

Loin des tourments du monde,

je rêve un saut dans l’inconnu.

 

 

 

Poème 2

Dans le petit matin mes rêves

 

Je cherche dans le petit matin mes rêves ; je suis dans l’entre-deux, ni l'encore vivant ni l’oisillon qui se cogne aux vitres.


Il y a ceux que l’envol fait déjouer, ils vivent l’espace-temps premier ; ils errent aux alentours des feux, sujets aux mirages et aux fulgurances.


Et cette voix qui ne veut pas crier quand elle me dit : « Je sonderai l’écho pour connaître l’obstacle et, si tu sais m’entendre, nous nous évaderons au-delà des journées. ». 

 

Sur la table de marbre, ce sera l'heure où l'on sirote un café.

 

 

Poème 3

 

Au joli mois de mai...

 

Au joli mois de mai,
les chansons sont parfois idiotes,
mais on les aime ainsi.
Elles aident à tourner les pages,
à avouer sans dose de ridicule excessif
que des cœurs pleurent.
La voix serait une caresse.
Un petit ruisseau suffirait ici
à vaincre la solitude.
On dirait : « Que les fleurs s'ouvrent ! »,
et le printemps viendrait
comme un avènement,
avec les sueurs animales sur le corps.

Les chansons descendent de la vieille tour
pour nous parler.
Et mine de rien, leurs mélodies
sont un défi au temps qui se retient
sous la voûte lactée.

Le mois de mai déjà sur toutes lèvres.

 

 

Poème 4

 

À ma vitre il a frappé

 

Flâner dans l'immensité.

Rêve de sirène,

fait de mer et solitude ;

un miroir dans une bulle de savon.

 

Un oisillon

posé sur des arbres,

à ma vitre il a frappé.

 

 

Poème 5

 

Au diapason des lunes

 

au diapason des lunes
elle s’était subrepticement évaporée

dansons !

lui avait-elle soufflé
sur d’extravagantes ritournelles
aux rythmes parfumés

dansons !

nos baisers pour unique paysage
sur la roue de nos souvenirs
en route vers d’étranges destinations  

comment décrire alors cette échappée
importance d’un geste sans provenance
envolée vers l’azur qui efface les tourments ?

 

 

Poème 6

 

Ivresse

 

Ce que tu contemples à l’extérieur,

azur, grand printemps, étranges paysages,

tu l’absorbes,

baiser d’avril, envol d’hirondelles,

bien un peu rieuses

 

Tant d’oiseaux habitent sous ta peau,

boivent à la source de tes gestes

 et du vent d’après,

éclairent l’Inconnu.

 

Vers l’immense bleu,

 l’alouette et la mésange,

le rossignol ou le faucon

concerto à plusieurs voix

tu parcours les airs…

 

 

Poème 7

 

Dans l'espace-temps domestique

 

Le chant de quel oiseau ? Le cri de quel animal ?
Sorti d’un rêve étrange au milieu de la nuit,
À défaut de plonger dans la mer, dans l’écume, à l’horizon des vagues,
S’éclipser sous la douche, s’envelopper d’un manteau d’eau chaude,
Et soudain retrouver la mémoire ruisselante, réjouie à l’odeur du savon.

Hésitation lente à marcher dans cette énigmatique pénombre
Tel un astéroïde errant sans boussole dans l’espace-temps domestique,
Bousculé au hasard, semble-t-il, celui là même encore une fois
Impossible à convoquer, tant il est capricieux
Au sortir de ses draps, on dirait qu’elle se réveille.

 

 

Poème 8

 

Le parfum d’une nuit d’été

 

C'est une question de regard

ou peut-être d'écoute

ou même de sensation

se placer à l'affût de la vie

dans la contemplation

de l'immensité de l'univers et des petites choses courantes 

non pas se laisser envahir

par les tournitures 

les miroirs et leurs craquelures

non pas évoquer l'idéale éternité

S'attacher aux espoirs éphémères

mais s'émerveiller de ce que l'aurore est venue de

scruter

tâtonner

Sillonner dans la peau 

comme l'argile ou le tournesol 

qui lentement s'ouvrent à l'immensité 

ne pas chercher à vaincre la solitude

mais la chérir comme une intime

part de douceur et de doute

elle est la lumière qui s'attarde

là où nous frémissons

Le parfum d'une nuit d'été après la pluie 

 

 

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                      On reconnaîtra ci-dessus "à vol d'oiseau" les huit participants au Script de pique d'avril 2020.  Merci à Jo pour ces superbes portraits.