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20 octobre 2021

RETOUR DE CARAVANE POÉTIQUE : UN RÉGAL AU FIL DE L'EAU !

"Au fil de l'eau nous caladâmes

de pierres sèches en arbousiers et récitâmes

en caravane sur la drai de Saumane" E.S.

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Voilà encore une bien belle édition de la Caravane Poétique du Scriptorium hors les murs (notamment guidée par les maîtres en la matière Dominique Sorrente et Olivier Bastide) qui s'est déroulée le 09 octobre dernier en partenariat avec l'association Pierre Sèche en Vaucluse (Danièle Larcena) dans le cadre de la manifestation Trace de Poète (Nicole Mignucci). Poètes et marcheurs marchèrent et poétisèrent au fil de l'eau et sous un soleil radieux, en goûtant l'histoire du paysage environnant le château de Saumane en Vaucluse (fief de la famille du Marquis de Sade qui y séjourna pendant son enfance), histoire contée de main de maître par Danièle Larcena.

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De larmiers en murs en clavade, de chemins escarpés sous ces roches appelées "peau d'éléphant" en forêts verdoyantes, chaque halte au cœur du Vallon de la Tapy fut l'occasion d'offrir un texte choisi, poème personnel ou poème d'un auteur aimé, découvert ou retrouvé pour l'occasion. Gabriela Mistral (autrice chilienne, Prix Nobel 1945) ; Claude Roy ; Eva-Maria Berg ; Ovide ; Aragon… Et haïkus rédigés en marchant au fil de l'eau par Claudine Baissière accompagnée de sa fidèle camarade de randonnée, Elfie.

 

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Le traditionnel pique-nique, cette fois sur les hauteurs, fut le moment de reprendre son souffle, partager les mets, et faire plus ample connaissance dans la douceur de l'été indien. Avant de repartir sous la roche, magnifique habitat troglodyte restauré par l'association Pierre Sèche en Vaucluse, pour échanger encore quelques textes mis en valeur par une acoustique de premier choix. À cette occasion,  furent lus en écho par Emmanuelle Sarrouy et Marc Ross deux textes écrits en hommage à Sophie Vallon, autrice, animatrice d'ateliers d'écritures (l'Antre Parenthèse), et grande amoureuse des mots et de la littérature dans son ensemble, disparue récemment.

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Il fut ensuite temps pour les caravaniers de tracer un double chemin. Les plus courageux continuèrent encore à grimper avant de redescendre sur le village. Les autres redescendirent tout doucement vers Saumane pour aller prolonger encore un petit moment l'aventure à la terrasse du café qui s'offrait à eux ! Histoire d'échanger et de prolonger le geste poétique, quelques mots saisis au vol pendant la marche furent lancés, et le défi fut proposé d'écrire quelques lignes à brûle pourpoint. Jolie et joyeuse récolte à n'en point douter ! (merci d'ailleurs à celles et ceux qui le veulent bien de nous renvoyer leurs textes).

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Il fut ensuite temps de se séparer jusqu'aux prochaines retrouvailles !

 

À noter sur vos tablettes:

Le 10 novembre à Marseille, à l'Atelier de la Photo (100, bd Jeanne d'Arc 13005 Marseille), Nuit des Poètes et des Poétesses organisée par Claudine Baissière.

 

Et le 13 novembre, à Marseille également, librairie-galerie des Arcenaux, "Une revue, un auteur"-première rencontre de ce format, organisée par le Scriptorium avec la Revue des Archers (éditions Titanic Toursky) et avec l'autrice Michèle Dujardin . Nous en reparlerons bientôt…

 

Au plaisir évident de vous retrouver !

Anne Lofoten

 

Je me souviens des gestes
et c’était pour me donner de l’eau.
Dans la vallée du Rio Blanco,
où prend naissance l’Aconcagua, je vins boire,
je bondis boire dans le fouet d’une cascade,
qui tombait chevelue et dure et se rompait rigide et blanche.
Je collai ma bouche aux remous, et cette eau sainte me brûlait,
trois jours durant ma bouche saigna de cette gorgée d’Aconcagua.

Dans les terres de Mitla, un jour
de cigales, de soleil, de marche,
me penchai sur un puits, un indien
vint me soutenir dessus l’eau, et mon visage, comme un fruit,
était dans le creux de ses paumes.
Et je buvais ce qu’il buvait,
c’était sa face avec ma face,
et dans un éclair je sus que
la chair de Mitla était ma race. 

