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23 mars 2016

Éternelle Jeunesse des Ivres Vivants

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ll y avait, ce samedi soir, un rendez-vous avec les "ivres vivants". J'ai bien cru m'être trompée encore une fois de date ou d'adresse. La porte cochère du 72, bd Longchamp semblait désespérément close et muette. Elle s'est finalement ouverte sur  un salon d'un autre âge : choisir un lieu, c'est déjà tout un programme. C'était à la Casina à Marseille.

 Il y avait là des dames, beaucoup! Et des hommes, un peu! Un chat assoupi, très vieux avec en travers du museau, un sablier blanc sur fond de pelisse noire . Il ne calculait plus depuis bien longtemps , ni le temps, ni le nombre des convives. Nous avons traversé en procession le jardinet en friche, descendu les marches périlleuses de la "rue du rêve". Le caveau nous a offert ses sièges. Nous nous sommes fait des politesses pour rester près de la sortie… Sait-on jamais? Un monsieur loyal, généreux, affublé d’un micro imaginaire, deux guitares , trois chapeaux sur leur tabouret , une écharpe à la Bruant ...patience. Et puis voici que le trio s'installe.

Un visage qui s'anime, un sourire suspendu et malicieux, celui du chat d'Alice? Une voix féminine qui nous prend dans ses volutes pour nous mener bien haut. Deux troubadours et leur muse cristalline.

Ils sont venus nous balader. Le premier Lionel Mazari, vient de la comédie. Il a écrit des ballades à ses heures qui ont traîné au fond d'un tiroir pendant longtemps. Jusqu'à ce quelles rencontrent les chansons-poèmes de Dominique Sorrente. Lui, poète polygraphe, taquinait aussi la chanson, écriture et composition, en secret : "J'ai écrit mes première chansons à 17 ans, en même temps que je composais mes premiers poèmes" avoue-t-il volontiers. La bonne aubaine! La troisième est une voix pure nommée Audrey Gambassi. Elle a rencontré celle de Dominique dans une formation de jazz vocal. Ah, la bonne heure!

Et voici donc : 25 chansons et textes poétiques issus de ce que la vie peut offrir et reprendre, Mot à mot, de leurs bouches à nos oreilles, des bleus de l'âme à la plus grande douceur , les textes égrènent les aventures des petits bonhommes, effleurent les épaules de femmes , suivent les méandres du fleuve Amazone

jusqu'aux vertiges des grands précipices. Ce sont deux vies qui se racontent. Friction des voix qui s'entre-mêlent, s'interpellent auxquelles répondent les guitares. Friction des textes les uns chantés, les autres parlés avec pour traits d'union la mise en scène légère, espiègle . À la croisée de ces deux mondes nous avons suivi la musique .

À travers des tableaux changeants, ils nous ont promenés, taquinés. Dans un doux chahut , ils ont su nous caresser nos oreilles.

 

La complicité de cette   jeune formation est réjouissante. Ce concert - spectacle est une jolie célébration du vivant et des morts, des naissances et des renaissances... Le temps d'un aller-retour en poésie. Au fond du petit jardin ranimé, nous avons fini en trinquant à l' éternelle ivresse des ivres vivants.

 

                                                                     Anne de CITRE

 

 

 

 

16 mars 2016

JOURNÉE MONDIALE DE LA POÉSIE 2016: EMBARCATION EN BATEAU IVRE à Marseille

                                              Depuis quand le vent respecte-t-il

                                                 tes règles de circulation ?  (A.Fayad)

 

 Bateau ivre Prado.JPGQui le sait ? Depuis l’année 2000, le 21 mars a été déclaré Journée Mondiale de la Poésie par l’Unesco. Cette déclaration a pour objet d’encourager chaque année les initiatives en faveur de la pratique de la poésie (lecture, écoute, écriture) et plus généralement, de rappeler la dimension éthique de la poésie sous toutes les latitudes et dans toutes ses formes.

 « Chaque poème, tout en étant unique, reflète l’universalité de l’expérience humaine et un désir de créativité qui s’affranchit de toutes les limites et de toutes les frontières, du temps comme de l’espace, affirmant sans cesse que l’humanité forme une seule et même famille. » a déclaré en 2015 Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO.  

Sur sa rive Nord de la Méditerranée, l’association Le Scriptorium a dans le passé pris plusieurs initiatives, notamment les Rencontres Transcontinentales, pour participer à cette journée et apporter sa contribution, en écho à celles d'autre régions du monde.

En 2016, dans un contexte international lourd de conflits, de menaces et de crises, nous avons choisi une démarche minuscule mais résolue : témoigner « en situation » sur un promontoire de la plage du Prado à Marseille notre attachement à la poésie et aux valeurs qu’elle véhicule.

Sans coup d’éclat, ni protocole, mais comme un geste de vigueur, avec le plaisir de mêler éphémère et mémoire,  partager l’insolite, goûter le contretemps...et d'autres humeurs encore...

Avec aussi le désir de rappeler qu’aujourd’hui dans le monde, on enferme, on persécute, on intimide des poètes pour le seul fait de leurs écrits incontrôlables.

Et quelle meilleure réponse que de lâcher entre mer et vent les mots irréductibles du poème ?

Dans la continuation de la soirée de rencontre en faveur d’Ashfar Fayad qui s’est tenue au théâtre Toursky, le 21 janvier, nous invitons ceux qui le souhaitent à se réunir autour de la sculpture d’Amado créée en hommage à Arthur Rimbaud sur la plage du Prado à Marseille.

La rencontre aura lieu à 18h.

Lecture sera faite d’extraits du livre de poèmes d’A.Fayad qui vient de paraître aux éditions Le temps des cerises dans la traduction d’Abdelatif Laâbi.

D’autres voix de poètes viendront se donner à l’air libre pour un moment de partage et ferveur.

En ce temps-là, Mars s'impatientait...

  

                                                                        Dominique Sorrente

 

Fayad livre.JPG

 Le Rendez-vous aura lieu autour de la sculpture d'AMADO "Le Bateau Ivre" , plage du Roucas-Blanc, le 21 mars à 18h.

29 février 2016

AU BISSEXTILE PASSANT

 

Dominique Sorrente jeu anglais .jpg

 

jeu calendrier imaginaire- collection particulière- photo Lino Cannizzaro

 

Je salue l’intrus, l’insolite, le trouble-drame,

le jour qui sait se faire attendre,

l’intermittent des cycles,

 

je salue le doux ralentisseur de l’année,

 

le si reconnaissable

parce qu’il sait se cacher,

 

le qui vous dit :

je passe ici, remarquez-moi ou bien

tant pis,

je reviendrai sans doute,

mais ce sera une autre époque,

 

je salue

le petit virtuose des heures incomplètes

avec son art d’arrangements,

celui

qui n’était pas invité

et a trouvé sa place dans le gâteau du temps,

 

le bricoleur créatif des mesures,

 

l’inventeur du quadriennat secret

qui ne se montre qu’une seule fois dans son mandat

pour respirer l’air alentour,

 

le candide du château de sable éphémère

sur le goudron des tas d’urgence,

 

 je salue le bissextile

qui ne demande rien

qu'à glisser son jour anniversaire

dans les failles du temps à vivre.

 

À dans quatre ans, l’ami,

quelque part ici ou là...

 

 

                                   Dominique Sorrente

 

                                    au 29 montée de l’Oratoire,

                                                                                    ce 29 février 2016