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20 mars 2009

Attention, Caravane en marche !

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CARAVANIER DU PRINTEMPS

 

 

 

Le poème aujourd’hui réclame

une autre route.

 

Au pas incertain des voyelles,

dans des consonnes qui brinquebalent,

il avance déhanché

avec des mots de passe  pour l’exil du dedans.

 

Mes amis, vous vivez déjà, le saviez-vous,

dans la ligne de rupture des vagues.

 

Alors, regardez-la, cette caravane de mots

qui sort peu à peu de la page

pour rejoindre l’inaccessible de la mer.

 

Elle avance avec sa  suite dans un intervalle du temps,

minuscule et  précise  

au ruban bigarré des strophes,

au tintement irrégulier des rimes

qui s’entrechoquent.

 

Elle, si longtemps contenue

dans la fabrique des colères, des replis,

elle déborde à présent des cahiers, elle se pare

des chapitres du vent,

elle passe en légèreté par le chas de toutes les aiguilles

des empêcheurs du temps de vivre.

 

Caravanier, nouveau venu de la parole improbable,

fais de ton pas multiplié en bord du jour

l’intrigue heureuse

qui inventera avec nous le printemps.

 

Il suffit de te mettre en route

au chant des verbes à ciel ouvert,

faire écho

à la voix de quelques poètes

pour retourner en mots splendides

le désespoir ou la mélancolie.

 

Caravanier du printemps, grâce à toi,

le secret du monde deviendra, un instant,

public.

 

 

                                 Dominique SORRENTE

 

 

 

 

AUX CARAVANIERS DU PRINTEMPS

    

 

Carav_script_Vous_avez_dit_2.jpg…Il est l’heure de vivre un moment différent. Rare aussi bien qu’intense. Retrouver les énergies que la poésie nourrit : capacité à réveiller, étonner, détourner le cours somnolent ou subi des choses…

 

…Notre façon :  faire se rencontrer sonnet, hai-ku, slam, performance, écriture linéaire ou pratique d’hypertexte, voix chuchotée ou parole déclamée, et toute autre forme d’expression poétique, sans exclusive, en laissant à chacun la liberté d’aller à son pas et de faire son marché inspiré dans ce foisonnement voulu.

 

Notre méthode : la marche à plusieurs. Parce que la poésie à ciel ouvert et portée par la voix retrouve hors les murs une  nouvelle vitalité citoyenne. Parce que mettre un pied devant l’autre est un acte d’humanité qui ne réclame aucun diplôme, aucune distinction sociale, aucun passeport de conformité. Parce que la parole partagée ne nie aucunement la solitude des auteurs, mais l’empêche de se corrompre en isolement.

 

Notre esprit : celui d’une promenade en nomadie joyeuse et bigarrée, qui pratique les contre-pieds, aime rire et respirer en bord de mer l’appel du large, sans oublier les humeurs parfois périlleuses  du trottoir ! De l’entrée du vallon des Auffes à la plage des Catalans nous irons jusqu’au jardin de la Rade où se tiendra le bivouac final avec ses joutes oratoires et ses confidences publiques.

 

À Marseille, il est temps que la poésie devienne polyphonique. Et déjà un écho inattendu s’est fait du côté d’Alep en Syrie. La caravane des mots est de toutes les rives. C’est le pari de notre aventure de caravaniers poètes. Nous vous invitons à saluer ensemble un Printemps tonique qui défiera les mauvais génies de la crise.

 

À samedi, caravaniers de la belle circonstance !

 

 

   Dominique Sorrente

 

 

(Extrait de la DÉCLARATION DE LA CARAVANE 2009…)

 

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04 novembre 2008

Le Scriptorium invité de la Maison de la Poésie de Grasse

 

           Une poésie des Intervalles

 

 

 

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          Pas une lecture ordinaire, pas non plus une performance. Ce 31 octobre 2008, les poètes du Scriptorium ont proposé à la Maison de la Poésie de Grasse un temps bien particulier qu’il leur arrive désormais d’appeler « poésie chorale ». Oh certes pas un oratorio ou une cantate, menés à la baguette, il y eut des moments d’incertitude, des jeux aléatoires dans la distribution des rôles, mais à la réflexion, on se demande si cela ne vaut pas mieux ainsi.

