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11 mai 2013

Carnet de voyage au pays des formes brèves


 

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"À quoi bon la peine de ne jamais arriver,

nous avons des ailes à nous

et une aiguille dans les mains".


 Leonor Gnos



             Au pays des formes brèves, il y a ceux qui se présentent brièvement (poètes, peintres, humoriste, passeur de mots, animateur d’atelier d’écriture…).

Au pays des formes brèves, il y a des archipels qui amènent des silences, qui créent d’autres archipels, comme des instantanés reliés dans les excroissances de la mer poétique.

 

Au pays des formes brèves, il y a Marthe qui aime bien rire, qui nous ressort des articles anciens du Scriptorium où les Scripteurs « filent aux Auffes » (ou philosophent).

           Au pays des formes brèves, il y a le célèbre adage « Nul n’est censé ignorer la loi » qui devient « Nul n’est censé ignorer la joie (poétique) ».

Au pays des formes brèves, il y a Léonor qui nous chatouille les mains avec une aiguille. Mais est-ce une aiguille à coudre, à tricoter ou celle du boussole pour nous donner un repère ?

 

Au pays des formes brèves, il y a souvent des écarts entre ce qui est lu et ce que l’on entend et des joutes s’engagent entre poètes pour savoir quel est le sens qui correspond.

 

Au pays des formes brèves, il y a des images qui tracent le temps : « une cervelle ridée ; un rail sur le front ; des jolis traits sur les jambes ».

 

Au pays des formes brèves, les calembours coulent à flots comme les mots   « Ferry-Boat » de Jean-Marc qui nous concocte une bonne traversée de l’humour : des « vaisseaux sanguins (ou sans gains) qui sont les restos du cœur » à « la drogue qui ne doit pas être l’héroïne du film » ou « la plume en colère qui est de mauvais poil »…

 

Au pays des formes brèves, il y a « la femme qui tourne en rond, qui tourne en rond dans ses habitudes, car tourner en rond est un plaisir pour les enfants ».

 

Au pays des formes brèves, il y a Patrick qui nous ramène aux générations passées, au temps de la machine à écrire et du papier carbone et fait surgir un débat endiablé en rajoutant « du temps où Dieu n’était pas encore une femme »…

 

Au pays des formes brèves, il y a ceux qui savent repérer au quart de tour si une poésie est bonne ou pas : lire la première et la dernière ligne d’un poème.

 

Au pays des formes brèves, il y a Jean-François qui fait jaillir des flammes d’émotions dans une écriture à fleur de peau qui ne se laisse pas facilement déshabiller : « les cuisses serrées de la lumière » ; « la cathédrale inversée de l’ombre ».

 

Au pays des formes brèves, il y a des textes où on sent la phrase d’un texte qui revient comme un rythme et un leitmotiv pour le vivifier, mais qui n’est rien sans les autres mots pour la porter (« je t’aime » tout seul, n’est pas de la poésie).

 

Au pays des formes brèves, il y a Lysey qui trace la gravité de l’instant dans sa sensibilité exacerbée, « comme on gravit une marche d’escalier en pensant qu’un pas de plus vient se poser ».

 

Au pays des formes brèves, il y a Gérard sur son bateau ivre qui va sur les flots, son foc s'étant tendu, le soleil revenu lui a rendu son rafiot.  

 

Au pays des formes brèves, il y a Jeanne qui fait résonner la voix de la sagesse, entre deux brèves incartades où le sens semble se noyer.

 

Et puis, il y a encore le poète nomade qui, pour faire bouger les lignes, préfère "s’en remettre aux pêcheurs de rivière", car au pays des formes brèves, les poissons-poètes font de brèves apparitions et il faut savoir les saisir au vol de notre inspiration éphémère.

 

                                                         Elisabeth H. (Lysey)



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QUELQUES HALTES EN PASSANT...

 


 

Arbre sans importance, qui surprend à l’angle d’un muret.

 

Retour vers mes jeunes pas.

 

 

 

Je t'embrasserai à pleine écorce. J’aurai accepté l’irréel.

 

 

 

 Sur les collines de Judée sourd l’âme complexe des hommes. La jonction des soleils sera le paradis des innocents.

 

 

                                                            Olivier Bastide

 

  

                                    (extrait du recueil collectif Palestines, Sillages 2012)

 


 

 

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 J’écris comme on décide par fragments. Le temps d’une lettre cachée qui me retourne vers ma naissance.

 

  Ce monde est une pluie soudaine par où tout réapprend à respirer. 

 

 Je plaide pour des utilités sans gloire et sans armure, celle des bulles de  savon, par exemple. 


Celui qui ne s’étonne plus et fonce, tête baissée, qu’advient-il de son idée saillante sous le casse-noix ?

