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23 février 2018

Les minuscules baisers-poèmes des scripteurs – Impromptu poétique

Mercredi 14 février 20178

En marge de l’ouverture officielle de MP2018 « Quel Amour » et un peu avant le Grand Baiser du même jour…

 

...se réunissaient à Marseille et au pied levé tous ceux qui voulaient s’envoyer des baisers minuscules et par milliers – chaleureusement accueillis à la Galerie des P.O.C., cours Joseph Thierry à Marseille, en haut de la Canebière.

 

Quelques pensées de baisers minuscules

distribuées pour l'occasion par Dominique Sorrente

 

Je plains ceux qui n'ont réussi qu'à embrasser une carrière.

 

***

Un baiser, c'est simple comme bonjour

quand bonjour est enfin redevenu simple.

 

***

 

Un baiser, ça veut dire qu'il fait moins froid dehors

et que l'oiseau a reconnu sa branche.

 

***

 

Poser mes lèvres contre les tiennes, et attendre ensemble

que se propage l'incendie. Activer éventuellement les fumigènes.

 

Dominique Sorrente

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Les voilà réunis dans la galerie des POC, au cœur d’une exposition fort à propos puisque l’espace s’est métamorphosé pour l’occasion en « boudoir ». Toute une histoire !… Pour un impromptu poétique qu’ils ont décidé d’appeler : « les minuscules baisers-poèmes des scripteurs » !

 

 

Des baisers sans tarder

Des baisers sans dictée

Des baisers rebelles

Des baisers tourterelles

Des baisers chantants

Par-delà les nuées

Emmanuelle Sarrouy, 1 baiser + 1 + 1 + 1 + …

 

 

 Lectures, dessins, pliages et autres festivités à l’envie participative. À l’envolée, ils avaient apporté feuilles, feutres, ciseaux… À l’envolée ils se sont mis à plier plier plier quelques bateaux, plus ou moins de guingois, quelques bateaux de fortune, petits et grands, prêts à recevoir des centaines de baisers-poèmes et autres déclarations d’amour toujours !

Et des cœurs et des fleurs…

 

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Les bisous rouges sont les couleurs de l’amour.

Les bisous bleus sont les couleurs de la tristesse.

Les bisous violets sont les couleurs de la peur.

Les bisous multicolores sont les couleurs de la timidité.

Les bisous transparents sont les bisous coquins.

Les bisous dorés sont les couleurs de la lumière.

Les bisous oranges sont les couleurs de la musique.

Les bisous verts sont les couleurs de la gentillesse.

Les bisous noirs sont les couleurs de la rigolade.

Les bisous gris sont les couleurs des ouistitis.

Et les bisous de la Saint Valentin sont les bisous qui comptent le plus.

Love you et bonne Saint Valentin !

 

création de Medjina Noguès

 

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Il était ensuite temps de partager autour d’un thé, vert ou noir selon, aux parfums colorés, les baisers-poèmes avant leur mise à l’eau, départ en mer pour d’autres destinations… Et quelques autres poèmes écrits ou emportés pour l’occasion.

 

Un joyeux moment poétique qui s’achevait par la ponctuation sonore des premiers éclats du feu d’artifice naissant non loin sur le Vieux Port …

 

Mon cœur à travers la croisée qui rejoint les étoiles

là où je te pense

là où             nue

je te découvre me                         manquant

 

et mon bras sans penser qui s'élève et ce geste une main qui approche la peau sans savoir et ce doigt qui effleure d'abord comme s'il n'osait pas ne se souvenait pas et puis qui et ce doigt qui se pose sur la bouche et qui touche et qui glisse une lèvre la deuxième et savoure et puis caresse encore et ranime de loin de très loin souvenir enchanté

 

le baiser

Isabelle Alentour, extrait de Je t’écris fenêtres ouvertes, (Editions LBL)

 

 

Nous vous donnons à présent rendez-vous le :

10 mars 2018 au MUCEM, Marseille, à 16h pour une discussion / lecture autour du travail de Dominique Sorrente (avec Olivier Bouras). Possibilité de prolonger la discussion au Café Regard de Provence…

 

 

Un jour si je me perds en toi,

Me rappelleras-tu ton nom ?

Un jour en toi si tu me trouves

Me révéleras-tu ton nom ?

François Cheng

 

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Emmanuelle Sarrouy & les poètes du Scriptorium

 

Le poème en son état critique: un intervalle de chandeleur ...

