Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30 novembre 2017

Écrire le monde en peinture - l'intervalle de novembre au Scriptorium

 

Terristoire_10_300dpi.jpeg

Terristoire 10  E.Sarrouy

 

Samedi 18 novembre 2017 

 

 

« Regarde cette tache blanche là-haut, on dirait
une immense fleur mais ce n’est peut-être que l’envers
d’une feuille : il y a si peu de vent.
La nuit ici doit être pleine de trappes, de bruits inconnus.
Mais le plus beau parce que le moins supposable,
c’est encore le lever du jour.
Tout ce qu’on ne se pardonnera pas d’avoir manqué. »

« dialogue créole » entre André Breton et André Masson

(Martinique charmeuse de serpents, éd. du Sagittaire, 1948)

 

« ...l'art est parfait quand on ne signe pas une dernière esquisse. » 

Pierre Dhainaut, Trois études de mains (revue Diérèse # 71)

 

Parenthèses.jpg

 

  Ce samedi 18 novembre  les poètes du Scriptorium, peintres et artistes plasticiens se retrouvaient pour un échange fécond autour des relations entre écriture et image. De questionnements en expérimentations… Plusieurs démarches pour dire le monde. On peut certes opter pour la démarche descriptive qui consiste à redire le monde d’une autre manière, ou bien se lancer dans la riche démarche des équivalences plastiques et textuelles. C’est la pratique qu' Henri Tramoy et Sylviane Werner expérimentent avec conviction. Ils nous ont présenté pour l’occasion leurs collages et textes en échos, travail commencé en 2012, laissé quelques temps de côté, mais qui ne saurait tarder à refaire surface. 

 

  Nicolas Rouzet, pour sa part, nous proposait un très beau texte de Pierre Dhainaut, Trois études de mains paru dans la revue Diérèse # 71 sur le travail de Géricault, Giacometti, et sur l’auteur lui-même aussi… Et de nous déclamer ensuite son poème court et percutant L’Arche russe à propos du film éponyme d’Alexandre Sokourov.

 

L'Arche_Russe_Nicolas_Rouzet.jpeg

 

  Isabelle Alentour nous présentait, quant à elle, deux livres peinture et texte –Jean Rustin ou la vie échouée de Michel Bourçon (éd. La tête à l’envers)- et texte et photographie – Parenthèse(s) d’Isabelle Alentour et Zazpi (auto-édition)- avec un petit jeu de devinettes à la clé… Et si à l’inverse on écoutait un texte puis on essayait d’en deviner l’image ? Les imaginaires s’en donnèrent à cœur joie !

 

Jean_Rustin_La_vie_échouée.jpg

 

  Emmanuelle Sarrouy prit le temps de nous présenter son travail d’artiste hybride, et notamment cette lecture performance dansée Suppléments d’âmes jouée dernièrement à Marseille pour les 30 ans des Instants Vidéo Poétiques et Numériques. Un travail d’allers/retours, équivalences, entre texte danse et image vidéo (tracés lumineux projetés sur le corps d’une danseuse).

 

  Ce fut ensuite à Daniel Vincent  de dévoiler un subtil montage en vidéo de son travail de peintre nommé « les Vanités joyeuses » qui avait su convoquer en son temps une suite de poèmes inédits de Dominique Sorrente.  (Lire la Note "Autant en emporte..." du 14 octobre 2015 ) 

 

  Il était ensuite temps de passer à un atelier pratique autour du magnifique tableau réalisé par Colette Papilleau « La clairière de Robinson » (voir ci-dessous). Un travail d’autant plus créatif et multiple qu’il est déclenché par un inducteur. Et la magie était ici encore au rendez-vous. Sur une même image, il y eut autant de textes différents que de personnes présentes. Car il est toujours question de créer le monde à sa manière… Écrire en ricochet, en résonance, s’attacher à la plasticité de l’œuvre, au motif, traduire un ressenti, une intériorité… L’existence ou la connaissance d’un titre peut également être un élément déclencheur inspirateur ou perturbateur de ce que l’on va dire ou pas de l’œuvre…

 

  Comme le rappelait justement Henri Tramoy, après les étapes du décryptage et du passage à la forme narrative, le moment de lecture collective et plurielle permit de mettre en évidence la richesse même de ces échanges. 

 

  Et même si le poète ou l’artiste ont parfois du mal à se situer entre inquiétude et ouverture, ils sont toujours infiniment et joyeusement tentés par cette prise de risque, malgré tout nourrissante, comme un basculement nécessaire vers la création de quelque chose de neuf, enrichi… vers la naissance d’un monde éternellement nouveau.

 

« à l’ombre du bois doré

la lumière

te va bien » 

 

               Emmanuelle Sarrouy & les poètes du Scriptorium

 

COLETTE PAPILLEAU ET D SORRENTE devant tableau ROBINSON.JPG

                                                      Colette Papilleau et Dominique Sorrente

                                               devant le tableau de l'artiste "La clairière de Robinson" 

 

 

              Et tu songes aux nuées pures sur ton île, quand l’aube verte s’élucide au sein des eaux mystérieuses. »

 

                                                            Saint-John Perse - Images à Crusoe (1904)

 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.