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15 mai 2013

Lecture à deux voix : un peu plus d'air que d'habitude

 

                                le Scriptorium présente

 

                  

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                      UN PEU PLUS D’AIR QUE D’HABITUDE

 

 

 

                                         LECTURE POÉTIQUE de DOMINIQUE SORRENTE

 

                                                 accompagné par ISABELLE PROVENDIER

 

 

 

                               jeudi 30 mai, 18h30

                         Galerie 22,Coustellet (84)

 

 

 

                                participation libre

 

Durée : 50 minutes

 

 

   Depuis C’est bien ici la terre, paru chez MLD en 2012, Dominique Sorrente  a choisi de repartir en chemin, d’une proposition à l’autre, fidèle à son penchant de se laisser surprendre, et nous avec. C’est ainsi qu’il revient nous faire signe, riche de nouvelles expériences du côté de la poésie parlée, avec des textes pour la voix haute où les formes brèves alternent avec des évocations imaginaires, où la méditation sur le « bol  vide » se frotte aux balises d’une tournée en belgitude, dans une suite résolument inclassable On parcourt ici un paysage bigarré, déroutant, peuplé de mots graves ou facétieux, colères et tendresses,  accords de chansons et improvisations sonores (guimbarde, halilitar, harmonica, guitare) , avec sautes d’humeurs comme il se doit. Où les changements de rythme et la variété des regards sont la règle pour ôter la rouille sur tous nos conformismes. C’est une suite, comme une traversée « glissement de péniche dans la chair inconnue du fleuve » qui nous est offerte ici, dans un jeu à double voix où Dominique Sorrente et la comédienne Isabelle Provendier nous entrainent en complicité à la juste mesure du plaisir des mots en échappée de vivre.

 

   Une façon de défier nos quotidiens assoupis. Sans oublier le sourire, au coin des phrases, poil à gratter ou antichambre à l’émerveillement

 

 

Place du marché,

 

il fait un matin de clefs à bonheur

 

pour réapprendre à croquer pleine bouche,

 

à respirer naseaux en alerte.                       


                          DS

 

 

 

   DOMINIQUE SORRENTE est l’auteur d’une vingtaine de livres publiés notamment chez Cheyne et MLD. Il revendique une humeur polygraphe qui, tour à tour, le fait devenir parolier, auteur de micro-fictions, chroniqueur, improvisateur musicien, mais, avant tout, poète. Ancré à Marseille, il y tient son journal de bord, à travers les années, qui fait la part belle à une parole de vivant, tour à tour fantasque et sensible, joueuse et lyrique. Son anthologie personnelle Pays sous les continents, un itinéraire poétique 1978-2008 paru chez MLD a reçu le Prix Georges Perros.  En 1999, il fonde le Scriptorium (www.scriptorium-marseille.fr) qui propose des formes originales de poésie partagée (caravane, transcontinentale, jumelages, poésie chorus).

 

 

 

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    ISABELLE PROVENDIER est comédienne et metteur en scène. Après avoir travaillé avec Antoine Campo, Simon Abkarian, Jean-François Matignon, Thierry Alcaraz, en tant que comédienne, elle crée IP&CO et se lance dans la mise en scène et la création de formes proches de la performance. En 2012, dans le cadre de Trace de poète, elle a prêté sa voix à la lecture en duo de C’est bien ici la terre de Dominique Sorrente et réalisé une performance  « Le chocolat…un sens est né » avec l’artisan chocolatier-nougatier Florian Courreau, à l’Isle sur Sorgue.

 

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Ce jour-là,

tu peux laisser buter le rêve

 sur la vague,

 

 

donner aux insectes des allures de taureaux,

 


ôter aux dieux leurs carapaces

 

pour les laisser marcher nus

 

jusqu’aux fontaines,

 

 

 il y a un peu plus d’air que d’habitude

 

à respirer

 

dans le paysage

 

de ce jour-là

 

 

 

et tu te surprends à souffler trois fois

 

sur ta propre vie

 

pour qu’elle lève

 

plein vent

 

comme fable heureuse.

