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31 mai 2017

LEONOR GNOS

 

Léonor Gnos est née à Amsteg (Uri) en Suisse alémanique.LG photo 2.jpg

 

Diplomée de littérature allemande et française, la culture et les langues européennes tiennent une place importante dans sa vie puisqu’elle a étudié plusieurs langues, séjournant  en France, en Angleterre, en Italie, en Espagne et en Grèce. Avec son mari et ses deux filles, elle vit et travaille à Lucerne comme professeure d’allemand. Après avoir enseigné l’allemand en Langue étrangère à Paris pendant vingt ans, en 2010 elle s’installe à Marseille. Elle écrit de la poésie, des récits et des nouvelles, publiés en Suisse et en Allemagne.

 

En réponse aux sollicitations du Scriptorium, elle traduit ou laisse traduire ses textes (Pascale Auger et Nicolas Rouzet) ou bien elle écrit directement en français. En co-auteure, elle a publié « Ecritures de l’eau », de même dans différentes revues littéraires.

Léonor Gnos est membre de l’association ADS (auteurs suisses) et de Pro Litteris.

 

 

Table d’ouvrages

 

2017   « Lichtfalten », (rides de lumière) poésie, Collection Montagnola,  Isele, Eggingen

2014   « Jenseits von Blau », (Au-delà du Bleu) poésie, édition Isele, Eggingen

2014   « Mäd Book 3, co-auteure, prose et poésie, edition Franz Mäder, Bâle

2013   « Die Schrift der Sonne ist vertikal » (L’écriture du soleil est verticale) Collection         Poésie Suisse, editore alla chiara fonte, Lugano

2012   « Ecritures de l’eau », co-auteure, poésie français/allemand, édition PAP

2012   « Hier ist Süden », (Voici le Sud) poésie, édition Isele, Eggingen

2010   « Nelly N. », nouvelles, édition Pro Libro, Lucerne

2009   « Singende Städte », (Villes enchantées) poésie, édition Wallimann, Alpnach

2007   « Milchstrasse », (Voie lactée) poésie, allemand/français, édition 13/XIII, Paris

2006   « Mohn am Schuh » (Mon âme joue), poésie, édition Wallimann, Alpnach

2004   « fallen und federn », (tomber et rebondir) récit, édition Gisler, Altdorf

2003   « Mit dem Schatten », (Avec l’ombre) poésie, édition Wallimann, Alpnach

2000   « Bristenbitter », (Bristenamère) nouvelles, édition Gisler, Altdorf

 

Leonor Gnos https://de.wikipedia.org/wiki 

 

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QUELQUES TEXTES

 

 

                   Jeu d’amour

 

                   Dans l’intimité de la nuit

                   je joue quand le paysage s’endort

                   chaque chose perd son nom

                   en leur absence je travaille à l’amour

                   j’empoigne la poussière des étoiles

                   leur incandescence

                   pendant que sur les tuiles

                   brûlent les constellations

                   en rêve chutent les étoiles filantes

                   la voie lactée s’accoude à la fenêtre

                  

                   ***

 

                   Macadam

 

                   Un ciel bas tranche sur la mer

                   de son bleu enrobe la ville et les amants

                   qui aspirent l’haleine du      souffle

                   élan des lèvres polies par le vent

                   les oppositions se dissolvent

                   ruissellent dans les caniveaux la peau flamboie

                   une fois la femme une fois l’homme

                   un son diffus pénètre le soir et une odeur de chanvre

                   depuis que je suis où je suis

                   je n’écoute plus mes semblables

                  