 

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Ce samedi 10 février se tenait Montée de l’Oratoire à Marseille le premier intervalle poétique de l'année…  Le poème en son état critique !

 

"Que pense le poème ?" (Alain Badiou)
… et que pensons-nous du poème ?

 

 

En guise d’introduction…

 

"Face au poème lu ou entendu, souvent donné comme parole de l’indicible, oscillant entre cris et chuchotements, expérience singulière du langage, que peut-on dire ou écrire qui ne fasse pas paraphrase, redondance ? À quelles conditions les critiques peuvent-elles apporter un éclairage pertinent ? Peut-on aujourd’hui faire place à des critiques « assassines » ou doit-on privilégier les coups de cœur ? Et l’auteur, se reconnaît-il dans le texte écrit à propos de ce qu’il a écrit ? Voici quelques questions qui seront mises à la table… » avait annoncé Dominique Sorrente.

 

L’état critique du poème donc… un grand débat !

Même au milieu des crêpes...

 

Comment se présente la critique, quelles sont les formes de critique du poème ? Et que peut apporter une critique de poème ? (positive ou négative ou encore neutre ?) … Pour le poète ? Pour le lecteur potentiel ?…

 

Historiquement, dans la période des années 60 et 70, l’obsession critique et la mise en question du « texte » » pouvaient conduire à effacer toute trace du poème dont il était question. Aujourd’hui, à l’inverse, le poème est tellement présent, cité, réclamé, qu’il n’y a plus beaucoup de place pour une réelle pensée, une analyse du poème, une mise à distance…

 

Il y a parfois des dossiers/études de vingt pages sur un poète, son univers, et parfois de brèves notes de lecture qui évoquent ce que laisse présager le texte.

 

Quelles sont les entrées pour appréhender un texte poétique ?

La biographie de l’auteur/e, le contexte historique, géographique…

Les courants de pensée, écoles ou collectifs de poètes auxquels il/elle appartient… Il semble y avoir aujourd’ hui un retour à l’intime et au quotidien…

 

Tels sont quelques-uns des sujets d’échange lancés et débattus au cours de l’intervalle.

 

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Thérèse Dufresne nous lit quelques passages de poèmes – à la manière du journal- d’Emilie Dickinson qu’elle présente actuellement dans les écoles, en soulignant l’écriture contemporaine de cette poétesse américaine du XIXe siècle –aurait-elle eu aujourd’hui un blog ?- et  la richesse sonore et musicale des versions bilingues. La traduction aussi est une affaire de poètes.

 

Dominique Sorrente nous présente une réflexion de Lionel Ray, s’appuyant sur le « secret » de Philippe Jaccottet, à propos du « langage du silence »… de la construction musicale d’un texte…

 

Et Gérard Boudes de rebondir en pointant une différence essentielle et complémentaire : le texte est constitué d’espaces blancs et de lettres noires, tandis que le ciel à l’inverse est un espace noir parsemé d’étoiles blanches… Comme un miroir inversé. En toute poésie.

                                              Résultat de recherche d'images pour "maulpoix critique de la poésie"

Patrick Godard nous présente à son tour Pour un lyrisme critique de Jean-Michel Maulpoix, notant à propos du poème que les critiques sont souvent soit trop techniques soit trop subjectives, et qu’il faudrait peut-être tout simplement plus décrire le poème…

Et de pointer quelques grands thèmes incontournables en poésie :

  1. « avancer / se retourner » (cf le mythe d’Orphée) : la mélancolie crépusculaire, la nostalgie, le futur et son royaume…
  2. « trouver / chercher » : le troubadour, la trouvaille, les objets trouvés… la quête l’Odyssée… la poésie permettant les points de rencontre !
  3. « couper / lier » : scander, marquer de fréquents arrêts ! La poésie comme « omnibus de la pensée » souligne encore Gérard Boudes.

 

Ce qui est en jeu dans la poésie serait donc la constitution d’une image (cette fameuse image manquante ?!), la poésie révélant des rapports justes mais non évidents entre les choses (Pierre Reverdy, Arthur Rimbaud…) serait une pensée d’agglutination que l’on peut comparer aux collages et au rêve.

 

Isabelle Alentour nous parle quant à elle de son expérience d’auteur comblée et de lectrice de critiques riches et argumentées, notamment sur le site en ligne Terre à ciel, qui lui donnent envie de lire par exemple… Kaspar de Pierre de Laure Gauthier dont elle partage avec bonheur quelques extraits.

