Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

11 décembre 2013

UN TOUR DE PISTE AVEC LES FOLIES DU MONDE

LA RENCONTRE « INTERVALLE » sur les Folies du Monde s’est tenue ce samedi 7 décembre après-midi.

 Failles de l’esprit, débordement, folie douce,  mots ruptures : l’écriture a bien des choses à dire aux déchirements qui traversent notre temps comme notre vie personnelle.

À chacun de tracer à l’encre sa diagonale du fou plus ou moins zigzagante…

 Autour de la table du jour, nous étions une dizaine de fervent-e-s pour explorer un peu de ces voix déchirées, de ces paroles qui tournoient, de ces regards aux prises avec le chaos. 

 

HieronymusBosch La pierre de folie.jpg


Lire la suite

LES FOLIES DU MONDE du côté des scripteurs

 

Ci-après, quelques contributions recueillies sur le thème du jour. 

Intervalle prolifique de ce 7 décembre où il fut aussi question des naufragés de Lampedusa, du corps de Toutânkamon, de la boîte de Pandore, de Fernando Pessoa sortant la nuit sous ses lunettes noires, d'Andrée Cheddid loin des berges stridentes, sans oublier l'Annonce faite à Marie donnée par la Compagnie de l'Égrégore.

 

                                                               * 

 

SNB11283 - copie.JPG



à Ossip Mandelstam

 

                                         Je marche


Je marche

Pieds à pieds

Les pieds nus

 

Vers ce ciel

 

Sur une échelle

 

Aux multiples barreaux ornés de poignards

 

Une lourde pelisse à mes épaules

Rejetant loin

Ce siècle fauve

L’odeur fauve

 

Le cadavre de la raison

 

 

NICOLAS ROUZET

 

 

*

 

SNB11284 - copie.JPG


 

S'asseoir, debout, marcher

 

S'asseoir, debout, marcher.

Cela fait un certain temps déjà que bruissent autour de moi mondes et contredanses. Je le sais quand mon front s'alourdit, quand s'affirme avant toute autre chose le sentiment de chute. Je me repère alors aux yeux de cette femme, qui valse seule et qui, tour après tour, semble dicter ma conduite de son regard direct.

 Elle n'existe pas ! Elle n'existe pas ! Je dois frotter fort mon front de mes mains ; je dois circonscrire ce petit mal avant de trébucher les pieds gourds de peur.

 Cela passe par l'exploration minutieuse des recoins, le soin apporté au remue-ménage. Quelle est cette question qui se pose sans cesse, revient, s'oublie, revient, s'oublie mais laisse son souffle déposé un peu partout ?

 

De part et d'autre du clos

Qu'est-ce que mon regard ? Dois-je lui confier mon abord des choses ? Dois-je le penser comme un élément nécessaire du mystère ?

 

Je vais mon chemin. Je lis. Je parle. J'écris. Je mange de bons petits plats. J'aime. Je n'aime pas. J'entre. Je sors. Je suis ému.

 

Qu'est-ce qui est vrai ? Je questionne chaque lueur. Je questionne jusqu'au battement de mon cœur. Puis j'oublie.

 

Le point focal décide du constat. Rien n'existe si je ne le sais, si je ne le prends par l'œil, si je n'incise la scène et l'arrière-rideau, soumis à l'impression et à son excision, dans l'écartèlement du cerveau.

 

 Achevé sous un cèdre

Toujours au pied du mont. L'écume jaune preuve d'échec. Nulle eau ressurgie du gouffre. Serai-je proie  au gré des fauves ?

 

Sur la crête, l'abrupt noir d'arbres mis en frontière, l'azur propice au rapt.

 

A l'instant, je suis aigle. Le vaste espace et ses vertiges sont envolées  sauvages.

 

Belle illusion. Nécessaire illusion. Aigle ou simplement homme serein, savoir le croire par instants. S'échapper du trop vrai, du trop cru, de l'addition strictement sue.

 

Je viens de terrasser tout un jardin. Le vent, doux, joue avec les herbes encore vivantes. Un fond d'eau dans la bouteille évoque toute source.                                                         Pourquoi ces roses-là sont-elles  si rouges ?

 

                                                                       OLIVIER BASTIDE

 

 

*


 

IMG_1299.jpg

 

 

 

 

La vocation du fou

 

Ô vous, tireurs de biais, honorez-le. À lui seul, l’honneur des astigmates !

 

Au pays du bizarre,  la reine volontiers le dépêche.

De naissance et pour la fin du jeu,  il tracera ses lignes, corridor  tout en blanc, corridor tout en noir, comme le sort l’aura jeté.

 

Destin voué. On ne métisse pas la folie, on la traverse de bord en bord.

 

Un fou n’en cachera jamais un autre.

 

 

                                                            DOMINIQUE SORRENTE

 

                        ( extrait de Le Jeu d’échecs et du mat, Pays sous les continents, MLD, 2010)

Toit de Dunkerque 1.JPG 

 

 

 

 

 

 

 

27 novembre 2013

PONCTUATION EN OCTOBRE

 

       Ponctuation forcenée de l'ordre des choses

 

Si l'ordre des choses existe nous le devons à notre extrême volonté de ponctuer d'un tempo ferme l'inextinguible avancée du courant contre lequel rien d'autre que le ralentissement d'une virgule le point serré qui forge l'arrêt avant la crise de nerf ou encore la suspension par triple points ne saurait faire loi déclarative donc point et plaçons à la ligne cette autre chose bienvenue et bien heureuse

exclamation

  

                                                            OLIVIER BASTIDE

                                                          


à consulter le blog Dépositions d'Olivier Bastide

                                

 

Frioul graffiti DS - collection particulière.JPG

                                                                                                                                   collection particulière D.S. 

 

L’intervalle « Ponctuations » s’est tenu le 26 octobre à Marseille autour de l’acacia résistant de la montée de l’Oratoire. Passé le temps fertile et prometteur de L’Assemblée générale, les scripteurs ont ponctué le moment, entre virgules, exclamations, suspensions, et variations de rythme pour quelques phrases. Hommage à l’invité - surprise de la fête, apporté par Henri Tramoy : le point d’ironie (point d’interrogation à l’envers) tombé en désuétude, mais non disparu.

 Le débat passionné entre coupes et flûtes de champagne, anniversaire oblige, a prolongé l’appel à témoins de vivre,  en rythme, bien sûr. D’un point à l’autre…Olivier Bastide nous a confié pour l’occasion ce poème d’humeur exclamative. Petit concentré de ces signes séparateurs qui nous ont, ici, réunis pour la meilleure cause qui soit.  Un intervalle de plaisir rythmé, en attendant l'entrée en scène de celui sur "Les folies du monde", le 7 décembre.

                                                                                        D.S.