                   la masse trébuche s’émmêle dans les accidents

                   une série d’équilibre précaires

                   qui résiste au rythme interrompu

                   tomber et rebondir je connais le modèle

                   et les couleurs perdant leur tenue

                   tantôt je bute sur les bosses d’asphalte gonflée par

                   la chaleur tantôt mon pied emprunte les traces molles

                   y rentre en sort  comme on passe une porte

                   ma main saisit mon front glisse plus bas lisse mon ventre

                   une femme rit d’une gorge rauque

                   renverse la tête sa robe froissée entre les doigts de l’amant

                   la foule se disperse la circulation ralentit

                   je perçois l’odeur des égouts je préfèrerais plutôt danser

                  

                   la mer et l’horizon se mêlent

                   les couleurs et les formes se fondent en harmonie

                   mais je suis trempée de sueur

                   de devoir adapter les mots à mon corps

                   à la ville à la poussière à la saleté et au plaisir

                   sur les murs le vernis de ma peau

                   le ventre pointe le sexe

                   une composition-confetti

                   mon visage se détend comme la terre appelle l’eau

                  

                   ***

 

                   Pour une poète

                  

                   Trouver le portail

                   jusqu’aux lieux des mots

                   leurs failles

                   leurs tailles

                   une forêt de crevasses

                   le poids de la langue

                   sur une balance

 

                   ***

 

                   Transit

 

                   Le soir je suis là

                   quand tu mets ta main

                   sur mon visage

                   et dans mon poème

                   tu veux entrer

 

                   les nuits s’oublient l’une l’autre

                   à la pointe du jour

                   entre nous et les rêves

                   une lueur de cendre

                   l’aurore

                   parmi nous disparue

 

NICOLAS ROUZET

 

Né en 1970. Enfance à Dunkerque.NR photo.JPG

Sa mère enseignante lui transmet le goût des lettres (et le goût du Beau partagé avec son père décorateur). Les parents se séparent vite. Encore enfant, il croise Pierre Dhainaut à des vernissages; se familiarise avec la peinture flamande et l'oeuvre de Paul Delvaux, avale des kilomètres de films dans un ciné-club.

"Quand on aime, il faut partir" (Blaise Cendrars)

A 18 ans Nicolas Rouzet se retrouve matelot à Mururoa. Au retour, études d'Histoire de l'Art à Paris, années de formation esthétique et spirituelle, de deuil aussi. En 2000, s'installe dans les Cévennes avec son épouse, y naîtront deux enfants. Rencontre Jacques Gasc qui l'encourage à écrire.

2006, arrivée à Marseille où il rencontre Dominique Sorrente, Marie-Christine Masset, André Ughetto, Leonor Gnos. Lit les poètes russes et se met à l'apprentissage de leur langue. Publie des notes de lecture dans la revue Phoenix.

 

Liens

www.recoursaupoeme.fr/poètes/nicolas-rouzet

https://sites.google-com/site/revuepaysagesecrits/archives/numero-24

www.cequireste.fr/nicolas-rouzet/

www.scriptorium-marseille.fr/tag/nicolas+rouzet

 

Bibliographie

Au seuil de la demeure, Encres Vives, 2004

Le refuge inachevé, Encres Vives, 2007

L’envers du décor, Encres Vives, 2009

Le voyage sans retour de Juan Martinez, E.V, 2009

Le silence de madeleine, E.V, 2009

La ville est autre, E.V, 2009

La chartreuse de Sélignac, E.V, 2011

La visiteuse, éditions MLD, 2011

Il fait tard dans ma nuit, La Porte, 2013

A l’approche d’Agnès et d’Ermessen, E.V, 2014

Le testament de Qu Yuan, E.V, 2014

Terminus Nord, La Porte, 2016

 

Anthologies

Cent poètes de Méditerranée, Jacques Basse, Rafaël de Surtis

Visages de poètes, tome 2, Jacques Basse, Rafaël de Surtis

Portrait de groupe en poésie, le Scriptorium, éd. BOD

Accordez-on ( 15 ans du Scriptorium )

 

Ma bibliothèque

Pierre Dhainaut - Anna Akhmatova - Ossip Mandelstam - Marina Tsvetaeva - Dostoïevski - Jean Malrieu - Baudelaire - Blaise Pascal - Louis Calaferte - Ivan Bounine

 

 

 

La visiteuse

(extrait)

 

Malheureusement, même en ce lieu où je suis venu tenter de fuir ma "Visiteuse", d'infimes détails, mes itinéraires les plus ordinaires, me ramènent sans cesse à sa pensée et au souvenir du printemps que nous avions passé ici.

