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23 juin 2012

Nous regardions du haut des rochers rouges la mer

 

Des doigts solaires tendent une main
à ton dernier instant surhumain :
c'étaient les doigts qui tremblaient parmi les
herbes agitées et les riches ombelles
d'un haut plateau ; les uns renvoyaient
en arrière la mer sur une rive ; les autres
corrigeaient tout à coup une dérive.


Tout dans un humain qui ne semble pas
tel, perdu après le talisman
perdu par ton regard sur les rochers
rouges : il faisait froid ; la vague hurlait, écueil
écumeux dans les criques qui poussaient
toujours plus loin notre voyage :
Anthéor était déjà un ante hoc...

 

Maintenant il est ici, dans la violence féroce
de la mort qui peut-être se défend,
je pense, du tremblement liquide de la vie
dans son seau agité.
Tu le portais, tu le portes, près du feu :
il est transparence, jeu du destin
qui a perdu la partie : un seau flamboyant

 

près de ce limpide ou déjà rauque ?
écoulement de ce qui ne s'imagine pas parce que
il n'a pas d'image. L'ennemi a disparu,
même l'horizon qui fut ami
de nos cris : ici dans l'air épais
quelque chose s'attarde dans le foisonnement
solitaire de l'amour avec lui-même.

 

Piero Bigongiari, extrait de Ni terre ni mer, Orphée La Différence, 1994 
(édition bilingue, traduit de l'italien par Antoine Fongaro) 

 

roches rouges.JPG

 

GUARDAVAMO DALL'ALTO DE LES ROCHERS ROUGES IL MARE


Dita solari porgono una mano
al tuo ultimo istante sovrumano :
erano quelle che tramavano tra le
erbe agitate e le felice umbelle
d'un altipiano ;  quelle rimandavano
indietro il mare su una riva ; queste
correggevano a un tratto una deriva.

Tutto dentro un umano che non sembra
tale perduto dietro il talismano
perduto dal tuo sguardo sulle rocce
rosse : era freddo ; l'onda urlava, scheggio
schiumoso nelle cale che portavano
sempre più lontano il nostro viaggio :
Anteor era già un ante hoc...


Ora è qui, nell'impeto feroce
della morte che forse si difende,
penso, dal liquido tremare, dentro
il suo secchio agitato, della vita.
Lo portavi, loporti, presso il fuoco :
è trasparenza, giuco del destino
che ha persoil giuoco : un secchio fiammeggiante


accanto a questo limpido, o già roco ?
fluire di ciò che non s'immagina perchè
non ha immagine. Scomparso il nemico,
persino l'orizzonte che fu amico
dei nostri gridi : qui nell'aria spessa
qualcosa si trattiene nella ressa
solitaria che amore ha con se stesso.

12 febbraio  1984

Piero BIGONGIARI, tratto da la raccolta COL DITO IN TERRA 

 


 

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