 

  

                                                            Dominique Sorrente

 


                              (de Pays sous les continents, MLD, 2009)

 

   

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À suivre... ( voir Anthologie des Poètes de la Coïncidence)

    Poèmes de  Leonor Gnos, Jean-François Picq, Patrick Druinot,

Jean-Marc Bonnel,Gérard Boudes, Dominique Sorrente, Lysey Barrère

 

 

24 avril 2013

Au pays des formes brèves


 Intervalle  du 27 avril 2013 à Marseille

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Se laisser balbutier

par un mot juste ouvert.

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Cette fois, c'est décidé, nous ferons bref.

Et évidemment, ça prendra un peu de temps…celui d’un intervalle avec les mots.

Nous tournerons résolument le dos aux sommes poétiques, odes interminables, et autres morceaux de bravoure épiques (tous aussi admirables les uns que les autres) pour nous rapatrier vers un pays à inventer ensemble : celui du presque rien, de la parole rare, des instantanés…Pierres de ricochets, mots en plume d’ange, phrases logées dans une coque de noix, à chacun ses élans minuscules, ses travaux d’approche « minimaliste ».                                                                                                    


La littérature, et particulièrement la poésie, fourmille d’exemples de ces textes courts qui nous laissent délicieusement en suspens. Micro-fictions, aphorismes, maximes, distiques, épigrammes, vers unique… Selon notre humeur du moment rieuse ou grave, pensive ou facétieuse, à nous d’inventer nos instants de comptoir poétique, de dessiner ensemble le pays des formes brèves qui nous ressemblera, le temps d’un intervalle.

 

 

 Et l’unique cordeau des trompettes marines  - Apollinaire

 

Qui n’aura trouvé le ciel ici-bas

Le manquera là-haut -

les anges louent la maison d’à côté

partout où nous allons –

                           Emilie Dickinson (traduction Charlotte Melançon)

 

         Je voudrais être une petite souris pour voir la tête des choses quand il n’y a personne - Henri-Frédéric Blanc

 

         L'éternité, c’est long. Surtout vers la fin. Woody Allen

 

Pour participer à la rencontre-intervalle, merci de nous écrire à: poesiescriptorium13@gmail.com

 

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08 mars 2013

SANS ARMES NI BAGAGES, EN FÉVRIER d’ADIEU ET DE MIMOSA

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ll y aurait les scripteurs de l’intervalle et ceux de la diaspora. Les premiers sont les présents qui bravent la rude pente à gravir vers la statue en or de la Vierge, et font escale. Les seconds vous rappellent que le poème nous tient lieu à lui seul. Les uns et les autres forment un ensemble à moitié visible, à moitié transparent convoqué par la rencontre des écritures. Un « intervalle », au sens où nous l’entendons, est cet espace de fortune où se mêlent les écrits des familiers du moment et ceux  des amis hors les murs pour composer un curieux geste poétique à plusieurs voix, autour de la table du jour.

 

C’est aussi dire que nous sommes tous porteurs à notre manière de ce « chant déraisonnable » que nous a laissé Martial Teboul, disparu l’été 2012 et auquel nous avons rendu hommage en ce jour de février finissant. 

La rencontre Sans armes ni bagages pouvait alors vivre ses  vies parallèles entre les poèmes des présents et ceux des amis hors les murs qui nous avaient fait signe. 

Sans armes ni bagages, comme on dit nu peut-être, allégé, à la façon de cet « oiseau avare » de Michel Leiris.  À la recherche de la part manquante et native appelée par Lysey. Ou bien dans la facétie d’un sketch créé par Jean-Marc Bonnel entre un gendarme et un touriste. 

L’intervalle avait été préfacé d’un atelier d’écriture à Aix-en-Provence, en collaboration avec l’association Histoire d’écrire 

Sans armes ni bagages ou bien déjà sans âge ni vacarme.

Privilège d’un instant de février avec le mimosa qui réclame déjà  à sortir de l’hiver. 

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Avare

 

M’alléger
Me dépouiller
Réduire mon bagage à l’essentiel
Abandonnant ma longue traîne de plumes
De plumages
De plumetis et de plumets

Devenir oiseau avare
Ivre du seul vol de ses ailes

 

Michel Leiris


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Le Coin lecture

  

Oubliant
Ce qui n'a pas existé,
Visages sans reflets, os
D’aucune communauté,
Écrire vient

 
Obscurément
D'une perte qui transforme
Le regret en désir.

*

Qu'est-ce qui est écrit, donné
Pour être aimé,
Sachant l'écrit sans avenir ?
Écrire donne
Et reprend donc
Du même coup ?
Ah réponds même en cendres
Froides. 

Marcel Migozzi

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À suivre... ( voir Anthologie des Poètes de la Coïncidence)

Poèmes de Angèle Paoli, Laurence Verrey,
Leonor Gnos
Gérard BoudesDominique Sorrente