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Les scribes à la MaM , ex-Toursky, dans l'opération sauvetage de numéros de la revue des Archers
Lundi 12 octobre 2026.
Nous étions huit ce matin, huit membres du Scriptorium. Qui, à l’appel de son président Dominique Sorrente, nous sommes retrouvés au coin de la Belle de Mai, gentiment bercés par le bruit de Plombières, sa passerelle, son flux incessant. Dans l’antre de l’ancien grand théâtre marseillais, au cœur des effluves malodorants d’un cafoutch ne prenant pas bien souvent l’air et ayant entre autres fonctions celle de salle d’archives au Toursky, nous avons, autant que faire se peut, évité les allergies, tout en dépoussiérant soigneusement les éditions complètes de La Revue des Archers.
Et les Archers c’est quoi ? C’est, nous confie Dominique, « la singulière aventure littéraire d’une revue à dominante poétique qui, de 2000 à 2026 a été accueillie par le théâtre Toursky de Marseille. Au rythme de deux numéros par an, elle a publié des textes inclassables, ouvert ses pages à des auteurs, autrices inconnu-e-s aussi bien que des artistes confirmé-e-s. On y a trouvé les signatures de Léo Ferré, Armand Gatti, Claude Nougaro, Romain Bouteille, Hélène Dorion, Julos Beaucarne, et bien d'autres... Avec l'appui indéfectible de Richard Martin, le directeur du théâtre, une équipe s'est formée au cours des années avec Henri-Frédéric Blanc à la barre. Jean-Pierre Cramoisan fut un des premiers membres du Comité de rédaction, que Dominique a rejoint dès 2005. Les décès successifs de Richard Martin (2023) et d'Henri-Frédéric Blanc (2025) ont conduit au terme de ce cycle de près de 26 ans avec la publication d’un numéro hors-série Salut à Henri-Frédéric Blanc . La revue des Archers, nous dit encore Dominique, « allait directement au texte brut, sans commentaires, avec un goût prononcé pour la variété des expressions, le désir de toiser les apparences, mettre du burlesque en contrepoint de l'esprit de lutte, et avant tout, défier les veaux d'or de l'époque avec un langage non aseptisé ». Jean-Pierre Cramoisan, quant à lui, la présentait avec enthousiasme, « Nous sommes de plus en plus nombreux à garder l’esprit buissonnier, l’humour en bandoulière ; de plus en plus nombreux, à prendre les sens interdits qui nous délivrent de la pesanteur de la réalité, à ouvrir nos pages comme autant de chemins pour inventer de nouvelles formes à nos utopies. Vagabonde aventurière de l’âme, rêveuse en pays de solitude, elle redéfinit la parole sur les chemins de l’humain où s’élaborent nos vies. L’appartenance à l’esprit archer est une encre de passage, un pied de nez de l’esprit à tous les incubateurs de la pensée standardisée. »
Tout cela s'est passé à Marseille dans le premier quart du XXIème siècle. Et la bonne nouvelle c’est que, comme nous l’assure Dominique, le fonds de la revue des Archers sera conservé prochainement et mis en valeur comme il le mérite par la bibliothèque de l’Alcazar. Notre Ville de Marseille s'en honorera.
Enfin et pour la petite histoire, j’ai eu la chance, tout à la fin de son histoire, de publier de nombreux textes jusqu’alors inédits, dans les numéros 42 et 43 de juin 2023 et juin 2024.
Extrait :
Résidu églantine et bois de feuilleton
je parle de ces monastères de sève transie
de ces arbres virils où rêvent les poignards javanais
aux carnes concises
il faut dénoncer le souffle
et sa petite brassière ouvragée
dans les ténèbres des ténèbres faire croître les ténèbres à
grands coups de tête
PATRICK AVELINE

Quelques numéros-cultes de la revue des Archers

Samedi 26 septembre, nous étions de passage pour l’événement Nous Sommes de passage, passage du Scriptorium à Orange pour le « dévernissage » de l’exposition photographique d’un des nôtres, moi-même ! À l’origine, une discussion avec Dominique Sorrente regrettant de ne pouvoir participer au vernissage début juin. Et nous avons imaginé Nous Sommes de passage évidemment du Scriptorium dans le cadre de la manifestation annuelle Trace de poète :
Que nul ne s’inquiète, la troisième mi-temps fut assurée par un repas au restaurant fort animé !
Avant de clore, je ne résiste pas au plaisir de citer un mail reçu de Jean-François Jung, très proche du Scriptorium depuis Trace de poète, et ami personnel :
Très content de ces moments à Orange, très bonne ambiance… Cela me fait plaisir d’écouter des gens et des textes encore différents de ceux entendus lors d’une autre rencontre (à Campredon) avec le Scriptorium. Il y a cette fois un travail lié aux images, donc plus assoupli, d’une autre beauté plus casuelle, avec beaucoup d’idées et certaines réussites séduisantes, de différents registres.
La conjonction de l’idée et du travail véritables est patente, c’est un point qui donne envie, réjouit.

L’article sur mon blog complète cet article par la galerie de l’exposition à l’Orange bleue :
https://depositions.fr/2026/09/passages-exposition-photographique/

OLIVIER BASTIDE