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09 mai 2009

Laurent Xavier Cabrol ~ Peindre le souffle

 

  

 

ATELIER par vent de sud-est

 

 

au peintre Laurent Xavier Cabrol,

assidû maroufleur des signes

au parc du Mugel

 

 

 

colibriN.jpg Pour Préface

 

 

D’une rive à l’autre, l’oiseau porte et ramène.

Les signes et les noms, les promesses de nids.

Il est celui qui  toujours relie.

 

L’autre rive est là qui nous regarde et se laisse regarder. L’autre rive aux gestes indistincts,

devant elle coule une mémoire de Gange avec

ses rites très anciens.

 

On la soupçonne peu.  Et pourtant elle s’offre, se laisse contempler.

 

Et peu à peu, à l’aune de ses allers-retours, on découvre que la réalité la plus sûre n’est pas celle des exercices quotidiens, mais l’horizon  qui les visite.

 

 

On se laisse entreprendre par ces signes revenus de séjours d'arrière-monde.   

On pressent qu’ il y a un peintre qui nous ressemble à la frontière de la mer.

 

En toute sympathie, j’ai mis  mes mots sur ce chemin qui  invite 

à quitter l’atelier pour mieux y retourner.  

 

DS 

 

 

 

 

cadre a-r.jpg 

 

Peintures Laurent Xavier Cabrol

         Textes Dominique Sorrente

 

 

 

 

 

 

ABRUPT

 

 

Ceci est un périple.

La fortune de l’air orientait ce moment singulier.Abrupt.jpg

 

Un passant

par vent de sud-est

est parti à l’intérieur du paysage

pour loger ses commencements.

 

Surgie au-devant de lui-même,

une trace comme une avancée

fut instruite.

 

Dehors, un aplomb posé en mer

se raconte muet  

dans l’immobilité malmenée.

 

 

 

 

 

 

FACE à FACE

 

 

Je te vois sans te regarder. 

 Face à face.jpg

De rayures en brisants,

trait pour trait,

c’est comme un rythme qui se cherche,

l’apothéose

quand elle se penche aux bords du vide.

 

Mon front est de poudre rouge.

De ma bouche ne reste qu’un morceau de langue.

Dans l’ombre de la joue

s’applique un noir qui ne m’appartient pas.

 

Tu m’as nommé en masque,

tu m’appelles en visage.

 

Et toujours là, esprit sourcier,

l’étreinte de cette nuit me creuse.

 

En moi

  loge à demeure

  le blanc de tous les yeux du monde.

 

 

 

 

 

 

DIALOGUE AU PREMIER JOUR

Dialogue au premier jour.jpg

 

 

Qui te donne de naître et renaître ?

 

O si diffus,

Si difficile à nommer, et pourtant de plain-pied

te faisant signe dans la chambre.

 

Par le bleuté du manque, 

par la tension du geste en noir qui se prépare,

un songe à deux versants

scelle ta vie. 

 

Ici, pour espérer, il suffit d'une naissance d'ailes.

 

 

 

 

 

VIRGULE ROUGE

 

 

 

virgule rouge.jpgHaltes, répétitions, percées.

 

Puis vient l’heure

où le tumulte nous déplace.

 

Ce sont les temps qui jouent en plein été

l’heure des dieux.

 

Trois signes revenus d'un feu aboli

ont pris leur place sans se parler.

 

La solitude en majesté

soudain

forme ses initiales.

 

 

 

 

 

 

 Les toiles de Laurent Xavier Cabrol sont exposées

à la Galerie Sordini à Marseille.

 

 

 

 

Cabrol cadrant.jpgIl est né le 10 Août 1955 à Oppède Le Vieux.

Études artistiques aux Beaux-Arts de Paris et d'Avignon.

Vit et travaille aujourd'hui à Oppède le Vieux dans le Luberon ainsi qu'au parc du Mugel

à La Ciotat (France).

 

CABROL, ou les fulgurances des énergies.

Construites comme des partitions de musique, les toiles de Cabrol en ont toutes les caractéristiques, des cadences aux harmonies colorées. Remarquablement équilibrées, souvent à la limite de la rupture, elles dégagent des dynamiques, hymnes aux forces vitales générant les énergies sous-tendant toute vie.

C'est une immense plénitude qui se dégage de ces travaux, comme si notre regard s'attardait sur l'équilibre de la nature. Mais c'est, en toute certitude, que l'enfance de Cabrol s'est nourrie de la terre du Luberon, de ses perspectives contradictoires et pourtant si paisibles: paysages majestueux et vastes canyons torturés.

Incontestablement, un esprit règne en maître sur les compositions du peintre qui nous fait, au détour de tel graphisme ou de telle eurythmie chromatique, quelques confidences codées : passion pour la méditation, rattachement à la mémoire, exaltation des mystères de l'intelligence et, peut-être paradoxalement, nécessité d'ordonner toute chose pour tendre vers l'inaccessible perfection.

L'ivresse est au corps ce que la peinture est à l'imaginaire, nous dit Cabrol. Et, certainement aussi, ce qu'une de ses toiles est à notre regard.

Gérard Blua