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  • DANS LE SILLAGE DE LA REVUE DES ARCHERS RETOUR SUR LES LIEUX DU TOURSKY

     

    LES SCRIBES au TOURSKY  2026-10-14 10.58.38.jpeg

    Les scribes à la MaM , ex-Toursky, dans l'opération sauvetage de numéros de la revue des Archers

     

    Lundi 12 octobre 2026.

     Nous étions huit ce matin, huit membres du Scriptorium. Qui, à l’appel de son président Dominique Sorrente, nous sommes retrouvés au coin de la Belle de Mai, gentiment bercés par le bruit de Plombières, sa passerelle, son flux incessant. Dans l’antre de l’ancien grand théâtre marseillais, au cœur des effluves malodorants d’un cafoutch ne prenant pas bien souvent l’air et ayant entre autres fonctions celle de salle d’archives au Toursky, nous avons, autant que faire se peut, évité les allergies, tout en dépoussiérant soigneusement les éditions complètes de La Revue des Archers.

     

    Et les Archers c’est quoi ? C’est, nous confie Dominique, « la singulière aventure littéraire d’une revue à dominante poétique qui, de 2000 à 2026 a été accueillie par le théâtre Toursky de Marseille. Au rythme de deux numéros par an, elle a publié des textes inclassables, ouvert ses pages à des auteurs, autrices inconnu-e-s aussi bien que des artistes confirmé-e-s. On y a trouvé les signatures de Léo Ferré, Armand Gatti, Claude Nougaro, Romain Bouteille, Hélène Dorion, Julos Beaucarne, et bien d'autres... Avec l'appui indéfectible de Richard Martin, le directeur du théâtre, une équipe s'est formée au cours des années avec Henri-Frédéric Blanc à la barre. Jean-Pierre Cramoisan fut un des premiers membres du Comité de rédaction, que Dominique a rejoint dès 2005. Les décès successifs de Richard Martin (2023) et d'Henri-Frédéric Blanc (2025) ont conduit au terme de ce cycle de près de 26 ans avec la publication d’un numéro hors-série Salut à Henri-Frédéric Blanc . La revue des Archers, nous dit encore Dominique, « allait directement au texte brut, sans commentaires, avec un goût prononcé pour la variété des expressions, le désir de toiser les apparences, mettre du burlesque en contrepoint de l'esprit de lutte, et avant tout, défier les veaux d'or de l'époque avec un langage non aseptisé ». Jean-Pierre Cramoisan, quant à lui, la présentait avec enthousiasme, « Nous sommes de plus en plus nombreux à garder l’esprit buissonnier, l’humour en bandoulière ; de plus en plus nombreux, à prendre les sens interdits qui nous délivrent de la pesanteur de la réalité, à ouvrir nos pages comme autant de chemins pour inventer de nouvelles formes à nos utopies. Vagabonde aventurière de l’âme, rêveuse en pays de solitude, elle redéfinit la parole sur les chemins de l’humain où s’élaborent nos vies. L’appartenance à l’esprit archer est une encre de passage, un pied de nez de l’esprit à tous les incubateurs de la pensée standardisée. »

     

    Tout cela s'est passé à Marseille dans le premier quart du XXIème siècle. Et la bonne nouvelle c’est que, comme nous l’assure Dominique, le fonds de la revue des Archers sera conservé prochainement et mis en valeur comme il le mérite par la bibliothèque de l’Alcazar. Notre Ville de Marseille s'en honorera.

     

    Enfin et pour la petite histoire, j’ai eu la chance, tout à la fin de son histoire, de publier de nombreux textes jusqu’alors inédits, dans les numéros 42 et 43 de juin 2023 et juin 2024.

     

    Extrait :

     

    Résidu églantine et bois de feuilleton

    je parle de ces monastères de sève transie

    de ces arbres virils où rêvent les poignards javanais

     

    aux carnes concises

    il faut dénoncer le souffle

    et sa petite brassière ouvragée

     

    dans les ténèbres des ténèbres faire croître les ténèbres à

    grands coups de tête

     

    PATRICK AVELINE

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    Quelques numéros-cultes de la revue des Archers