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08 juillet 2010

30 ans de Cheyne à l'Orangerie du Sénat

 
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À l’occasion de l’exposition des 30 ans de Cheyne éditeur qui se déroule au Sénat (Palais du Luxembourg à Paris) du 12 au 30 juillet 2010, une série de lectures d’auteurs sera proposée en plein air dans le jardin du Luxembourg, devant l’Orangerie.

 

Dominique Sorrente donnera une lecture le MARDI 13 JUILLET à 18 heures, en compagnie de Patricia Castex Menier.

 

Vous pourrez entendre des poèmes choisis parmi les sept livres qu’il a publiés chez Cheyne (depuis La lampe allumée sur Patmos en 1982 jusqu’au petit Livre de Qo en 2001) et quelques autres nouveaux venus pour la route…

 

Nous vous invitons à partager ce temps de poésie en Orangerie, avant la déferlante des liesses du lendemain.

 

Pour tout connaître sur l’exposition des Trente ans de Cheyne et les lectures qui leur sont liées, vous pouvez vous reporter au site des éditions Cheyne.

 

 

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« La certitude et le doute déferlent. Sur la main originelle, notre vie est tendue,

effervescente.

Elle s’offre et se refuse en ce que chaque chose recèle d’unique.

Elle est l’embrasée au milieu des calmes.

 

                                                               

Notre aujourd’hui est fait de ricochets subtils et de couteaux.

Difficile de dormir au bord de toutes les rives à la fois, comme un sans-visage…

 

 

Pourtant la terre jubile, même sèche. Nous vénérons la terre sans eau

qui nous ressemble, ne nous désaltère pas, celle qui descend des étoiles

et subjugue l’incendie. »     

 

 

                        (extrait de La lampe allumée sur Patmos, Cheyne 1982, nouvelle édition dans Pays sous les continents, édition MLD 2009)

 

 

                                                                      

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ORANGERIE DU SÉNAT, Jardin du Luxembourg - Entrée porte Férou, 19 bis rue de Vaugirard -75006 Paris

Accès : M° Saint-Sulpice, Odéon, Mabillon  / RER : Luxembourg, Saint-Michel. (Bus 58, 84, 89)

05 avril 2010

Jumelage poétique Toscane-Provence - 2ème mi-temps

 

carton jumelage WEB.jpg

 

D’un paysage à l’autre, écrire en mouvement comme on relie des pages inconnues. Le pari de nos mots échangés : celui des couleurs qui s’ignorent encore mais se devinent complémentaires. Notre désir de jumelage poétique est fait de cette matière-là à inventer ensemble.

DS

 

 

 

Pour la deuxième année, après le déplacement en Toscane au printemps 2009 où le Scriptorium avait été reçu par la commune de Pistoia, l'association organise un temps de Jumelages poétiques. Il aura lieu du 13 au 17 avril 2010 en Provence. Le principe de cette initiative est double : tisser des liens de sympathie poétique entre auteurs de différents pays, favoriser des instants de création partagée sur les lieux de vie des poètes.  Et pour cela, vivre des temps forts d’écriture en situation.

 

À cette occasion, le Scriptorium établit un partenariat avec l’association POIEO, sise à l’Isle sur la Sorgue. Sont également parties prenantes du projet la commune de l’Isle sur la Sorgue, l’Accademia del Ceppo de Pistoia, l’Institut culturel italien de Marseille et la Fondation Pro Helvetia.

 

Moulin à eau Isle sur Sorgue 1.jpegLe temps des jumelages se déroulera en deux épisodes : le premier à l’Isle sur Sorgue, le second à Marseille. Il permettra de prolonger la rencontre avec la ville de Pistoia (Italie) et d’ouvrir sur une nouvelle relation avec la ville de Morges en Suisse prévue pour avril 2011 ( Journée internationale du Livre -UNESCO).

 

Le groupe sera constitué des participants suivants :

  • Pistoia/Accademia del Ceppo : les poètes Paolo Fabrizzio Iacuzzi, Maura del Serra, Martha Canfield et  Martino Baldi ainsi que Francesco Dreoni, Ilaria Tagliaferri,  Moreno Fabbri (traducteur et accompagnateurs)
  • Scriptorium : les poètes Dominique Sorrente, André Ughetto, Angèle Paoli, Olivier Bastide et Laurence Verrey (Suisse) ainsi que Valérie Brantôme et Yves Thomas (traductrice et accompagnateur)
  • Mario Passerini, poète (Anagni, Latium) s’associera à la rencontre dans le cadre du jumelage intercommunal entre l’Isle sur la Sorgue et Anagni.

 

Outre les moments de rencontre en écriture et en ateliers de traduction, ce temps de jumelage sera ponctué de deux rendez-vous  publics,  l'un pour une première lecture le jeudi 15 avril à l'Isle sur Sorgue (Salle de la Congrégation), l'autre le lendemain pour un second temps fort à Marseille à l'Institut culturel italien, au cours duquel le professeur Alessandro de Francesco, représentant la revue florentine de poésie comparée Semicerchio, viendra présenter le n°40 de la revue consacrée à Piero Bigongiari et la France.

