24 septembre 2009

Mouvements infimes, du Tao à la poésie dansée

 
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LE SCRIPTORIUM 

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Deuxième Intervalle de la saison,

 

« Mouvements infimes »

 

 

Samedi 3 octobre 2009

 

14h30 au Brûlat du Castellet (Var) *

 

 

 

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Que nous l’abordions par le discours scientifique ou par une pratique méditative centrée sur la respiration, c'est à dire le souffle, nous pouvons tous prendre conscience du mouvement ondulatoire présent en nous, même « immobiles » .

Ainsi ces mouvements infimes ressentis nous mettrons au diapason avec la danse de la vie, qui est celle de l'univers tout entier dans le mouvement  de tout ce qui est, existe, se transforme, disparaît et renaît ....

Ressentir cette pulsation originelle, est la base de ce qui est appelé le WUTAO, pratique de danse reliée à la tradition Taoïste, qui ouvre au sentiment du geste juste selon une dynamique en spirale, à partir de la colonne vertébrale : celle que nous savons de toute éternité parce que biologique, organique, vitale.

 

 

Sentir l’âme d’un mouvement, trouver son rythme intérieur, danser le souffle, tels sont les ingrédients de la danse du tao, savant métissage des arts martiaux, des techniques du souffle et de la danse.

La pratique est souvent soutenue par des métaphores (autour des éléments comme eau, bois, métal, air, feu), des lectures poétiques et un univers musical très diversifié. Par ce souffle-là, l’être et sa danse se déploient dans la légèreté et la simplicité. Chacun équilibre son parcours entre intuition, sensation, émotion, structuration et création.

 

Nous pourrons poursuivre notre chemin de conscience et de connaissance en nous tournant vers  la danse contemporaine japonaise,  son évolution à travers le mouvement Butô.  L’esprit de la forme courte du poème, cette quintessence écrite de l’instant sur le modèle du haïku accompagnera tout "naturellement"  l’intervalle.  J'appelle donc à la production de textes courts, qui pourront être lus et partagés pendant l’intervalle.

 

Aphorismes et formes brèves célébrant l'éphémère (dans une forme de continuité) seront bienvenus !

 

 

 

Béatrice Machet 

(coordinatrice Intervalle) 

 

 

 

Merci de vous inscrire par mail à l'adresse ci-dessous 

avant le 30 septembre 2009 poesiescriptorium13@gmail.com 

[renseignements et infos pratiques d'accès au lieu fournis en retour]

 

  

18 septembre 2009

Rétrospective Danse ImproÉsie

En novembre 2007

 

Je me souviens que ...

 

 

 

C'était pour moi une journée vraiment spéciale, l'occasion d'être "entière", l'occasion d'évoluer en un espace où les deux pôles d'atttraction (entre lesquels j'évolue souvent)  : danse et poésie,   seraient enfin rassemblés.  C'était comme le prolongement d'une résidence vécue à Chateauvallon où j'avais travaillé avec Jean-Jacques Sanchez et Jasone Munoz, tous deux danseurs et chorégraphes. C'était partager avec mes amis danseurs ma part écrite, partager avec mes amis scripteurs ma part danseuse. Offrir la disponibilité de mes deux amis danseurs à l'ouverture d'esprit de mes amis scripteurs.  À mon niveau une opération holistique.

 

Il s'agissait de prendre contact avec le monde du gestuel, de l'éphémère, avec ce que peut le corps quand on le connaît bien et qu'on vit harmonieusement dans son enveloppe. Se sentir confortable et confiant, bien dans sa peau.

 

Il s'agissait de trouver le lien entre poésie dite intuitive et revendiquée comme telle, avec l'improvisation dansée, qui à un niveau professionnel est pratiquée selon diverses voies  et lois.  Il s'agissait de vivre l'instant et que le corps l'exprime, le confie, le confesse. Il s'agissait de  savoir trouver  le plus court chemin "entre l’affectivité et le mental immédiatement et simultanément sollicités dans l’acte de création" comme l'écrivait après cet intervalle Geneviève Liautard.

 

Il s'agissait peut-être de mesurer un désir, de prendre le temps d'écouter, de toucher combien vivre en se dévouant à la poésie, intuitive en l'occurrence, est apprendre à "perdre" pour mieux " gagner " par le biais de la conscience et du souvenir passant par le texte et par le corps. L'écriture laisse son empreinte sur une page, un écran, ou dans les muscles, une trace reste du passage du geste...  Ce qui revient à constater qu'on ne trouve pas, quelque soit la quête, on RE-trouve, RE-découvre,  RE-combine, RE-organise, RE-crée ... (quoi  l'éternité) ...  alors qu'est-ce qu'improviser sinon puiser et faire nôtre en toute ingénuité, l'authentique d'une émotion et la richesse d'une mémoire ? Débloquer le contrôle du mental, lever les censures de l'inconscient, se laisser surprendre, s'abandonner à l'inconnu tout en sachant attendre.... dans la latence du juste ; le mot ou le geste s'ajustent à l'émotion qui ne déborde pas, s'ajustent à l'espace de disponibilité et d'attention permises par la concentration, alors quelque chose de la jubilation est vécu ....