 

Nicolas Rouzet, coutumier de la discipline, nous lit ensuite l’une de ses notes de lectures, à propos de L’été de Cécile A.Holban, tentant de restituer l’univers du poème, entre ressentis et citations, et de donner envie au lecteur d’aller voir d’un peu plus près…

 

Leonor Gnos de nous lire enfin quelques textes issus de Configuration du dernier rivage de Michel Houellebecq, suivis d’une critique à double tranchant de Fabrice del Dingo, journaliste et auteur, parue dans La Une Livres (Les Livres, Recensions, Poésie).

 

 

Certes il y a des études, analyses, recensions, critiques plus ou moins dithyrambiques, billets d’humeur, notes de lectures entre objectivité et subjectivité… Mais rien de tel que le poème, funambule de l’explicite et des silences chantants, virevoltant dans la permanence de son état critique. Parce que comme l’écrit Gérard Boudes, à la sortie d’un accident récent, le poème c’est l’expérience sans cesse renouvelée de la vie et de la mort, de la mort et de la vie… comme une respiration.

 

 

Poème en état critique

 

L’inspiration était faible

Il a fallu prendre un appareil

Pour la faire revenir.

Cela a marché faiblement, mais le texte

Est reparti.

L’ambulance a foncé

La sirène a hurlé.

 

Un poème blessé,

S’il vous plait, dégagez !

Il est dans un état critique.

 

Puis ils ont opéré

Et ils l’ont perfusé,

Goutte à goutte,

Vers à vers

Du liquide de consonnes

Et ils ont injecté

Quelques doses de voyelles.

Le voila allongé parmi les patients.

Il attend qu’elle revienne.

Qu’elle revienne qui ?

L’inspiration mon bon docteur,

Et surtout pas l’expiration.

Gérard Boudes 10 février 2018

 

 

 

Petit état des lieux des actions des œuvriers du Scriptorium :

 

- la Scriptothèque (architecture…) (Isabelle Alentour)

- Projet éditorial « 15 vues / 15 voix » (Olivier Bastide)

- Laurence Verrey vient de publier dans le dernier numéro de la très respectable Revue de Belles Lettres (Genève) une suite Entre île et aile qu’elle a bien voulu dédicacer « aux poètes amis du Scriptorium à Marseille, d’une île à l’autre ».

- Hommage rendu à Tania Sourseva au Théâtre Toursky

- Intervention prévue dans les restaurants d’entreprise EDF sur la thématique du Printemps des Poètes "L'ardeur".

 

 

A noter dans les agendas :

 

- 16 / 17 février 2018, Château de la Tour d’Aigues (84) : Le 3e Cabaret Poétique d’hiver de la Boucherie Littéraire

- mars 2018 : 20e Printemps des poètes sur le thème de l’ardeur poétique

-10 mars 2018, MUCEM Marseille – 16h : discussion / lecture autour du travail de Dominique Sorrente ( entretien avec Olivier Boura). Possibilité de prolonger la rencontre au Café Regards de Provence, et de finir la soirée avec le concert de Raphaele Lannadere

-17 mars 2018 -20h / 18 mars 2018 -17h, 3013 Marseille : Concerts Saison 2 des Ivres Vivants ( Dominique Sorrente, Audrey Gambassi, Lionel Mazari) qui interprètent leur nouveau répertoire

- 21 avril 2018, St Gens (84) : Caravane Poétique (Trace de Poètes/Pierres sèches en Vaucluse) sur le thème « dialogue entre l’eau et la terre »

- 26 mai 2018, Médiathèque de Robion : 11h lecture/performance de Dominique Sorrente & 15h déambulation poétique sur le thème « prendre le temps »

- 23 juin 2018, Parc Borély-Jardin Japonais : sieste poétique

 

Et en impromptu…quelques minuscules Baisers poétiques pour la Saint-Valentin.

  

 

Emmanuelle Sarrouy & les poètes du Scriptorium

20 février 2018

DOMINIQUE SORRENTE

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février  2018

 

BIO DÉGRADABLE

 

Naissance : Milieu de nulle part, au milieu du dernier siècle

Décès : mention à compléter à convenance mais sans précipitation intempestive

Enfance figue et marron, olympienne et sablonneuse, vent d’ouest et mistral gagnant, bon élève en général mais renvoyé un jour de l’École pour cause de poésie ; ne s’en est jamais vraiment remis.