          Ils étaient cinq, deux voix d’hommes et trois voix de femmes, à présenter une suite de propositions. Chacun portant son style, on a pu ainsi identifier les accents, parfois véhéments, toujours pleins de présence, de Béatrice Machet, l’intime toucher de phrase de Valérie Brantôme, la bonne terre meuble des mots entreprise par Olivier Bastide, le plaisir de diction de Sophie Monnier, le discours du regard et du corps de Dominique Sorrente. Et on a pu aussi vivre ces temps d’alternance et de voix partagées qui font tout le prix d’une telle rencontre. 

 

          Une première exposition née de poèmes dits par les uns et les autres en résonance, puis des acronymes sur le mot « Scriptorium », un insolite journal composé à plusieurs voix, des instants de voix seules, enfin le poème fondateur du groupe, dit dans un croisement de sons pour finir dans une parole faisant jouer les harmoniques.

 

          Il fallait braver les pluies qui se sont abattues ce soir-là sur les collines grassoises ! A ce titre, on saluera l'auditoire fidèle, hélas un peu  clairsemé en ce week-end de Toussaint,  venu porter cette lecture originale à plusieurs voix.  L'occasion  aussi de rendre compte du chemin en cours dans cette expérience vocale des scripteurs. Quelque chose bouge dans cet ensemble, loin des ronrons routiniers. Quelque chose veut être risqué pour aller à la rencontre du public. Et ce désir, dans sa singularité même, mérite d’être accompagné. La Maison de la Poésie de Grasse et sa directrice éclairée, Catherine Berney, le savent, qui ont  compris qu’une belle aventure poétique se jouait là, dans ce Scriptorium en constante évolution. C’est pourquoi d’une année à l’autre, elle a décidé d’ouvrir ses portes au Scriptorium « hors les murs ». Une belle initiative…

 

 

 Anne Lofoten

 

24 mars 2008

Transcontinentale, poètes du monde entier

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Samedi 22 mars, a eu lieu au Centre Tempo-Sylvabelle à Marseille la première édition de la Transcontinentale de poésie, créée par l’association Le Scriptorium. Un pari hors du commun,  relevé de la plus belle manière…

Qui sait que l’année 2008 a été déclarée par l’ONU l’Année  Internationale des langues  ? Objectif : favoriser l’échange et les traductions, et maintenir la diversité linguistique des 6700 langues parlées dans le monde dont une bonne moitié est aujourd’hui menacée de disparition.  Preuve que la langue est un bien précieux, au-delà des outils, un bien par lequel nous découvrons ce que nous sommes, nous préservons notre part de parole vraie et intense.  À Marseille, cette réalité n’aura pas échappé aux poètes du Scriptorium qui depuis près de 10 ans, à l’entrée du vallon des Auffes, travaillent les mots dans leurs vibrations, leurs façons de dire ce qui ne peut être dit autrement…

Alors l’association fondée et animée par le poète Dominique Sorrente, il y aura bientôt dix ans, avait  décidé de fêter la Journée mondiale de la poésie  créée par l’UNESCO par un nouveau projet, nommé « La Transcontinentale - poètes du monde entier ». Défi audacieux pour une association indépendante qui compense l’absence de moyens par un fort engagement de groupe. Et le pari fut tenu dans la belle salle décorée du centre TEMPO: réunir à Marseille des voix de différents continents pour faire entendre la poésie d’une rive à l’autre.