Ainsi je n'ai pu m'empêcher de reprendre ce même chemin bordé de ronces, cette année couvert de mûres malgré la saison tardive. Le jus bleu-rouge abandonne sur mes doigts égratignés un arrière-goût amer...

Il y a dans l'air la même douceur que l'année où je me promenais avec elle, sur ce sentier d'épineux où elle allait avec insouciance, dans une robe légère dont la blancheur faisait triompher le hâle de sa peau. Autour de moi, j'observe les mêmes chuchotements intimes, froissements d'ailes parcourant les taillis... Vers les crêtes, on entend la rumeur de troupeaux invisibles : cette année-là, ils partaient; aujourd'hui, ils reviennent.

Alors que nous marchions dans toute cette blancheur, un peu enivrés par la transparence du printemps, nous fûmes surpris par des traînées de corbeaux qui s'ébrouaient en nous fixant de leurs petits yeux insolents; ils s'agitaient dans un mouvement de cendres, d'ailes charbonneuses. Le chemin de ronces aboutissait vers une clairière de buis. Là nous attendait une charogne, un délicieux festin de puanteur. L'animal grouillait, exhibant sa toison vers le ciel, les jambes en l'air comme une femme lubrique. Tout m'apparut alors d'une beauté suspecte, insupportable, dans ce paysage trop vert, d'une douceur hypocrite; je regardais avec dégoût les collines odorantes, les hautes prairies caressées par les vents...

Editions MLD, 2011

 

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Concert de carillons

                                                                           à Jacqueline et Pierre Dhainaut

 

 

          Hors de ses gongs

 

          L’horloge

          sonne encore

          Mais l’ombre se détache

          de son corps

 

          Que l’on se taise

          ou que l’on parle

          tout passe par le silence

 

          Chaque instant s’entraîne

          pour un instant

 

          Mais que craignons nous?

 

          à l’écoute

          de ces beffrois solitaires

          d’où le vent rogne

          les concerts des carillons

 

          Cette mélodie

          l’air y tremble

          qui connaît tout de nos misères

          de la perfection du monde

 

          (paru dans Diérèse numéro 66  merci à Daniel Martinez )

 

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                                                     Je marche de nuit

 

        Je marche de nuit

        sur ce mauvais chemin

        sans repos

 

        Je ne peux dormir

        tant mes rêves

        sont feux de broussailles

        chevaux fous qui renâclent sans trêve

        sous les ordres de ce capitaine cruel

 

        (ma conscience absente)

 

---

Crédit photo : Olivier Rouzet

HENRI TRAMOY

          Né en 1949 Henri Tramoy est probablement venu à l’écriture à travers les propositions de professeurs de lettres investies parfois jusqu’à l’absurde. Une enfance en milieu très modeste où on ne lit pas de poésie. Pourtant, dès l’adolescence, les textes d’Aragon et de Bernard Vargaftig l’accrochent. Par imitation du premier, il explore des thèmes propres à l’adolescence mais limite alors son écriture au « quelque chose à dire». Avec parfois quelques actes de résistance.

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Il publie d’abord en revue. Il adhère à un mouvement d’éducation nouvelle, inventeur en France des ateliers d’écriture. Cette rencontre va renverser son rapport à l’écriture et lui donne accès aux travaux de théoriciens comme Jean Ricardou, les frères Petitjean, Claudette Oriol-Boyer, l’Oulipo et plus tard Jean-Marie Gleize. Il participe à ce mouvement qui vise à inviter à l’écriture les personnes qui ont été spoliées du pouvoir d’écrire. Là encore il est en résistance contre le modèle scolaire dominant. L’écriture est un pouvoir que les scribes n’aiment pas partager.

