24 juillet 2009

Un mot à la commissure

 

Lucarne Ste-Victoire_PB.jpg

 

 

 

 

 

 

Lucarne – là tout en haut

comme carte blanche  logée au bout des pensées -

ce trou qui avale goulu

sa quinte de ciel

                cap bleu vers l’étoile

                rai de bleu sous lunule

                soupir à bleuir la mue des jours 

                mais encore

                bleu talisman, œuvre de promesse

 

 

Lucarne - traverse des jours de plomb

quand veillent au logis les dieux lares

c’est sagesse contre néant,

euphorie de parole contenue

dans l’agrément du silence

 

 

Comme une cabalette

évadée de l’opéra du vent

 -  aimable facétie d'un ciel toscan

  qui porte l’incidence du verbe croisé en chemin –

ils filent par la lucarne  

ces propos erratiques

qui viennent mûrir  plein champ sous l’été.

 

 

À l’aube, sur les claies du grenier,

mots  engrangés pour la saison.

 

 

Sous lucarne de plus belle,

nés de main légère

un essaim minuscule de propos sans façon.

L'escrimeur amusé  chahute,

s'obstine à la lettre,

fraye une à deux chroniques de l’absurde.

 

 

Il faudra faire route longtemps, jusqu’au terme

d’une lucarne recto–verso : sur l'écriteau,

cette idée saugrenue de l'inouï à ouvrir.

Vouloir pour trace

le vol adventice de l’oiseau, 

et vite,  inverser l’ordre des présages.

 

 

Dans le cercle inaltéré des solitudes,

chacun unit sa loi au tranquille soulèvement

d’un monde à peupler.

 

 

 

Valérie Brantôme

 

12 juillet 2009

Coudoux : le chapitre est écrit

 

lect_Coudoux.jpg

 

Un 4 juillet à plusieurs visages: à Monaco, ce sont les premiers coups de pédales du Tour de France cycliste. En Suisse, on apprend la mort du président mécène de l’Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus. Les Etats-Unis d’Amérique célèbrent l’Independence Day…C’est ce jour-là que le Scriptorium a tenu Chapitre, à Coudoux, entre cris de cigales, bouffées d’air chaud et jazz nougaresque, en hommage aux cinq ans de la disparition du chanteur.

 

Temps studieux de la matinée propice à la mémoire des années passées, à l’évocation des instants intenses ou précaires, à la qualification des projets en cours, au rassemblement des énergies, en prévision d’une saison prometteuse. Puis ce fut l’heure du gâteau des dix ans où le souffle commun des poètes fut gentiment mis à l’épreuve.

Ralentir-travaux.jpgL’intervalle, cette formule spécifique des réunions intra-muros des scripteurs, qui avait été baptisé « ralentir, travaux » fut l’occasion de croiser lectures et écoutes. « Ralentir, travaux », en clin d’œil à l’exercice commun pratiqué par le trio Char, Eluard, Breton en leurs jeunes années ; « Ralentir, travaux » pour signifier aussi le tempo revendiqué par le Scriptorium, dans son aventure de sémaphore fantasque, alternant fulgurances et retraits, surgissements et décélérations…

 

C’est encore en « Poèmes pour garder le tempo » que fut donné le ton jazzy de la soirée.

Dans le superbe parc du château de Garidel, dévolu aux Estivales, ce temps fort de la vie culturelle de la Commune, le Scriptorium fut invité à proposer ses voix de poésie, en solo ou en chorus, entre timbres de l'ensemble Nougarue et accents d’opérette. Il faut saluer ce beau geste de confiance, préparé de longue date par notre hôtesse coudoucenne, Geneviève Bertrand qui partagea avec les autres poètes (Jeannine Anziani, Béatrice Machet, Patrick Druinot, André Ughetto, Dominique Sorrente ) parole solo et morceaux en chorus. Si la concurrence des cigales fut parfois déloyale, les crapauds limitèrent leurs démonstrations expansives, et les vénérables platanes se joignirent au public pour les applaudissements de rigueur.

 

Le Chapitre à trois temps pouvait se clore sur cette nuit de bel été, ouverte à tous les poèmes.

 

Rendez-vous le samedi 5 septembre à Port-Frioul pour la rentrée.