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JACQUES LOVICHI ( 1937- 2018) en son DÉFINITIF PROVISOIRE

 

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Ô barbara furtuna…

Lamentu

 

à Frédéric Jacques Temple

Dépossédés

là-bas          bien au-delà de la crête des vagues

franchis le ciste et l’arbousier

la combe d’où s’enfuit le merle des légendes

là-bas          après les cols aux rousseurs de perdrix

après les bergeries aux toits couverts de ronces

après les oliviers     les châtaigniers     les sources

tout un peuple s’endort sous la mousse du temps

 

                                         ( extrait de Mourir dans l'île - Les derniers retranchements, Le Cherche-Midi 2002) ) 

 

Écrivain corso-provençal d'expression française, comme il aimait à le dire, Jacques Lovichi a levé l'ancre, le 18 novembre 2018.

 Avec ses airs de Capitaine Haddock, brouillant les pistes entre la Corse et la Bretagne, sa connivence hors sol avec quelques maudits comme Germain Nouveau ou Christian Guez Ricord, son amitié obstinée pour quelques poètes majeurs, et au premier rang Eugène Guillevic, sa façon de saluer du poing en appelant du côté de l'autre rive, Jacques, le solitaire farouche,  avait pris sa part de défi collectif. Ce fut d'abord  le groupe expérimental d'Encres vives, puis la revue Sud, puis plus tard encore, Autre Sud, et la revue des Archers. C'est dans ces aventures éditoriales que nous nous rencontrions, tout comme Jean-Max Tixier, son complice, et Yves Broussard, le timonier capitaine. 

 

Dans une de ses malicieuses dédicaces dont il avait le secret, Jacques avait complété le titre « Derrière c’est toujours la mort » par une formule au crayon « …mais devant, c’est encore la vie ». C’est ainsi qu’il faudra, au-delà de la légitime émotion du moment, lire les livres de Jacques Lovichi, découvrir ou retrouver une oeuvre complexe, ardente et obscure à la fois, toujours en mouvement ( romans, poésie, chroniques de théâtre...) qui témoigne d'un engagement littéraire intense, et plus encore d'un combat avec l'ange aux multiples reprises. 

 

Une porte a claqué sur le « Définitif provisoire », livre paru en 1980 dans la collection Sud.

 

Il est temps d’apprendre à écouter la voix qui dit « l’inépuisement du sujet ».

 

 On peut retrouver une belle évocation de "l'enivrante tristesse de vivre" de Jacques Lovichi dans une note que Françoise Donadieu, qui fut sa confidente, nous avait confié au Scriptorium.

http://www.scriptorium-marseille.fr/tag/jacques+lovichi

 

Hommage sera rendu à Jacques Lovichi et Yves Broussard, au début de la prochaine Veillée du Scriptorium  , le samedi 8 décembre.

 

 

                                                                                     Dominique Sorrente

 

PS: À signaler la belle page écrite en hommage par Angèle Paoli sur le site Terres de femmes et le poème de Jacques Lovichi in extenso dédié à Frédéric Jacques Temple: https://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2018/11/jacques-lovichi-mourir-dans-l%C3%AEle-lamentu.html

 

Livre Derrière c'est toujours la mort.jpg        

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