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14 septembre 2009

Accostage de rentrée

Septembre, au Frioul

 

 

                Abordage, quarantaine, port d’attache… tout cela à la fois. Les scenarii les plus divers, depuis les boat-people en passant par la fidélité de notre hôtesse, jusqu’à la grippe porcine, auraient pu illustrer le titre donné à l’intervalle du Scriptorium. 

Ce début de  Groupe Scripteurs (DV).jpgmois de septembre mal nommé septième,  puisqu'en réalité neuvième de l'année, évoque les vendanges, la rentrée des classes, un parfum de nostalgie l'accompagne... Le 5 septembre à Marseille, la nostalgie était balayée par un vent vigoureux tellement que notre hôtesse Adrienne Mequin sur son île de longues heures a craint  qu'il nous faille renoncer à notre traversée.   Les vagues ont salué notre équipée comme il se doit, généreusement, à leur façon pirate de nous narguer. Relever le défi était bien à l'ordre de notre jour, il nous fallait mener à bien plusieurs missions, dont l'assemblée générale de l'association où les bilans, moral et financier, ont été approuvés à l'unanimité. Je ne reprendrai pas le déroulement des opérations (qu’on peut retrouver sur la page de l’agenda), toutes les étapes ont été respectées et chacune nous a apporté son lot d'échanges, de discussions, de propositions, moments denses et concentrés, où chacun a pu faire la preuve de la bonne santé de l'association, chacun acceptant de jouer le jeu, c’est à dire d'assumer une tâche au sein des triades définies afin de piloter les divers chantiers et projets que le Scriptorium a l'ambition de proposer à ses membres comme au public.

 

Me mettant dans la position de celle qui expose et témoigne, une question à présent  me traverse l’esprit : c’est quoi au juste rapporter ? Quelles choses à dire sur les êtres, sur les faits, quelles idées générales dégager de la somme des émotions, des rires, des éclats de voix et des remarques notées-entendues...? Je gage que touchés chacun à notre façon nous l’avons été par la grâce de certains instants ne serait-ce que face au paysage somptueux qu’offre le lieu,  ou par la découverte de trois nouveaux membres de l’association, grâce et privilège des premiers échanges que nous vivons lors d’une rencontre. Mais aussi dire la bonhomie du partage,  l’amitié contenue joyeuse  dans les taquineries ... c'est quoi le courant qui passe, la sensation d'avancer comme jamais peut-être il ne nous avait été donné de le faire depuis dix ans... car le Scriptorium fête cette année son anniversaire,  l'âge de raison est passé, la pré-adolescence pointe son nez à l'horizon du paysage poétique avec son blog né il y a un peu moins d'un an, avec huit directions de projets et chantiers pour que chacun puisse explorer son terrain de prédilection et offrir ce qu’il sait ou aime le mieux.  

 

Cette séance de rentrée aura mis en évidence des potentiels et des ouvertures considérables, capables de soulever l'enthousiasme des plus pessimistes (timorés, réservés ?) ... tous les germes sont là, et nous sommes tous conscients qu'il nous faut à ce stade de la partie,  transformer l'essai. Pour cela  rendez-vous est pris  pour le 3 octobre, un nouvel intervalle nous verra réunis autour des thèmes du mouvement infime de la danse. Les danseurs contemporains japonais comme les traditions japonaises du Haïku et de l’Ikebana nous aideront à poser la question (et ressentir) du mouvement dans l’immobilité, c’est à dire faire l’expérience profonde bien que minimale, de l’essence du vivant. 

 

Béatrice Machet 

 

 

 

 

Autour de la table, les textes en lecture croisée ont restitué pour chaque scripteur sa traduction du thème retenu, avec en supplément cette approche particulière du rapport à la coïncidence, qui qualifie la démarche  des poètes du Scriptorium.   Qu'ils soient célèbres ou  moins connus, la palette des auteurs évoqués en contrepoint des productions personnelles a livré une belle richesse et d'étonnants  contrastes :  Jacques Prévert, clin d'oeil de Jeannine Anziani,  F-R. de Chateaubriand, dont notre hôtesse Adrienne Mequin a choisi de lire un passage du chapitre II des Mémoires d'outre-tombe, Fernando Pessoa en son Accostage, cité par André Ughetto, un extrait de Vents de Saint-John Perse lu par Olivier Bastide.  Ainsi qu'une ouverture sur quelques poètes, dont pour la plupart, nous partagions pour la première fois la parole, tels que José Gers, artiste, écrivain belge du début du XXème siècle, Yannis Ritsos, Jean Bouhier et Déborah Miranda, poète indienne d'origine Esselen, à laquelle Béatrice Machet a tenu à rendre hommage.

