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Carnet de voyage au pays des formes brèves


 

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"À quoi bon la peine de ne jamais arriver,

nous avons des ailes à nous

et une aiguille dans les mains".


 Leonor Gnos



             Au pays des formes brèves, il y a ceux qui se présentent brièvement (poètes, peintres, humoriste, passeur de mots, animateur d’atelier d’écriture…).

Au pays des formes brèves, il y a des archipels qui amènent des silences, qui créent d’autres archipels, comme des instantanés reliés dans les excroissances de la mer poétique.

 

Au pays des formes brèves, il y a Marthe qui aime bien rire, qui nous ressort des articles anciens du Scriptorium où les Scripteurs « filent aux Auffes » (ou philosophent).

           Au pays des formes brèves, il y a le célèbre adage « Nul n’est censé ignorer la loi » qui devient « Nul n’est censé ignorer la joie (poétique) ».

Au pays des formes brèves, il y a Léonor qui nous chatouille les mains avec une aiguille. Mais est-ce une aiguille à coudre, à tricoter ou celle du boussole pour nous donner un repère ?

 

Au pays des formes brèves, il y a souvent des écarts entre ce qui est lu et ce que l’on entend et des joutes s’engagent entre poètes pour savoir quel est le sens qui correspond.

 

Au pays des formes brèves, il y a des images qui tracent le temps : « une cervelle ridée ; un rail sur le front ; des jolis traits sur les jambes ».

 

Au pays des formes brèves, les calembours coulent à flots comme les mots   « Ferry-Boat » de Jean-Marc qui nous concocte une bonne traversée de l’humour : des « vaisseaux sanguins (ou sans gains) qui sont les restos du cœur » à « la drogue qui ne doit pas être l’héroïne du film » ou « la plume en colère qui est de mauvais poil »…

 

Au pays des formes brèves, il y a « la femme qui tourne en rond, qui tourne en rond dans ses habitudes, car tourner en rond est un plaisir pour les enfants ».

 

Au pays des formes brèves, il y a Patrick qui nous ramène aux générations passées, au temps de la machine à écrire et du papier carbone et fait surgir un débat endiablé en rajoutant « du temps où Dieu n’était pas encore une femme »…

 

Au pays des formes brèves, il y a ceux qui savent repérer au quart de tour si une poésie est bonne ou pas : lire la première et la dernière ligne d’un poème.

 

Au pays des formes brèves, il y a Jean-François qui fait jaillir des flammes d’émotions dans une écriture à fleur de peau qui ne se laisse pas facilement déshabiller : « les cuisses serrées de la lumière » ; « la cathédrale inversée de l’ombre ».

 

Au pays des formes brèves, il y a des textes où on sent la phrase d’un texte qui revient comme un rythme et un leitmotiv pour le vivifier, mais qui n’est rien sans les autres mots pour la porter (« je t’aime » tout seul, n’est pas de la poésie).

 

Au pays des formes brèves, il y a Lysey qui trace la gravité de l’instant dans sa sensibilité exacerbée, « comme on gravit une marche d’escalier en pensant qu’un pas de plus vient se poser ».

 

Au pays des formes brèves, il y a Gérard sur son bateau ivre qui va sur les flots, son foc s'étant tendu, le soleil revenu lui a rendu son rafiot.  

 

Au pays des formes brèves, il y a Jeanne qui fait résonner la voix de la sagesse, entre deux brèves incartades où le sens semble se noyer.

 

Et puis, il y a encore le poète nomade qui, pour faire bouger les lignes, préfère "s’en remettre aux pêcheurs de rivière", car au pays des formes brèves, les poissons-poètes font de brèves apparitions et il faut savoir les saisir au vol de notre inspiration éphémère.

 

                                                         Elisabeth H. (Lysey)



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QUELQUES HALTES EN PASSANT...

 


 

Arbre sans importance, qui surprend à l’angle d’un muret.

 

Retour vers mes jeunes pas.

 

 

 

Je t'embrasserai à pleine écorce. J’aurai accepté l’irréel.

 

 

 

 Sur les collines de Judée sourd l’âme complexe des hommes. La jonction des soleils sera le paradis des innocents.

 

 

                                                            Olivier Bastide

 

  

                                    (extrait du recueil collectif Palestines, Sillages 2012)

 


 

 

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 J’écris comme on décide par fragments. Le temps d’une lettre cachée qui me retourne vers ma naissance.

 

  Ce monde est une pluie soudaine par où tout réapprend à respirer. 

 

 Je plaide pour des utilités sans gloire et sans armure, celle des bulles de  savon, par exemple. 


Celui qui ne s’étonne plus et fonce, tête baissée, qu’advient-il de son idée saillante sous le casse-noix ?

 

  

                                                            Dominique Sorrente

 


                              (de Pays sous les continents, MLD, 2009)

 

   

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À suivre... ( voir Anthologie des Poètes de la Coïncidence)

    Poèmes de  Leonor Gnos, Jean-François Picq, Patrick Druinot,

Jean-Marc Bonnel,Gérard Boudes, Dominique Sorrente, Lysey Barrère

 

 

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