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17 octobre 2016

2 poèmes-stèles et le vent...

 

Canari.jpg

 

Tu ne m’as pas dit où tu étais.

 

Peut-être ne le sais-tu

plus, toi-même, quand tu tentes

de descendre le long de mes yeux.

 

Mais j’apprends la leçon secrète, au jour le jour.

 

Tu ne m’as pas dit où tu étais pour que j’évite de trop fixer les dalles.

 

Et aussi, pour que je continue de me laisser surprendre

par le vol d’un papillon quand il traversera,

ça ne saurait tarder,

l’autre versant de cette fin d’après-midi.

 

 

                                                                     *

 

Quand tu apparais dans ma vie,

il y a une danse au milieu de la pièce

qui me précède, et toi

qui penches déjà la tête,

tu es au centre du tableau,

tandis que le creux de l’épaule

vient peu à peu vers toi pour t’offrir

tout le repos de tes années.

 

 

Une chanson   

tourne sur son disque

l’introuvable des consolations.

 

Une toile de neige,

un fond d’enfance,

c’est la terre

où la fatigue alors n’a plus de prise,

la terre saisie dans son étoile

qui nous revient.

 

Patricia casquette.jpg

 

 

                                                                    à Patricia, cinq ans après le 17 octobre 2011

 

 

 

 

 

                  

Commentaires

Le géant sacrifié


J’étais bien au jardin avec mon Eve.
Puis il y a eu cette affaire de la pomme.

Il faisait froid dans ce nouveau pays
Et nous avons découvert la peur.
Peur des animaux, peur des vents des tempêtes
Et peur de l’éclair et du tonnerre.

J’étais loin sur cette terre. Eve vivait cachée
Et je courrais la montagne en quête de pitance.

L’orage un soir éclata, comme parfois en été.
Devant moi, la foudre emporta un arbre.
Il flambait et mourrait dans un grand manteau
De flammes oranges et crépitait, faute de gémir.

J’étais figé sur mes deux pieds, mais j’avais chaud.
Malgré la nuit, je sentais les prédateurs éloignés.

Une main se posa sur mon épaule et l’enveloppa.
Je découvris derrière moi un géant aux longs bras.
Son regard me rassura et m’invita à observer.
Saisissant un bâton, il préleva une flamme.

Le feu était outil dans sa main.
Il me le tendit et m’apprit ainsi.

Je savais à présent maîtriser cette flamme.
Je pouvais me chauffer, m’éclairer et tenir
A distance les fauves affamés de m chair.

Le géant disparu, je ne sus que plus tard
Qu’on l’avait sacrifié
A la falaise crucifié,
Il offrait ses entrailles aux rapaces

14 décembre 2016

Écrit par : Gérard BOUDES | 14 décembre 2016

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