 

 

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© Ph. Elena Berti

 

 

 

Port d’attache

 

                Ouvert sur les arcanes de l’inconnu     

                Lieu nourricier de l’âme dans l’odyssée des jours

                 

Faire éclore dans la mémoire des eaux

Un futur en germe à l’envers du geste

 

 

Sortir du temps jusqu’aux cigales

Libre rive     

Port sans attache

 

 

 

Geneviève Bertrand

 

(extrait de Port d'Attache. 

Texte intégral  ICI )

 

Retour au port

 

 

Bientôt l’échine de la jetée

fixera la fin du périple

L’auréole des collines

camoufle la cible

Finis le plus loin et l’encore

Le ressac broie les mirages

Solidaire du quai

l’anneau guette l’amarre.

 

 

Jean Bouhier

 

(extrait de Fortune de mer,

coll SUD n°14 / supplément à la Revue Sud)

  

*

Pour clore la rencontre sur l'île, les scripteurs et le public invité se sont rassemblés dans l'ultime partage du jour pour une lecture sous les colonnes du temple-chapelle. Dans la lumière du couchant, les voix des quatre lecteurs, Béatrice Machet, Jeannine Anziani, Olivier Bastide et Dominique Sorrente se sont élevées, claires et hardies malgré un Mistral véhément ! Entre Shapeskeare et Leonard Cohen en passant par Paul Fort, les écrits de chacun, présents mais aussi absents du Scriptorium qui avaient confié leurs mots, ont trouvé leur place au grand air de la poésie.

Prochain intervalle le 3 octobre 2009 : " Mouvements infimes " (danse et poésie). Programme et informations bientôt dans la rubrique Agenda du blog.

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  • quelques-uns des poèmes du jour dans la rubrique Feuillets de poésie
  •  album-photo de la rencontre         
     

 

D'une colonne à l'autre... Textes d'accostage

 

 

 

« Accostage : rencontre entre l’embarcation et le bord d’une autre embarcation qui peut être une terre, en 1492 par exemple, passage d’un élément à l’autre, choc de contact ou rencontre aventureuse, alliance de la mer et de l’île…Nous sommes dans un monde d’accostages permanents. Tantôt le geste d’une silhouette étrangère, tantôt le heurt d’un récif invisible. Tout dépend moins, paraît-il, des corps étrangers l’un à l’autre,  que de leur façon de négocier la rencontre. Accoster comme vivre l’autre côté de l’intimité. »

 

Dominique Sorrente

(Notes sur la coïncidence)

 

 

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Port d’attache

 

Ouvert sur le plein ciel       la pleine Etreté 

dans sa mouvance liquide

 

Port… altier – couronné de chênes et de charmes et de saules et d’érables

Royauté première

 

Creusé dans la roche en aplomb du ciel       ce passage utérin

Seuil de l’invisible

 

Attachée la racine           Détaché le regard

Oubliée l’araignée d’enfance      l’obscurité du doute

Vol libre d’épervier

 

 

 

Port d’attache

Ouvert sur l’impossible

Mort détachée au fil de l’eau

Nuée de têtards dans le repli de la rivière

 

 

Marcher / Nager /le sec / l’humide / le rocher /la vallée

Même respir          Même solitude

Même présence dans la fissure hiatale entre l’air et le souffle

 

 

Peau dilatée

Jusqu’aux quatre points cardinaux

Pétrie d’écorces, de cigales  de rides familières

Peau végétale                          

ardente à dissimuler l’envers des apparences

 

 

 

Port d’attache

                Ouvert sur l’illimité

À l’heure de l’effacement

Celle du corps déconstruit cellule par cellule

 

Temps remonté à contre courant          

Énergie des muscles qui exultent dans la puissance vive de l’eau

Force à l’état brut qui n’a pas épuisé son compte

 

 

Port d’attache 

Tache de sang mêlé de sève

Ombilic du monde

Adhérence fibreuse à la matrice première

Lovée à l’envers du rocher

 

Cœur  à vif dans l’éclat calcaire

Regard inversé

 

Falaise de chair

Marquée de ce  sceau d’éternité à l’aplat de la roche

Cercle de mystère serti dans la falaise

 

 

 

Port d’attache

Ouvert sur les arcanes de l’inconnu     

Lieu nourricier de l’âme dans l’odyssée des jours

                 

Faire éclore dans la mémoire des eaux

Un futur en germe à l’envers du geste

 

 

Sortir du temps jusqu’aux cigales

Libre dérive     

Port sans attache

 

                                              

Geneviève Bertrand

  (inédit, août 2009)

 

 

 

 

Entre ciel et colonnes.jpg 

 

 

Chant d’entre les colonnes

 

 

 

Ce soir, je chanterai en accostage au milieu des colonnes.