Dans l’île de Porto-Rico,
lors de la sieste emplie de bleu,
mon corps paisible, les vagues folles,
et comme cent mères les palmes,
une fillette, par jeu, rompit
près de ma bouche un coco d’eau,
et moi je bus, comme une enfant,
cette eau de mère, cette eau de palme.
Tant de douceur jamais n’ai bue
ni de mon corps ni de mon âme. 

À la maison de mes enfances
ma mère m’apportait de l’eau.
Entre gorgée et autre gorgée
je la voyais dessus la jarre.
Plus la tête se relevait
et plus la jarre s’abaissait.
Cette vallée, je l’ai toujours,
et j’ai ma soif et son regard.
Ce serait là l’éternité qu’encore
nous sommes comme nous étions.

Je me souviens des gestes
et c’étaient gestes pour me donner de l’eau.

"Boire", de Gabriela Mistral, extrait du recueil D'amour et de désolation, traduit de l’espagnol par Claude Couffon (ELA/La Différence 1988). 

 

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crédits photographiques © Olivier Bastide, Emmanuelle Sarrouy

 

 

07 octobre 2021

PATRICIA LE ROUX, in memoriam (16 septembre 1958- 17 octobre 2011)

 

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Regardez la nuit derrière nous,

Et voyez devant comme elle est transparente!

Les plantes d'ombre étendent leurs branches vers le jour.

 

Il fait céleste par devant, criez-le mais criez-le !

Même la mort ne coupe la pente où nous montons,

Ne perdons pas le souffle comme des adultes,

C'est l'enfant qui s'envole en nous!

 

                           Patrice de la Tour du Pin

                          ( Hymne, Petite somme de poésie, 1957)

 
 
Look at the night behind us,
And see before us how transparent it is!
The shade plants stretch their branches towards the day.
 
It is heavenly in front, shout it out but shout it out!
Even death does not cut the slope we climb,
Let us not lose our breath like adults,
It is the child who flies in us!
 
Patrice de la Tour du Pin
(Hymn, Little sum of poems, 1957)
 
translated by Cynthia Sikorski 
 

Patricia Le Roux ( 1958-2011) est né à Lyon. D'un père provençal, d'origine italienne et polonaise, et d'une mère écossaise. Elle a vécu son enfance au Tholonet, le pays de Cézanne, près d'Aix-en Provence. Ses études la conduisent à la faculté de médecine de Marseille en médecine générale, puis médecine du travail et pédiatrie. Elle marque une prédilection pour les stages au service des urgences, ainsi qu'à la caserne des pompiers d'Aix en Provence.

  

Elle exercera, par la suite, en pédiatrie en cabinet libéral à Marseille, d'abord sur le rocher de Samatan, puis à l'entrée du vallon des Auffes, entre 1991 et 2011. Parallèlement à son activité de praticienne, elle va développer une action au niveau politique et syndical, tout en approfondissant son travail de recherche en homéopathie dont témoignent ses publications. De 2000 à 2011, elle est secrétaire générale de l’ECH (Comité Européen pour l’Homéopathie) à Bruxelles. Elle est également le vice-président du SNMHF (Syndicat National des Médecins Homéopathes Français).


Elle enseigne régulièrement dans toute l’Europe comme membre de l’équipe des European flying doctors, créé par l’ECH.

À Marseille, elle devient responsable du Comité éthique (Ethics and Europe) du Centre hospitalier universitaire où elle travaille dans le service d’oncologie pédiatrique.


Elle fera aussi partie du groupe C.h.u.m.s  qui étudiait la Matière Médicale. Elle participera ainsi régulièrement aux travaux de l’école de Fréjus, dirigée par Didier Grandgeorge, qui avait été son professeur durant ses études à l’hôpital de Marseille.


Elle a publié de nombreux ouvrages dont « Homéo et Juliette », préfacé par le poète Dominique Sorrente, ouvrage écrit pour le grand public et les patients, et qui contient une étude complète sur les remèdes de la famille des Lacs. Elle a publié un travail important sur les Acides, « L'énergie homéo-hydrogène » traduit en anglais et en allemand, contenant des cas cliniques aidant à mieux comprendre les 27 Acides présentés. On lui doit aussi plusieurs articles dans le journal Links, où elle fut responsable des publications françaises, et dans Spectrum of Homeopathy. Son dernier ouvrage est un travail novateur sur les Actinides.


Patricia Le Roux était depuis 1983 l'épouse du poète Dominique Sorrente avec qui elle a eu 4 enfants.

