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22 janvier 2016

LA NINA ET LE NINO : Quand Christina Rosmini chante Lorca

 

 

       évocation du nouveau spectacle

       présenté au théâtre Toursky à Marseille

      en janvier 2016

 

C Rosmini La marionnette du Nino crédit Stéphane Delattre .jpg

                                                                      crédit: Jean-Yves Delattre

                       

Épatante, Christina Rosmini. Je l’avais découverte au théâtre Sylvain à Marseille, en juillet 2013, avec sa présence tonique, ses ferveurs méditerranéennes, son art de mêler la voix et la danse, la douceur et l’intensité, ses façons espiègles, fruitées, mêlés aux mémoires douloureuses venues d’Espagne, d’Italie, d’Algérie. Femme de tous les rivages comme l’annonce le titre de son précédent album, elle revient aujourd’hui pour célébrer la poésie de Federico Garcia Lorca, ce « niño » fantasque, poète étincelant au destin tragique qui fut abattu il y aura bientôt 80 ans à Grenade, sa ville de cœur.

 

Ici dans un décor blanc, à l’allure de théâtre de marionnettes et de coffre à souvenirs, Christina Rosmini nous offre un étonnant défilé de figures qu’elle incarne, une à une, depuis l’enfance jusqu’aux noces de sang, en passant par les voyages à New-York, Santiago de Cuba ou Buenos-Aires, et la jubilation des temps républicains du retour en Espagne. On croise Manuel de Falla, Savador Dali, Luis Bunuel, les personnages familiers de la vie andalouse…

 

C ROSMINI spectacle LORCA crédit Stéphane Delattre.jpg

                                               crédit: Jean-Yves Delattre

 

Dans un rythme soutenu de bout en bout, avec une délicatesse de gestes et de pas, de sourire mutins ou d’expressions tragiques, on suit la voix et le corps d’une Federico-Federica qui nous enchante. Christina Rosmini a choisi la forme du conte pour approcher cette présence, si attachante, qui fait en écho en elle et nous remue. Cela donne une évocation en poèmes et chansons, sous forme de vignettes visuelles effleurées, poèmes posés au bord d’un livre ou derrière un rideau, dans une ambiance qui revendique les couleurs, les accents, les douces provocations et les élans minuscules. Une scène pleine pour la voix parlée, chantée, dansée, superbement éclairée par la présence très sûre de la guitare de Bruno Caviglia.

 

Rien n’est laissé au hasard dans ce livre vivant d’images, ni les enregistrements sonores, ni les effets d’ombres chinoises dessinant sur le rideau les traces enfantines d’une vie offerte et arrachée. Celle d’un poète unique qui n’a pas fini de réveiller en nous le soleil du « cante jondo », l’alliance drôle et tragique du lézarde et de la lézarde.

 

Par la magie de ce spectacle complet, Christina Rosmini nous comble deux fois. Par sa présence complice, vibrante, portée par une voix chaleureuse, et aussi par la grâce de faire revenir sous nos yeux un poète enfant de toujours qui continue de nous dire sous les grimaces de la lune : « Si je meurs, laissez le balcon ouvert ! »

 

                            Dominique Sorrente

 

 

+ À signaler le dernier CD de Christina Rosmini LALITA- sortie annoncée pour le 9 mars 2016 au Zèbre de Belleville- qui accompagne ce spectacle et le prolonge avec d’autres mélodies du répertoire.

 

+ À consulter le site internet : http://www.christinarosmini.com/    avec le merveilleux clip aux couleurs indiennes de la chanson « Dans les bras d’Amma »

 

C ROSMINI ET B CAVIGLIA crédit Stéphane Delattre.jpg

 crédit: Jean-Yves Delattre

 

 

 

 

18:37 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Aveugle de naissance et par conséquent privée de tout le support visuel de ce merveilleux spectacle, je peux affirmer Pour avoir personnellement assisté à la dernière représentation de ce qui n'est heureusement qu'une première série (les prochaine étant prévues au Théâtre du Balcon à Avignon les 2 et 3 février), qu'il y a dans cette création, outre le talent, l'originalité et le caractère unique en son genre ,une vraie vision humaniste du monde, un appel vibrant à l'ouverture à la différence et au respect mutuel, servi à merveille par la fraternité d'esprit qui semble unir l'interprète à son personnage... je devrais dire "à ses personnages" car, sur scène, elle en interprète plusieurs, les deux principaux étant bien entendu ceux de l'enfant et de la Lune (allusion discrète à l'un des plus célèbres poèmes de Lorca extrait du "Romancero Gitano" où l'astre de la nuit emporte l'âme d'un enfant), changeant sa voix en sorte que même sans aucune vision du décor ni de la mise en scène, je ne me suis sentie perdue à aucun moment du déroulement du conte musical. Sans parler des différents genres de musique qu'explore l'artiste, du flamenco à la musique classique, de la valse musette au jazz en passant par le Godspell pour évoquer le séjour de Lorca à New York...
Un pur diamant !

Écrit par : Anne | 29 janvier 2016

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