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22 mai 2011

Poèmes Au fil de l’eau

 

Il y a dans la campagne une pluie qu’on ne sait

pas lire encore, elle n’a pas commencé à tomber

mais déjà, elle fait refermer le livre des malheurs

dont on n’a su qu’effeuiller les pages.

 

À peine

cette pluie entrouvre-t-elle

une ancienne monotonie qui vient avec le soir

et cela suffit

aux manières d’oiseaux,

au chemin qui part devant soi ravir la lumière.

 

 

 

oiseau de pluie.jpg

Source 

  

 

Sous le pont de Peut-être

 

 

Peut-être écrivons-nous

sans cesse

une scène d’avant le déluge,

 

ou bien un récit

qui s’emploie nuit et jour

à déchiffrer la source,

 

ou bien encore une tribu de fantaisies

à multiplier les alibis

au creux des eaux dormantes.

 

Peut-être écrivons-nous en goutte à goutte

pour ne pas désespérer de trop

la liturgie du vert.

 

Peut-être écrivons-nous

sous le tumulte des rivières,

sans faire attention au niveau

qui descend, qui descend.

 

Peut-être écrivons-nous en polissons indignes

pour tirer la nappe phréatique

à la barbe des prévisionnistes.

 

Peut-être écrivons-nous

pour rejoindre l’exact partage des eaux

entre l’insignifiant et le décisif.

 

 

 

Peut-être écrivons-nous

pour atteindre le lac

dans sa gloire anonyme.

 

Peut-être écrivons-nous

pour nous désengorger,

pour nous désaltérer,

pour nous offrir la poire

jusqu’à plus soif.

 

Peut-être écrivons-nous

pour ne plus nous baigner deux fois

avec Héraclite

dans le même fleuve pollué.

 

C’est autant de raisons pour quoi

les fronts des auteurs que nous sommes

parfois

ruissellent.

 

Dominique Sorrente 

 

 

Partage des eaux.jpg

Source

Le Partage des eaux

 

 

le seuil délivre l’eau en partage le sens de belles stries j’étais ici un soir je me souviens du vent des sorties familiales du poète ses mots ceux qui allaient par barques poussant de longs bâtons dans le courant

sortie il y a peu du roc en gouffre avide et résurgent en bascules comptables des millénaires et des fournaises nues fumées des matins neufs porte entrouverte vers midi et le soleil crissant d’oiseaux énigmatiques

hommes qui marchent d’un pas simple qui mangent à leur table qui parlent car il faut dire les distinctions notables de la beauté des eaux en deux cours dévolus être la fonte des massifs des maquis la dilution des fugues en cascades le cours le glissando d’algues et de fraîche envie

c’est le soleil musqué les renoncules et le doux et le frais et l’ample déraison qui s’ébrouent vivement à l’arrondi des plaines

c’est moi c’est toi l’aube et le crépuscule l’étoile le désir bleu l’eau sans cesse issue de nous qui délivrent des maux

 

 

Olivier Bastide

 

 

 

>> Détour en poésie aussi ICI 

Commentaires

AU FIL DE LA LARME

Aucun lac ne connaît
De partage des eaux
En-dessous des vagues
Qui agitent l'océan
De tous les désirs

L'air saturé de peut-être
Respire en souriant
Tandis que s'envolent
Les présomptions de culpabilité
Et leurs ailes décharnées

Aucune urgence n'attend
Au fond des auteurs présumés
Tandis que perle une larme
Sur le front de l'acteur
Et de son parabellum

Écrit par : gmc | 01 juin 2011

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