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19 décembre 2008

Rencontre des commencements : une soirée avec A. Gence

 

En préambule.

L'automne prochain signera les dix ans du Scriptorium. Au fil des pages de cette rubrique "Rétro", viendront prendre place quelques-uns des rendez-vous marquants dans la vie de l'association. Traces colligées, réveillées de leur sommeil d'archives, inscrites en partage dans l'univers virtuel du blog. Une manière "à rebours" de donner vie à la «légende» du Scriptorium... 

Novembre 1999. Rencontre des commencements. Le Scriptorium, exprimant par là son attachement à explorer les axes qui joignent la poésie aux autres arts, reçoit le peintre André Gence. Moments de partage des rythmes du pinceau qui disent la Vie dans leur recherche de la cohérence des formes. Aux croisements de la poésie.

                                                                                                                                           VB

 

 

*

 

« Entrer dans un rythme, c’est se rendre disponible

à la pensée pure, libre et créatrice de nouveauté »

 

*

 

A-Gence.jpgCette rencontre est à marquer d'une pierre blanche qui pourrait bien être une stèle à la veille de débarquer dans l'an 2000.

Elle salue en effet la naissance du Scriptorium dans son lieu-dit, un cabinet de pédiatrie dans l'ordinaire des jours qui, ce soir-là, s'ouvre à ces rencontres dont la poésie est la médiatrice. Le premier invité est une insolite et remarquable figure de la vie artistique et spirituelle contemporaine, habitant à Marseille : le peintre et prêtre André Gence. Peintre subtil et orateur intarissable, André Gence a la passion du témoignage qui semble défier son âge vénérable. De son oeil pétillant, de sa voix fragile et prenante, il communique une énergie pour tout ce qui le fait vivre.  Il sait s'indigner quand il le faut et attiser les enthousiasmes, d'où qu'ils proviennent. Ce soir-là, André Gence dans son inséparable costume gris, emporte l'auditoire vers une méditation, entre sourires et convictions,  qui ne sera pas oubliée. Homme à soulever des montagnes, au moins dans les esprits trop humains, il montrera aux premiers habitants du Scriptorium que la première page est toujours à écrire. 

 

                                                                      « La nature est un texte »

 

          Extraits du mot de bienvenue de Dominique Sorrente

 

« On inaugure aujourd'hui les rencontres du Scriptorium. D'entrée de jeu, disons-le : inutile de comparer ce moment singulier avec la Cité de la Réussite qui se tient actuellement au Pharo à Marseille... Le Président de la République n'est pas annoncé. L'auditorium est plus confidentiel. On garde près de nous la devise de Pierre Seghers: "seuls quelques-uns"...

 André Gence est l’exemple d’un artiste complet, au sens où Thomas More parlait « d’homme complet ». Seul avec son chevalet, mais aussi créateur de vitraux pour des églises ou des lieux publics, animateur d’ateliers pour enfants des quartiers pauvres, inventeur de sessions de peinture, et, bien sûr, prêtre dans son ministère… Complet, parce que tout cela en lui n’est pas séparé. Aujourd’hui, nous allons regarder des peintures en présence de celui qui les a fait naître. Et en agissant de la sorte, nous aurons aussi une leçon de vie intense à partager… 

…C’est un homme qui sait que « tradition » signifie transmettre, passer de la main à la main. Rien de celui qui se drape dans sa petite gloire.  André à 82 ans n’en finit pas d’agir au quotidien. Son oeuvre expérimente la parabole des pains multipliés. Pour tout artiste, pour tout amateur d’art, la conscience de ce passage de signes à travers le temps est une expérience capitale. Avec André Gence, le Scriptorium peut éprouver la vérité d’un art qui relie les hommes… 

…Il y a moins de dix ans que nous nous connaissons, cher André. Dès notre première rencontre, il y avait pour moi une évidence : celle d’une amitié nourrie à plus qu’elle-même : la source première où fin et commencement se rejoignent et s’allient.

 Cher André, je suis heureux que ce premier moment du Scriptorium soit placé sous le signe, ô combien fraternel, de ton aventure artistique ».

Marseille, le  20 novembre 1999

 

*

« Je suis en moi quand je suis relié

à un Autre que moi   » 

 

*

 

 

Regarder un tableau d’André Gence

 

 

 

La première émotion : ténue comme une braise

survivant sous la cendre .

 

 

Aux ténèbres surmontées, devant le seuil  Demeure du mystère - AGence.jpg  

perlé que l'aube franchira

 

 

- et quelquefois, avant de s'élancer,

colombe de feu vif, elle s'annonce

 

 

pareille au crépi d'une tiédeur,

frémissement de tourterelle à la face d'un mur -

 

 

le peintre est le témoin de la lumière essentielle

plongeant son ombilic au goudron de la nuit,

 

 

émanation par la nuée d'inconnaissance pure

et signature de la Joie .

