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04 décembre 2018

Veillée Poétique au coin du feu - intervalle de décembre

Et nos rires seront

toujours plus enflammés !

 

Rendez-vous au désormais mythique coin du feu …

rejoignez-nous, pour terminer l'année, au siège de l'association:

samedi 08 décembre 2018 - Marseille

Si vous n'êtes pas encore membre adhérent, prenez contact à:

poesiescriptorium13@gmail.com

 

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Venez « Écrire jusqu’au sourire »

 

Nous ouvrirons la rencontre par un double hommage aux deux poètes compagnons de route, récemment disparus, Jacques Lovichi et Yves Broussard.

 

Nous bavarderons fraternellement au coin du feu, échangerons nos lectures et nos créations sur ce thème, extensible à volonté, nous parlerons et échangerons sur les sens de la vie, l'état monde, le secret des poètes et de tout autre chose…

 

La rencontre sera prolongée d’un buffet. Chacun étant invité à apporter un plat salé/ sucré accompagné d’une boisson. Nous mettrons le tout sur la table.

 

Et contre les tremblements du monde

Et contre la détresse et la misère humaine

Nos rires seront

toujours plus enflammés !

 

Anne Lofoten

Marseille, décembre 2018

 

Et si toutefois, vous rencontrez quelqu'un qui ne sait plus sourire,
Soyez généreux donnez-lui le vôtre,
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau, Le livre d'amour (1920)

 

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YVES BROUSSARD (1937-2018) dans l'infini tremblement de l'être

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"Il y a ce poème en moi

épais comme une vague de sang

qui bat la mesure

d'un monde à la dérive..."

écrivait Yves Broussard. 

 

Le 1er décembre, quelques jours après le décès de Jacques Lovichi, un de ses proches compagnons d'écriture, nous avons appris par Teric Boucebci la nouvelle du décès d'Yves Broussard qui s'était retiré depuis peu "dans la lumière froide de Valserres". 

 

Poète du peu, scrutateur de signes au-delà du visible, Yves Broussard poursuivait d'un poème à l'autre, d'un livre au suivant, un geste minutieux d'attention au réel. Il procédait d'une façon angulaire et lente et précise, posant ses mots un à un sur la page. C'était sa façon de se faire perméable à tous les temps dans leur "pauvreté essentielle". 

"Un long travail intérieur... dont ne serait livrée que la trace essentielle, dans l'économie de la matière et de ses effets. » écrivait Jean-Max Tixier.

 

L'autre volet du parcours littéraire d'Yves Broussard fut l'action collective à travers la tâche de revuiste, d'Action Poétique jusqu'à Phoenix, mais essentiellement comme directeur de la revue Sud à partir de 1976 et jusqu'en 1997.  À partir de 2000, il contribua à une nouvelle aventure, celle de la revue des Archers, au théâtre Toursky, également à Marseille. 

 

La bibliographie d'Yves Broussard est abondante; il fut récompensé à plusieurs reprises (Prix Artaud, Prix Apollinaire...).

Ses poèmes sont traduits en plusieurs langues. 

On pourra se référer au site du Printemps des Poètes: https://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poethequ...

 

Une belle façon de re-visiter tout un pan du travail d'Yves Broussard est de lire l'anthologie personnelle "Grand angle" publié chez son ami et éditeur Yves Namur au Tallis Pré (Belgique) qui couvre la période de 1960 à 1990.

 

Le Scriptorium rendra hommage à Yves Broussard (et à Jacques Lovichi) lors de sa prochaine Veillée poétique du 8 décembre 2018.

 

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Lentement

comme au sortir d’un mythe

l’araignée tisse

sa toile

dans l’angle obscur

 

Libre

l’étoile glisse

sur le nuage

et

par compassion

t’attire en un immense rêve

 

où prendra le feu

 

             ( La nuit tremblée, édition Le Taillis Pré, 2002)

 

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Pensée de l'alouette

 

être un moment

du murmure

des dieux

 

                  Y.B.

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                                                  Dominique Sorrente

 

15:22 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0)

JACQUES LOVICHI ( 1937- 2018) en son DÉFINITIF PROVISOIRE

 

                                                       Jacques Lovichi.jpg

 

 

Ô barbara furtuna…

Lamentu

 

à Frédéric Jacques Temple

Dépossédés

là-bas          bien au-delà de la crête des vagues

franchis le ciste et l’arbousier

la combe d’où s’enfuit le merle des légendes

là-bas          après les cols aux rousseurs de perdrix

après les bergeries aux toits couverts de ronces

après les oliviers     les châtaigniers     les sources

tout un peuple s’endort sous la mousse du temps

 

                                         ( extrait de Mourir dans l'île - Les derniers retranchements, Le Cherche-Midi 2002) ) 

 

Écrivain corso-provençal d'expression française, comme il aimait à le dire, Jacques Lovichi a levé l'ancre, le 18 novembre 2018.

 Avec ses airs de Capitaine Haddock, brouillant les pistes entre la Corse et la Bretagne, sa connivence hors sol avec quelques maudits comme Germain Nouveau ou Christian Guez Ricord, son amitié obstinée pour quelques poètes majeurs, et au premier rang Eugène Guillevic, sa façon de saluer du poing en appelant du côté de l'autre rive, Jacques, le solitaire farouche,  avait pris sa part de défi collectif. Ce fut d'abord  le groupe expérimental d'Encres vives, puis la revue Sud, puis plus tard encore, Autre Sud, et la revue des Archers. C'est dans ces aventures éditoriales que nous nous rencontrions, tout comme Jean-Max Tixier, son complice, et Yves Broussard, le timonier capitaine. 

 

Dans une de ses malicieuses dédicaces dont il avait le secret, Jacques avait complété le titre « Derrière c’est toujours la mort » par une formule au crayon « …mais devant, c’est encore la vie ». C’est ainsi qu’il faudra, au-delà de la légitime émotion du moment, lire les livres de Jacques Lovichi, découvrir ou retrouver une oeuvre complexe, ardente et obscure à la fois, toujours en mouvement ( romans, poésie, chroniques de théâtre...) qui témoigne d'un engagement littéraire intense, et plus encore d'un combat avec l'ange aux multiples reprises. 

 

Une porte a claqué sur le « Définitif provisoire », livre paru en 1980 dans la collection Sud.

 

Il est temps d’apprendre à écouter la voix qui dit « l’inépuisement du sujet ».

 

 On peut retrouver une belle évocation de "l'enivrante tristesse de vivre" de Jacques Lovichi dans une note que Françoise Donadieu, qui fut sa confidente, nous avait confié au Scriptorium.

http://www.scriptorium-marseille.fr/tag/jacques+lovichi

 

Hommage sera rendu à Jacques Lovichi et Yves Broussard, au début de la prochaine Veillée du Scriptorium  , le samedi 8 décembre.

 

 

                                                                                     Dominique Sorrente

 

PS: À signaler la belle page écrite en hommage par Angèle Paoli sur le site Terres de femmes et le poème de Jacques Lovichi in extenso dédié à Frédéric Jacques Temple: https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2018/11/jacques-lovichi-mourir-dans-l%C3%AEle-lamentu.html

 

Livre Derrière c'est toujours la mort.jpg        

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13:33 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0)