Adolescence : tout à signaler

Âge adulte : à partir de 1978 ( parution de Citadelles et Mers-édition Sud), commence la poursuite à épisodes des poèmes de la maturité qui ne cesseront depuis d’être déplacés au lendemain.

Une étagère de carnets gribouillés, des publications en veux-tu en voilà, une vingtaine de livres, et le flot en continu d’un journal de bord: la quête est loin d’être épuisée tandis que le public semble l’être parfois.

 Trois formes d’expression se dessinent et se répondent au cours des années : la poésie en sentinelle des instants, la micro-fiction pour la part d’insolite, la chanson et ses cordes sensibles.

 Depuis près de vingt ans, Dominique Sorrente anime un objet poétique non identifié, le groupe du Scriptorium, qui tient une bonne place dans l’univers des introuvables.

 La cause du poète étant désespérée, elle finira bien par cesser d’être grave…

 

Pour en savoir plus, on peut se référer à la page wikipedia à son nom.

 

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ACTUALITÉ 2018

 

En 2018, plusieurs avancées à noter:

 

Les gens comme ça va  publié chez chez Cheyne éditeur en 2017 part à la rencontre de ses lecteurs : lectures aux Déchargeurs à Paris (le 3 mars)…

au Mucem à Marseille (le 10 mars)…

 

Le livre-cd B comme Bran (édition Le Scriptorium/ Thebookedition ) réalisé en sonodrame avec Colette Papilleau et Daniel Vincent commence à circuler de façon insolite dans des lieux comme l'Atelier de Massage Bien-être Le corps s’éveille à Saint-Etienne.

On peut aussi l'écouter sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=vKs5z5NPG6w

 

Les bacs se préparent à accueillir pour l'été le CD "Les jours mimosas" (chansons écrites, composées et interprétées par Dominique Sorrente  - collaboration studio Uptown). Sur scène, le groupe des Ivres vivants (avec Audrey Gambassi et Lionel Mazari) lance sa nouvelle tournée les 17 et 18 mars à Marseille, au « 3013 ».

 

Le spectacle Nord Sud où vont les fleuves créé avec Marie Ginet revient se faire entendre à Lille (Faculté de Lille 1) le  mercredi 7 mars à 19h.

 

Les Poèmes jeunesse et les Textes voix haute circulent dans les Écoles au gré des humeurs et des rencontres.

 

 

                                                                     

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         QUELQUES TEXTES

 

La poésie est un sport de glisse

                      

À l’instar du saut en largeur, qu’elle a pu parfois saluer comme une discipline sœur, car inconnue au bataillon, la poésie n’a pas toujours été reconnue comme un sport à part entière.

 

Peut-être à cause de la pratique du jeu de jambes dans la création au lit, souvent invisible pour les spectateurs ordinaires, ou encore pour la raison que son terrain de jeu n’a jamais pu être contenu dans un espace maîtrisé comme un échiquier ou un stade de football ou même un rink de curling.

 

Il s’avère que la poésie, tout au long de son histoire, a su emprunter à de nombreuses activités sportives plus ou moins reconnues ou même avouables. Du jeu d’échecs, elle a appris la façon de déjouer la diagonale du fou ou donner à la reine la meilleure part infatigable. Au curling qu’elle a souvent fréquenté, elle a engrangé l’art mystérieux de la glissade puis du balayage sur la glace qui accompagne la pierre pour l’échauffer, mais avec l’interdiction absolue de la toucher. Juste un geste d’effleurement sans contact! Avec la sioule la poésie s’est trouvé des ressemblances inattendues :gestes intempestifs, acharnements verbaux, ferveur réclamant désordre, pour arriver au résultat, somme toute modeste, de mettre la balle dans l’en-but adverse, quitte à se déchirer les ischio - jambiers ou la chemise. Tant de brouillons pour décrocher l’inutile…

 

Mais c’est sans doute dans l’univers des sports de glisse que la poésie s’est le plus montrée à son aise, capable de performances que les commentateurs ne parviennent toujours pas à nommer.

 

Le fait de tirer parti d’un sol instable pour changer son mode de locomotion, le plaisir d’opérer des dérapages vaguement maîtrisés, l’art des zigzags et des sauts dans l’inconnu, la science des queues de poisson et des slaloms entre les mots, sans compter l’invention renouvelée de cabrioles dans le langage, tout cela fait de la poésie une catégorie à part dans les sports de glisse.