J’ouvrirai le pont pour des mots qui se préparent

à débarquer en phrases.

Je porterai l’entaille au verbe pour découvrir son sang de troubadour.

De mon île de fortune, ce sera le regard de loin

qui me fera pencher au-dessus des saisons.

 

Par une goutte de septembre, j’irai chercher

les bénédictions de la mer en ses prises inconnues.

 

Ce sera bien

le temps, sous cette heure révolue

des arrivées et des départs,

le temps ôté des montres digitales, le point exact

où le séjour s’allume et se dérobe

avec à distance de quelques bords

la grande ville offerte dispersée dans son sofa de lumières.

 

  

Ce sera bien

l’intervalle des dieux

qui font de maintenant

un lieu aux noms multiples, mandala

de l’insaisissable.

  

 

Ce sera bien

une installation pour la nuit

et son rangement

et son dérangement

au rythme des voix des diseurs du vent

et des silences ouverts à l’aimant des oreilles.

 

 

Accostage fervent, pour que s’écrive en sémaphore

notre assemblée de l’éphémère

parmi les vagues. Ce sera bien.

                                                                                           

  

 D. Sorrente

 

 

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POUSSIERE LOINTAINE

 

 

Les chevaliers de chrétienté arrivaient là.

au port de Saint-Jean d’Acre.

reprenaient force.

Se congratulaient d’avoir survécu,

oubliaient le pendule des planches,

la puanteur des entreponts.

Retrouvaient là des amis, en faisaient d’autres,

entamaient quelques rixes ;

au caravansérail couchaient en paille fraîche,

en sursis de combat

dans le nid de la forteresse.

 

Aujourd’hui point de chevaux

émergeant éblouis des gabares.

Aux quais ocres d’Akko

des chats malingres accourus,

première clientèle des pêcheurs,

disputent leur repas aux mouettes criardes.

 

Automnal glaive de midi sans dureté dans les ruelles

mais le gradient du soir l’émousserait bien vite

et le royaume à voir s’offre au delà des portes

 

 

Nous avons voyagé

dans l’espace du Nom

 

L’aridité ceignait

de bure notre vue

 

Nous avons voyagé

dans l’espace du Nom

sur le sentier

des syllabes interdites

ensemble dépourvues

de prononciation

 

Nom de l’Unique sur nos têtes

 

Tétragramme sacré

de secrète acception

 

L’aridité vêtait de bure les collines

dont le reflet marcha sur la rive du lac

 

Lyrique « mer de Galilée » que nourrit le Jourdain,

la montagne où le Fils prononça le Sermon,

l’anse où les rets de la Parole

furent lancés vers les disciples,

restes devinés de Capharnaüm

et port de Tibérias près duquel se prélassent

encore des baigneurs en l’eau jadis

plus au sud baptismale.

 

Nous n’avons guère accosté à cette rive,

nous étions étrangers, nous reprenions la route

en lacets s’élevant à hauteur de Carmel :

Cana, mine de rien, au passage vous vend

le vin des noces et plus loin Nazareth

retient en ses méandres une des cryptes de la foi.

 

Mais le plus beau de cette promenade

ce fut le don de l’amitié entre nous trois.

 

A Yvon Le Men et à Georges Guitton 

 

André Ughetto

02 septembre 2009

Les jeunes visages - Michèle Dujardin

 

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Les jeune visages

 

 

 

 

Les jeunes visages,

posés sur la banquette de ciment,

saluent la vie

de leur silence clair

simplement immobile,

nu et plein comme l’eau

et sans mélange,

régnant seul sur les deltas d’une aube

qui ne doit merci

ni à l’hiver,

ni à la nuit,

et là,

d’une coulée de sable sur l’épaule,

au bord mat et fuyant des glissières hâtives,

là,

sur les accotements

de retaille,

de mâchure,

un songe les adoube,

réfractaire en sa foudre

aux écailles et au plomb,

à la solde et ses marches forcées,

un songe beau et seul

dans son cône dansant de poussière blonde,

et libres, les jeunes visages

fuient par delà

le navire

 

 

 

                                                      Michèle Dujardin

 

 

Extrait de « Personnage au bord, avec nuit » (inédit)

 

 

  

 

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