Un public dense (pour cette fois, la belle salle des réunions n’était pas assez grande) s’était mis à la hauteur de l’événement. Trois heures durant, chose rare voire exceptionnelle par les temps qui courent, on a vu se succéder les lecteurs évoquant et faisant entendre  des noms qui résonnent dans les mémoires à travers les lieux et les moments de l’histoire (plusieurs furent des prix Nobel en leur temps) et qui chacun à sa façon portent l’aventure des mots : le chilien P.Neruda, le mexicain O. Paz, l’indien R.Tagore, la russe M. Tsvetaeiva, le tchèque V.Seifert, les persans Hafiz et Khayyam…Une lecture polyphonique, mêlant langue d’origine et traduction française. Les voix des poètes disparus ont pu ainsi rencontrer celles des poètes contemporains invités pour l’occasion, dans un  itinéraire qui a conduit le public de l’émouvante voix argentine de Vivian Lofiego au brillant poète et astrophysicien Jean-Pierre Luminet. qui fit un choix saisissant de poèmes interrogeant le Cosmos en passant par l’iranien P. Albogassemi, dont la lecture profonde en persan, à la lumière d’une lampe de chevet nous plongea dans une parole immémoriale, ou encore ces poètes « native american » amérindiens, dont Béatrice Machet leur traductrice et leur porte-parole sut faire entendre les cris et les mots de sagesse.  D’une lecture à l’autre ( une quinzaine de lecteurs prêtèrent leur voix à ce périple), dans le rêve, la douleur le rire, souvent l’étonnement, chacun a ainsi pu découvrir la dimension universelle de cette « autre voix » qu’est la poésie, autre et proche, tout à la fois.   

« Voilà donc notre humeur transcontinentale de poètes intuitistes,avait  annoncé Dominique Sorrente qui fut le maître de cérémonie de cette singulière aventure poétique.,  Une humeur  qui se joue de l’unité des lieux et des époques à seule fin de nous relier pour un soir sur la terre. La poésie n’est-elle pas contre les murs de langage  un chemin de traverse de l’universel ? » Tel le était le mot d’ordre de la soirée où la cause de trois femmes écrivains tibétaine  et chinoise emprisonnées ne fut pas oubliée. 

L’UNESCO et  P.E.N. CLUB, réseau international d’écrivains, représentée ici par la poète suisse Laurence Verrey, qui œuvre justement pour les écrivains emprisonnés, ne se sont pas trompés sur la qualité et l’engagement de cette initiative née d’un rêve associatif marseillais. Ils avaient choisi de l’accompagner, dès sa première édition, bien qu’elle manque encore du concours des collectivités publiques sollicitées. Ils lui ont reconnu l’énergie et l’enthousiasme des pionniers qui défrichent.

Le rendez-vous est pris pour la seconde édition de la Transcontinentale. Mais d’ici là, on devine que le Scriptorium, dont la faim de poésie est contagieuse aura encore fait parler de lui.

Et déjà le 29 mars avec son nouveau rendez-vous « Poètes phares et poètes voisins » dans son local à l’entrée du petit port de pêche du Vallon des Auffes de Marseille, dans le 7ème arrondissement, cette fois…

Nul doute, les poètes intuitistes du Scriptorium croient comme  l’écrivain St Pol Roux que Marseille est « sœur du monde entier » (c’est d’ailleurs une des formules de la charte de l’association) ; et ils savent qu’ils auront toujours leurs mots à inventer, y compris dans le projet de « Marseille, capitale européenne de la culture ».

Dans un environnement bruyant où les mots sont si souvent dévalués, les poètes, comme les langues, demeurent une espèce fragile.  Le lancement réussi de « La Transcontinentale - poètes du monde entier » est de ce point de vue une bonne nouvelle pour la bio-diversité de ces mots en liberté qui continuent  de naître sur toutes les rives.
                                                                                                       
                                                                                                         

Anne Lofoten   

19:06 Publié dans Hors les murs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 22 mars 2008