 

 

 

Désir miroir  au front du laurier

 

est le blason de ce jour-là

 

pour l’année spirale qui s’ouvre.                        

 

 

                                               D.S.

 

 


Pour toute information, écrire à : poesiescriptorium13@gmail.com

ou contacter Le Scriptorium au 06 61 40 46 38

Marche poétique "Vos divines comédies"

 

                       EN MARCHE POÉTIQUE VERS « LE PARADIS » 

 

 

                                 Dimanche 2 juin à Cabrières d’Avignon

 

 

 

9h30-12h30- programmation Le Scriptorium, en partenariat avec l’association Pierre sèche en Vaucluse

 

 

La marche poétique est animée par Olivier Bastide et Dominique Sorrente avec le concours de Lysey qui mettra les textes lus en vibrations graphiques.

 

 

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Avec semelles de vent ou espadrilles à l’ancienne, les pieds fragiles ou endurcis, adeptes des pas comptés ou  fervents des grands compas,  chacun(e) est invité(e) à se mettre en marche, en petit groupe d’humeur nomade, avec son sac de mots en direction du lieu-dit le Paradis, à Cabrières. Portées par une telle prometteuse destination, les haltes seront l’occasion de dire avec des textes d’auteurs ou ses propres créations un peu de nos représentations secrètes et contemporaines du triptyque de Dante,  Enfer, Purgatoire, Paradis, re-parcouru en poétique ardeur.  Libre cours aux imaginaires…

 

 

 

Il s’agira ici de partager les plaisirs de lecture buissonnière et réinventer notre Divine comédie de l’instant. Sans oublier d’apprendre, en cet espace à ciel ouvert, un peu de la connaissance secrète des lieux (abris, guérites, troglodytes et autres cabanes) qui baliseront notre chemin, grâce au concours de l’association Pierre Sèche en Vaucluse (www.pierre-seche-en-vaucluse.fr)

 

 

L’itinéraire ne présente aucune difficulté particulière pour les promeneurs ordinaires d’un dimanche matin en poésie.

 

 

 

Pour prolonger la marche poétique, un repas tiré du sac sera proposé à 13 heures à Cabrières d’Avignon. Puis les écrits de nos divines comédies impromptues (textes apportés ou nés à l’occasion de la balade) seront présentés au public à 15 heures à la Bibliothèque.

 

inscription (gratuite mais obligatoire) à la marche poétique

auprès de poesiescriptorium13@gmail.com

 

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11 mai 2013

Carnet de voyage au pays des formes brèves


 

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"À quoi bon la peine de ne jamais arriver,

nous avons des ailes à nous

et une aiguille dans les mains".


 Leonor Gnos



             Au pays des formes brèves, il y a ceux qui se présentent brièvement (poètes, peintres, humoriste, passeur de mots, animateur d’atelier d’écriture…).

Au pays des formes brèves, il y a des archipels qui amènent des silences, qui créent d’autres archipels, comme des instantanés reliés dans les excroissances de la mer poétique.

 

Au pays des formes brèves, il y a Marthe qui aime bien rire, qui nous ressort des articles anciens du Scriptorium où les Scripteurs « filent aux Auffes » (ou philosophent).

           Au pays des formes brèves, il y a le célèbre adage « Nul n’est censé ignorer la loi » qui devient « Nul n’est censé ignorer la joie (poétique) ».

Au pays des formes brèves, il y a Léonor qui nous chatouille les mains avec une aiguille. Mais est-ce une aiguille à coudre, à tricoter ou celle du boussole pour nous donner un repère ?

 

Au pays des formes brèves, il y a souvent des écarts entre ce qui est lu et ce que l’on entend et des joutes s’engagent entre poètes pour savoir quel est le sens qui correspond.