 

Si néanmoins, aujourd’hui encore, la poésie ne participe pas aux compétitions de sport de glisse répertoriées, c’est pour plusieurs raisons : la première est que les poètes restent réfractaires aux contrôles anti-dopage impromptus, la poésie réclamant sa part irréductible de préparatifs secrets ; une autre raison est que leur pratique est l’une des rares avec le saut d’obstacle ou le dressage en équitation à accueillir dans un même élan l’ensemble des sexes (masculin, féminin, neutre, hermaphrodite, ange, ne sait pas), les poètes refusent ainsi, on comprend leur prudence, de se laisser enfermer dans des catégories suspectes ou surannées.

Mais l’essentiel est, comme souvent, ailleurs. La vérité est que les poètes ne sont pas gens mesquins à se contenter d’une seule discipline et que, de plus, ce mot leur fait froid dans le dos et sous les pieds. Oui, la poésie est bien un sport de glisse, toutes les odes au col du fémur pourront en témoigner, mais elle peut aussi, au gré des humeurs, devenir sport de raquette (il faut garder en tête les smashs de haïkus au filet, les revers liftés dans le sonnet shakespearien) ; elle sait également trouver son épanouissement dans les pratiques d’endurance (on n’oubliera pas ici la récitation ininterrompue du Kalevala lors des hivers finnois jouant les prolongations). Personne enfin ne passera sous silence l’art consommé de la poésie quand elle se fait sport de cible. Honneur à l’usage de flèches assassines ou magistrales qu’un seul vers, bien exécuté, peut asséner.

 

   Alors, me direz-vous, la poésie non encore reconnue dans les sports répertoriés, n’est ce pas un mal pour un bien ?

La sagesse populaire a déjà répondu : c’est reculer pour mieux sauter.

 

 

                           Publié dans le revue BACCHANALES, n°57, octobre 2017

 

 

                                             ***

 

 

                        Et ping et pong

 

                           (performance en un seul set)

 

 

Mots lancés, mots rebonds,

et ping

et pong,

 

pour que le mécanisme marche, il faut une balle

consentante,

une raquette

stimulante,

puis une main et un poignet à peu près souples

pour inventer

un geste maîtrisé

et s’y tenir

pour que ça marche

 

un mouvement

régulier, autant que faire

se peut,

un rythme

continu, qui s’installe peu à peu

comme une cadence obsessionnelle

et au bout de

tout ce temps,

 

on se dit

qu’on a peut-être

trouvé le secret

du pendule, de la balance, du sémaphore,

 

 

 

du moteur à deux temps,

la pulsation sans origine

et sans fin,

 

on est entré

dans la séquence

de la boucle invariante,

 

alors enfin

on se prépare

à changer d’heure

et de statut

et de bruitage

 

mots lancés,

mots rebonds

et ping

et pong

 

alors enfin

on peut sortir

du cercle qui n’a de cesse

et sans raison

 

 

et ping

et pong

 

alors enfin

la vie la mort

la mort la vie

 

d’un seul coup

 

d’un seul

 

                           publié dans la Revue des ARCHERS n°31 – décembre 2017

  

                                                ***

  

LES IVRES VIVANTS - CHANSON

 

( paroles et musique de Dominique Sorrente)

 

O ma passante

Ma compagne d’ailleurs

Dis-moi dis-moi

Quand viendra l’heure

De ton sourire de menthe

 

O ma lointaine

Qui marches en bord de Loire

Dis-moi dis-moi

Quand nous revoir

Quel jour quelle semaine

 

Tournent les nuits et les jours

Les saisons, les visages

Côté jardin côté cour,

On est tous de passage

Et l’on attend l’instant,

La caresse d’or

Et le corps à corps

Des ivres vivants

 

 

 

O ma promise

Ma si proche inconnue

Dis-moi dis-moi

Si tu as vu

Mon bout de terre promise

 

O ma rieuse

Ma complice égarée

Dis-moi dis-moi

Dans quel été

Vit notre histoire heureuse

 

Dansent les mots et les phrases

Les étoiles et les pierres

Les adieux font table rase

Mais le cœur est trop fier

 

Et l’on attend l’instant

La caresse d’or

Et le corps à corps

Des ivres vivants

 

Version de la chanson Les Ivres vivants interprétée par le trio Dominique Sorrente, Audrey Gambassi, Lionel Mazari: https://www.youtube.com/watch?v=X_sPJibos1o

 

 

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                                                          photo Audrey Gambassi