 

 

Écrire la montagne, la rivière. Plus tard, écrire la mer riveraine et les ports. Faire de toutes ces péripéties des occasions pour activer nos instincts de lumière

 

 

 

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Les poètes du Scriptorium et leurs hôtes parmi les Pomone du Musée Marini à Pistoia (avril 2009)

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Institutions partenaires :

Voir aussi :

 

 

 

22 juin 2009

PISTOIA : le temps du jumelage poétique IV

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Époque 4 -  UNE FERVEUR TOSCANE 
                           Marino Marini : dans la contemporanéité de l'artiste 
 
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Voisine de la gare, installée dans le vénérable Palais du Tau, la Fondation Marino Marini expose des tableaux, des dessins préparatoires, des statues – en marbre ou plâtre – de ce grand sculpteur (né à Pistoia en 1901, mort à Viareggio en 1980). En sortant de ce lieu, j’avais  l’impression d’avoir découvert l’essentiel de l’artiste – sensation que j’avais éprouvée lorsque j’entrai pour la première fois dans l’Hôtel Salé abritant le musée Picasso à Paris ; sans doute  la visite du « Centre de documentation » pistoiese ne dispense-t-elle pas de celle du « Musée Marino Marini » installé dans l’ancienne église de Saint-Pancrace à Florence, mais elle y prépare, dans l’intimité d’une dizaine de petites salles d’exposition occupant deux étages, par sa belle intelligence muséographique, combinant la chronologie et les genres des oeuvres. Tout au long du parcours effectué avec le groupe des voyageurs venus de France, sous l’autorité de Paolo et la conduite d’une employée de la fondation, deux amis italiens -  l’un peintre (Claudio Frosini), l’autre critique d’art, essayiste, nouvelliste que l’on m’a beaucoup loué (Gianfilippo Paganelli) -  m’ont grandement éclairé sur le travail en profondeur de Marini. Si l’archaïsme grâce auquel les Picasso, les Braque, Brancusi… ont construit leur identité artistique était retrouvé par eux dans les  « arts premiers » d’Afrique ou d’Océanie, celui de Marini est alimenté par la mémoire autochtone de la vieille civilisation étrusque, ce pilier enfoui de la civilisation romaine. D’où les « Pomone », déesses-mères de l’inspiration du sculpteur ; d’où les chevaux qui me rappellent Tarquinia et d’autres figures équestres dans l’art funéraire de l’Etrurie. Avec Marini on est ramené – sautons dans le jeu de mots ! – à l’élémentaire de l’élément Terre, dont la représentation symbolique la plus ancienne est le carré, comme chacun sait - tandis que le ciel est désigné par le cercle. Il en est ainsi par exemple dans les pièces de monnaie chinoise, depuis la plus haute antiquité : circulaires, comme le ciel dont l’empereur est le « dragon », mais percées d’un carré central car elles servent aux échanges terrestres. Dans la méditation de Marini, le quadrilatère obsédant de Pistoia joue également sa partie[1]. Son art, ancré au plus profond d’une tradition arrachée à des cimetières, n’en revendique pas moins la liberté moderne de jouer avec les formes, de les abstraire pour atteindre l’évidences dans son noyau. Et comme l’appréhension de l’espace nécessaire aux statues passe d’abord chez lui par une approche picturale, l’acte de peindre et de sculpter sont dans une complémentarité organique[2]. D’où résulte, avec un sentiment de grande unité, un équilibre très apaisant pour celui qui regarde. C’est beau parce que c’est juste : spectacle extériorisé d’une vérité intérieure, interne.

 

 

André Ughetto

 

[1] « Pistoia è la città dove sono nato, naturalmente e umanamente tutti siamo attaccati alla nostra particella da dove siamo nati. Pistoia è in me, anzi, insegna anche qualcosa, un certo ordine gotico, una certa struttura, una certa costruzione medievale. Ci sono delle bellissime cose a Pistoia, di primissimo ordine, cominciando dal Pisano. Certamente l'artista italiano nasce con questa grande tradizione sulle spalle, ed è una grande fatica perché è difficile misconoscerla. »

Marino Marini, Un Aureola di sole, Confessioni sull’arte e otto disegni inediti, Fondazione Marino Marini edizioni, e Via del Vento edizioni, 1991.

« Pistoia est la ville où je suis né, naturellement et humainement nous sommes tous attachés à la parcelle qui nous a vu naître. Pistoia est en moi, bien plus : elle enseigne aussi quelque chose, un certain ordre gothique, une certaine structure, une certaine construction médiévale. Il y a de très belles choses à Pistoia, des œuvres de premier ordre, en commençant par celles de Pisano. Certainement, pour l’artiste italien qui  naît avec ce grand poids de tradition sur les épaule, c’est un énorme labeur car il est difficile de l’ignorer. » (Trad. A. Ughetto)

 

 

[2] Selon L’Arte è un gioco, Pensieri di Marino Marini, Via del Vento edizioni, 2007. 

 

 

 

 

 

 
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Pomona

 

 

à Marino Marini

 

 

 

― Innombrables ―

 

     les sculptures

 

― monumentales ―

 

 

déclinent à l’infini des miroirs leurs ventres

généreux

plis et replis rebonds stéatopyges

fesses cuisses hanches et seins vastes croupes larges

matricielle abondance de chair blanche

courbes du sexe clos

sur son silence lisse

 

 

― Pomone ―

Ô déesse-mère

étrusque de toujours

 

 

tes nudités amples offertes à la caresse

― vierge ―

de mon regard nu

 

 

tu déplies dans l’écho du silence

tes visages lunaires regards absents

ouverts sur l’invisible

 

 

rendu à la pleine lumière par le souffle

 

sculpteur.

  

Angèle Paoli

 

 

 
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La lumière a posé sur le blanc l’insistance charnelle des Pomone. Là, dans leur alignement, elles feignent l’immobilité, mais notre propre frémissement est preuve de vie sous-jacente, de marbre incandescent ! Et les chevaux affirment l’éveil du bronze, l’huile coule ses teintes dans des rectangles stricts. Je tiens un nombril bleu au sein du bleu, l’œil cerclé de rouge n’est pas un œil… il vit cependant d’offrandes en sa pupille. Ce sont matières et forces qui tiennent tête au vide. Se comprend un moment notre utilité.

 

Olivier Bastide

 

 

 

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