 

Au pays des formes brèves, il y a des images qui tracent le temps : « une cervelle ridée ; un rail sur le front ; des jolis traits sur les jambes ».

 

Au pays des formes brèves, les calembours coulent à flots comme les mots   « Ferry-Boat » de Jean-Marc qui nous concocte une bonne traversée de l’humour : des « vaisseaux sanguins (ou sans gains) qui sont les restos du cœur » à « la drogue qui ne doit pas être l’héroïne du film » ou « la plume en colère qui est de mauvais poil »…

 

Au pays des formes brèves, il y a « la femme qui tourne en rond, qui tourne en rond dans ses habitudes, car tourner en rond est un plaisir pour les enfants ».

 

Au pays des formes brèves, il y a Patrick qui nous ramène aux générations passées, au temps de la machine à écrire et du papier carbone et fait surgir un débat endiablé en rajoutant « du temps où Dieu n’était pas encore une femme »…

 

Au pays des formes brèves, il y a ceux qui savent repérer au quart de tour si une poésie est bonne ou pas : lire la première et la dernière ligne d’un poème.

 

Au pays des formes brèves, il y a Jean-François qui fait jaillir des flammes d’émotions dans une écriture à fleur de peau qui ne se laisse pas facilement déshabiller : « les cuisses serrées de la lumière » ; « la cathédrale inversée de l’ombre ».

 

Au pays des formes brèves, il y a des textes où on sent la phrase d’un texte qui revient comme un rythme et un leitmotiv pour le vivifier, mais qui n’est rien sans les autres mots pour la porter (« je t’aime » tout seul, n’est pas de la poésie).

 

Au pays des formes brèves, il y a Lysey qui trace la gravité de l’instant dans sa sensibilité exacerbée, « comme on gravit une marche d’escalier en pensant qu’un pas de plus vient se poser ».

 

Au pays des formes brèves, il y a Gérard sur son bateau ivre qui va sur les flots, son foc s'étant tendu, le soleil revenu lui a rendu son rafiot.  

 

Au pays des formes brèves, il y a Jeanne qui fait résonner la voix de la sagesse, entre deux brèves incartades où le sens semble se noyer.

 

Et puis, il y a encore le poète nomade qui, pour faire bouger les lignes, préfère "s’en remettre aux pêcheurs de rivière", car au pays des formes brèves, les poissons-poètes font de brèves apparitions et il faut savoir les saisir au vol de notre inspiration éphémère.

 

                                                         Elisabeth H. (Lysey)



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QUELQUES HALTES EN PASSANT...

 


 

Arbre sans importance, qui surprend à l’angle d’un muret.

 

Retour vers mes jeunes pas.

 

 

 

Je t'embrasserai à pleine écorce. J’aurai accepté l’irréel.

 

 

 

 Sur les collines de Judée sourd l’âme complexe des hommes. La jonction des soleils sera le paradis des innocents.

 

 

                                                            Olivier Bastide

 

  

                                    (extrait du recueil collectif Palestines, Sillages 2012)

 


 

 

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 J’écris comme on décide par fragments. Le temps d’une lettre cachée qui me retourne vers ma naissance.

 

  Ce monde est une pluie soudaine par où tout réapprend à respirer. 

 

 Je plaide pour des utilités sans gloire et sans armure, celle des bulles de  savon, par exemple. 


Celui qui ne s’étonne plus et fonce, tête baissée, qu’advient-il de son idée saillante sous le casse-noix ?

 

  

                                                            Dominique Sorrente

 


                              (de Pays sous les continents, MLD, 2009)

 

   

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À suivre... ( voir Anthologie des Poètes de la Coïncidence)

    Poèmes de  Leonor Gnos, Jean-François Picq, Patrick Druinot,

Jean-Marc Bonnel,Gérard Boudes, Dominique Sorrente, Lysey Barrère