En 1986 il crée, avec cinq autres poètes, la revue Soleils & Cendre puis une maison d’édition associative. Il crée aussi une revue bi-hebdomadaire de textes adossés à l’actualité : Vendredi Noir.

Depuis 2011, il travaille à la publication de tous ses textes. Trois volumes sont parus à ce jour.

Il anime des ateliers d’écriture depuis 1980 et a participé à la formation d’animateurs.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

En revues :

Soleils & Cendre ; Cahiers de Poèmes ; Vendredi Noir ; Révolution ; Arc en Seine ; Souffles ; Filigranes ; Le MagaZin d'Alimentation ; L’Arche d’Ouvèze ; Digraphe ; Sortie de Secours ; Traversées ; Voix d’Encre ; L’Arme de l’Écriture ; Bacchanales ; La lettre de S ; Revue des Archers ; Le Scriptorium (site)

 

Recueils de poèmes :

"Pour un possible jaillissement", (postface à F. Rolland, Mes cinquante ans de peinture), Ed. de la Vieille Tour, 1990.

Bruits d'hommes, altérité (recueil de poèmes) - éd. TextIMus, 1992.

Ta voix couchée au-dedans des moissons éparses -  Mention-prix aux 54è jeux méditerranéens (Cie des Ecrivains Méditerranéens - 1996) - Ed. “Les Solicendristes”, 1997

Mistral (poème) - éd. Encres Vives, coll. Lieu, 1997.

Le rêve de Zinzi (poème) - éd. Les Solicendristes, coll. Le texte est un millefeuille, 2000.

Bref traité de dégrisement (avec Marc Rousselet), éd. Cousu Main, 2007

Faits et défaites en août, éd. Les Solicendristes, coll. Le texte est un millefeuille, 2008

Ana accordé au gramme, livre d’artiste, 2010

Mots d’Humanité, livre d’artiste, 2010

Écrits poétiques rassemblés, vol 1, Presse&cousoiR, 2011

Vers l’épure, collages et textes, livre d’artiste, 2011

Écrits poétiques rassemblés, vol 2, Presse&cousoiR, 2012

Et nous avons planté l’érable, Presse&cousoiR, 2013

Te voici à l’orée de tes vœux, Presse&cousoiR, 2014

Écrits poétiques rassemblés, vol 3, Presse&cousoiR, 2014

Il a participé à trois anthologies et a publié, en revues, divers écrits théoriques sur l’écriture.

 

 

QUELQUES TEXTES

 

D’UN CHEMINEAU DES MOTS

 

On me dit éclaireur

dans l’épaisseur de mes épreuves je suis allocutaire du vide où j’erre à la conquête de mes erreurs

 

On me croit conquérant

exportant mon époque aux rives de contrées étranges j’épouse des étoiles la rumeur polaire j’espionne la luminosité des gouffres

 

Me voici arpenteur des imaginaires à venir et j’épèle jusqu’à l’épure l’éraflure de l’érable

sur mes épaules flotte un parfum d’inconnu

 

On me prête l’audace

j’adopte la posture intrépide du découvreur mais ne suis qu’opérateur de mots et locuteur timide

j’extrapole.

 

HT - 2016

 

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LE SATIN DE TA LANGUE

 

 

Le satin de ta langue joue

animale complicité

perfection souple et sauvage

aux fondantes politesses  

 

C’est comme une attention brève

où s’avoue l’appétit

qui s’attarde en moi  

 

Cette emprise chaleureuse

s’y mêlent ventre et cri

à l’arrondi de mes chimères

éprise

tu nous fais libres en nos élancements

et reste la seule

aux dimensions

de la rencontre éprouvée    

 

HT - 2008