 

 

Icône de la liberté passant les portes,

révélée, révérée comme le centre

de toute profondeur,

 

 

on ne te représente pas .

 

 

                                             André UGHETTO

 

 * 

 « En peinture, je voile et je dévoile » 

*

 

MarchédesCapu.jpg

 

 *

 

« La couleur est secondaire, fille de la lumière »

 

 

 *

 

 

Sur André Gence, biographie sur le site de Terre de Lumière.

Voir aussi  Art et spiritualité.

 

 

14 décembre 2008

Le sens de l'humeur

 

 

L’époque requiert autre chose que de fades ressassements, des discours de mise en conditionnement sur la sortie d’une crise dont nous ne savons pas même épeler le nom et qui nous tient lieu de réserve en hystérie. La vie mérite plus que joliesses en sucre, visages dépités devant une caisse d’hypermarché ou exercices douteux de mise en urne.

 

Devant l’enchaînement des rouages qui nous gardent collés à la métaphore de la machine, que proposer, que dire ? Nous n’avons que faire de « faire bouger les lignes » (laissons aux pêcheurs et aux poissons ce grand art) comme s’exténuent à le répéter ceux qui ont le "sentiment" de tout dans leurs commentaires journaliers. 

cube aux humeurs.jpg

 

Nous sommes démunis, c’est un fait. Un fait et une chance. La pauvreté essentielle des mots, dont le sac dans lequel nous piochons, appartient à tous. La seule question alors qui importe est la suivante : quels mots choisirons-nous pour passer le trottoir, brouiller les codes, risquer un vrai bonjour, adresser les messages personnels  qui  annoncent un débarquement de l’âme ?

 

Ce que nous voulons apprendre à vous offrir, toujours mieux : des humeurs de sacre et de massacre, spontanément distribuées. Au gré d’événements manifestes ou insoupçonnés. Tentatives d’aller visiter l’envers du décor, le trou dans la serrure, les dévastations au réveil et le génie du millimètre accompli en tenue d’insecte. Elles sont colères sans auréoles contre les lieux communs qui nous badigeonnent malgré nous ; elles s’espèrent salutaires, au moins comme les planches qui n’ont pas encore atteint leur état de moisissure sans retour.

 

Le Scriptorium, en doutiez-vous,  est aussi un petit village latin qui résiste contre tous les envahisseurs de la parole-poésie. Pays de flèches acérées qui rêvent de surprendre un jour la surprise, sans pour autant en faire tout un plat. Terre meuble d’une caravane invisible qui passe. Geste d’insurrection des phrases et d’avènement du rire nouveau.

Un cryptorium, si l’on veut ! 

 

Pour saluer le tournant de l’année qui vient, notre vœu pour vous et vos proches est que la joie d’être ensemble circule de fond en comble, de la cave au grenier, et par toutes les trouées du jour, parce qu’entre nous et ceux qui nous rejoindront, il y a de plus en plus à voir comme à entendre et à toucher.

 

 

 Dominique Sorrente

 

 

12 décembre 2008

Poesia « al dente »

 

 

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LE SCRIPTORIUM
organise sa
Tablée des Poètes
 « Promenade en poésie italienne contemporaine »

le samedi 10 JANVIER 2009  12 H 00
* * *

La poésie italienne contemporaine servira de fil rouge à notre Tablée du Script épiphane qui se tiendra au premier étage du restaurant vénitien        Il Palazzio, sur la Corniche à Marseille.

L'une des originalités de la poésie italienne contemporaine est qu'elle n'a pas délaissé les différents apports de «ses langues» mais a, au contraire, cherché à les mettre en valeur. Cette composante dialectale servira de trame à notre rencontre-intervalle. Sans aucune prétention d’exhaustivité, mais en laissant parler notre ressenti et notre curiosité « intuitistes », nous irons donc à la rencontre de quelques voix majeures associées à des lieux qui les ont nourries : Cesare Pavese et le Piémont, Camillo Sbarbaro et Giuseppe Conte à Gênes, le Frioul de Pier Paolo Pasolini… Les auteurs et lecteurs présents donneront à entendre en version bilingue des aperçus de la diversité poétique italienne qui continue de se manifester aujourd’hui.

Cette promenade nous conduira jusqu’en Toscane, où André Ughetto évoquera  Les Remparts de Pistoia  de Bigongiari et nous entretiendra également des poètes de la Métamorphose.

Un troisième temps nous permettra d’échanger sur de futurs projets inter-culturels avec des régions d’Italie.

Ceux qui le désirent peuvent participer aux préparatifs de cette rencontre-intervalle en nous adressant un texte de leur choix, accompagné de sa  traduction, d’un auteur italien contemporain qui les a marqués, ou toute réflexion utile sur les tendances de la poésie italienne d’aujourd’hui (livres, revues, festivals, etc).

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