Elle est décédée le 17 octobre 2011, à la suite d’un tragique accident sur la voie publique à Paris.

Le 17 octobre 2021, dix ans après son décès, un hommage particulier lui a été rendu à l'église Saint-Eugène d'Endoume (Marseille 7°).

 

 

01 octobre 2021

LA REVUE DES ARCHERS 38ème salve en poésie...

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couverture du numéro 38 de la revue des Archers (peinture Richard Martin)

 

  Bonne nouvelle: le numéro 38 de la revue des Archers est à présent sorti des presses! De quoi se réjouir et marquer...le début d'une vraie récréation...nerveuse, combattive, pleine de surprises. Et des rafales d'émotions.

  L'édito d'Henri Frédéric Blanc donne le ton avec verve et humour qui n'exclut pas le goût de ferrailler.  "Depuis vingt ans, la Revue des Archers résiste à la normalisation des lettres. Elle évolue sous les radars de la police de la pensée, une furtivité garante de la liberté"...

 

  Le sommaire de la revue ( autre excès du genre) se retrouve en page ...19. Et il mérite l'attention. On y trouve, selon la loi joyeuse de la revue des textes d'auteurs dits confirmés avec des voix résolument nouvelles qui trouvent ici leur premier terrain de compagnonnage. Des textes d'auteurs disparus aussi et des écrits d'auteurs...à naître.

  Symbole de ce numéro, la couverture ( et la quatrième) où l'on trouve un portrait réalisé par le comédien et directeur du théâtre Toursky, Richard Martin, lui-même, peint à l'âge de tous les possibles. "Au carnaval de la vie" (Emmanuelle Sarrouy), tout peut advenir, semble dire ce numéro. De la fréquentation de l'abîme (Coline Marescaux), à l'évocation de la flamboyance intérieure du Caravage (Thérèse Dufresne), de l'épreuve du Hors-sol scolaire (Isaline Dutru) à la rencontre du Poisson d'avril (Dominique Sorrente). En proses autant qu'en poèmes - et ici les distinctions n'ont guère de sens - les propos sont toniques et sensibles.  S'il y a une "course effarante à l'inanité" (Jean-Pierre Cramoisan), la revue a trouvé entre autres parades le "Banzaïoli!" (Henri-Frédéric Blanc). Mais sans jamais taire ce qui donne à tous ces textes une authenticité réelle. Témoin le "Mémorial pour nos cent mille morts" de Marc Ross.

  "Seule la folie donne de l'éternité aux mots" a écrit superbement François Baldo, disparu en 2017. Et son "Carnet de bord vers l'infini" nous emmène loin. Et ici, maintenant, où la vie se prolonge Par l'ombre d'une fenêtre (Marjolaine Heeg).

  Il y a un parfum de métaphysique par la bande dans ce numéro 38 de la revue des Archers qui ne se lit pas d'une seule traite mais texte après texte. En dégustation rare. 

  La revue des Archers a plus de vingt ans maintenant. Et elle poursuit sa route, notamment avec le soutien de l'association des Amis de Richard Martin. Mais comme toute revue littéraire, elle a besoin de lecteurs. Le numéro coûte 15 euros. Et on peut s'abonner pour 25 euros (France), 30 euros (Étranger). Le règlement est à faire à l'ordre des éditions Titanic-Toursky, 16 passage Léo Ferré, 13003 Marseille.

Pour tout contact: revuedesarchers@gmail.com ou editionstitanictoursky@gmail.com

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quatrième de couverture -peinture Richard Martin

  La revue sera présente au festival du livre de Mouans-Sartoux (2-3 octobre), puis lors du vernissage de Marjolaine Heeg au théâtre Toursky, le 5 octobre, à 18h. On la retrouvera au Marché de la poésie de Paris du 21 au 24 octobre.

  À Marseille, à la librairie-galerie Jeanne Laffitte - Les Arcenaulx, le Scriptorium organise un temps de rencontre "Une revue, un auteur" le samedi 13 novembre à 18h. Première partie: la revue des Archers, deuxième partie:  Michèle Dujardin.

Autant d'occasions de découvrir et de partager. 

"Rue des Treize escaliers

une vie ça passe vite..."

dit la mélodie d'un poème de Francis Kaigre.

Ça passe si vite qu'il faut sans attendre  saluer la revue des Archers, la faire connaître et reconnaître.

 

                                                   Anne Lofoten

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Sommaire du numéro 38 de la revue des Archers

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Photo de Carole Laura Ecuer (incluse dans le numéro 38 de la revue des Archers)