UA-156555446-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Le Scriptorium - Page 147

  • Le Scriptorium invité de la Maison de la Poésie de Grasse

     

               Une poésie des Intervalles

     

     

     

    915526166.jpg

              Pas une lecture ordinaire, pas non plus une performance. Ce 31 octobre 2008, les poètes du Scriptorium ont proposé à la Maison de la Poésie de Grasse un temps bien particulier qu’il leur arrive désormais d’appeler « poésie chorale ». Oh certes pas un oratorio ou une cantate, menés à la baguette, il y eut des moments d’incertitude, des jeux aléatoires dans la distribution des rôles, mais à la réflexion, on se demande si cela ne vaut pas mieux ainsi.

              Ils étaient cinq, deux voix d’hommes et trois voix de femmes, à présenter une suite de propositions. Chacun portant son style, on a pu ainsi identifier les accents, parfois véhéments, toujours pleins de présence, de Béatrice Machet, l’intime toucher de phrase de Valérie Brantôme, la bonne terre meuble des mots entreprise par Olivier Bastide, le plaisir de diction de Sophie Monnier, le discours du regard et du corps de Dominique Sorrente. Et on a pu aussi vivre ces temps d’alternance et de voix partagées qui font tout le prix d’une telle rencontre. 

     

              Une première exposition née de poèmes dits par les uns et les autres en résonance, puis des acronymes sur le mot « Scriptorium », un insolite journal composé à plusieurs voix, des instants de voix seules, enfin le poème fondateur du groupe, dit dans un croisement de sons pour finir dans une parole faisant jouer les harmoniques.

     

              Il fallait braver les pluies qui se sont abattues ce soir-là sur les collines grassoises ! A ce titre, on saluera l'auditoire fidèle, hélas un peu  clairsemé en ce week-end de Toussaint,  venu porter cette lecture originale à plusieurs voix.  L'occasion  aussi de rendre compte du chemin en cours dans cette expérience vocale des scripteurs. Quelque chose bouge dans cet ensemble, loin des ronrons routiniers. Quelque chose veut être risqué pour aller à la rencontre du public. Et ce désir, dans sa singularité même, mérite d’être accompagné. La Maison de la Poésie de Grasse et sa directrice éclairée, Catherine Berney, le savent, qui ont  compris qu’une belle aventure poétique se jouait là, dans ce Scriptorium en constante évolution. C’est pourquoi d’une année à l’autre, elle a décidé d’ouvrir ses portes au Scriptorium « hors les murs ». Une belle initiative…

     

     

     Anne Lofoten

     

  • Dominique Sorrente, poète de la coïncidence

    dominique sorrente

     
                                                           « Signe, signe à toujours, mon bariolé langage...»
     
     
     

     

         Né à Nevers en 1953, Dominique Sorrente vit à Marseille. Il revendique une double influence celtique et méditerranéenne, alternant textes pour la voix haute et traces d’écriture. Une vingtaine d’ouvrages jalonnent son parcours, notamment chez Cheyne éditeur, récompensés par plusieurs Prix (Guy Levis Mano, Artaud, Bérimont) ainsi qu’une anthologie  personnelle « Pays sous les continents, un itinéraire poétique 1978-2008 » chez MLD, prix Georges Perros. En 2012 est paru  « C’est bien ici la terre », préfacé par le professeur d’écologie Jean-Marie Pelt.

     

       Professeur en culture et sciences humaines, Dominique Sorrente s’est également assigné la tâche de « passeur de poésie » entre cultures, disciplines de l’esprit ou publics de différentes origines. Il est le fondateur du Scriptorium (www.scriptorium-marseille.fr) qui propose des formes de poésie partagée (caravane, transcontinentale, jumelages, poésie chorus…) pour favoriser la présence de la poésie au cœur de la vie citoyenne. En 1999, une exposition rétrospective lui a été consacrée à la Fondation Saint-John Perse, à Aix-en-Provence.  

      Après avoir participé à la vie de la revue Sud (1970-1997), il est aujourd’hui membre du Conseil de rédaction de la revue des Archers à Marseille.

     Actualité de l'automne 2013: 

    lancement le 28 septembre, à Dunkerque de la lecture - spectacle « Nord Sud où vont les fleuves » avec la poète slameuse Marie Ginet (production le Scriptorium et La Générale d’Imaginaire )

    communication le 10 octobre à l'Alliance française/ Université de Glasgow (Ecosse) sur le thème: " De la ville-monde au terrain vague, les destins poétiques de Marseille en poésie"

    résidence d'écriture en Provence, avec le soutien du Conseil général des Bouches du Rhône

     


     


     

     

     

     

  • « L'aventure a déjà commencé »

     

    PAROLE PREMIERE

     

     Notre époque, tout occupée à son miroir se regarde faire ; on dirait même qu'elle se regarde se regarder. Il y a un curieux vide dans son propos, une inconsistance au creux de ses gesticulations et de ses bruitages. Pourtant certains réclament une ferveur retrouvée par-delà les masques, un mot de passe à partager en amis, une parole en juste longueur d'onde.

     Alors ils choisissent de faire halte. Ni meilleurs, ni prires que d'autres, sans doute, mais fervents d'une étoile qui ne leur appartient pas vraiment. C'est dans ce lieu à ciel ouvert, nourris et traversés, qu'ils se nomment poètes, chose rare en ce temps. Ils disent la poésie bien vivante, émue par le chant de sa nécessité, promise de toutes les promesses à l'accomplissement.

    Ils se sont mis à la table commune du Scriptorium. Là, chacun grandit à sa propre parole en éprouvant le langage de l'autre. Les mots sont jetés sur la table, à la façon des cartes qu'on redistribue, chaque fois. Le temps donné d'un intervalle est le rythme retrouvé du sémaphore qui disparaît, revient, disparaît, revient...

    Ici et là en même temps, ils apprennent l'art de recevoir les jours à inventer. Dans le travail de l'aube, il y a du bonheur. Quand la donne du jeu et la quête du sens se croisent puis se fécondent, l'aventure peut commencer.

    L'aventure a déjà commencé. Demain, sur les routes du vaste monde, ils partent à la rencontre, le coeur devenu différent, l'esprit relié. Cette voix de la poésie que bâillonnait l'empêchement de l'ordinaire du jour se fait entendre à nouveau. Hasard incandescent.

    Et chacun à son pas rejoint les parvis.

    Le rire aux lèvres, nous sommes avec vous de ces quelques-uns qui oeuvrent pour qu'habiter la terre signifie.

    sillages.jpg

     

     

    Nuit du 31 décembre 1999

    au 1er janvier 2000

     

    Dominique Sorrente