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Hors les murs

  • FLORILÈGE DE POÈMES AU REGARD DE PHOTOS D'OLIVIER BASTIDE - librairie L'ORANGE BLEUE

    À l'occasion du dévernissage de l'exposition de photos d'Olivier Bastide, nous avons pu proposer des textes écrits en écho aux oeuvres du photographe et poète. Voici quelques-unes de ces productions qui ont été présentées le samedi mars à la librairie L'Orange bleue qui nous a réservé pour la circonstance un très bel accueil.

       D.S.

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    Patrick Aveline

    Passer

    Tout en haut de l’arbre un oiseau.

    Il n’a pas bougé de la nuit

    Noir immobile du radeau

    Qui se penche à l’œil de minuit

     

    Ce matin d’orage et de peur

    Sur le frêle esquif de ses rêves

    Consacrés de denses vapeurs

    L’oiseau espère la relève

     

    Pour s’enfuir sans laisser de trace.

    Parce que ce qui fut n’est rien,

    Oiseau, enseigne-moi, de grâce,

    À passer, à le faire bien

    PATRICK AVELINE WhatsApp Image 2026-09-27 at 10.17.13.jpeg

    Wahiba Bayoudia

    Poésie géométrique en noir et blanc

    Le spectateur se trouve sur le seuil d’une heure crépusculaire où la lumière suscite une tension, confère un pouvoir hypnotique.

    Il faut un peu de temps pour pénétrer la photo.

    Au revers des images les couleurs endormies abandonnent un espace sans objet.

    Un enchevêtrement de branches ou une succession de voûtes et d’ogives soutiennent la lumière d’un  ciel absent.

    Entre ce qui apparaît et n’apparaît pas les lignes verticales, architecturales, offertes par une succession d’ombres et de lumière sont frontières et structurent l’espace, sans que l’œil ne puisse décider un point d’ancrage.

    Entre ce qui se dit et ne se dit pas une topographie angulaire incite à une traduction secrète.

    L’œil du photographe choisit comme perspective un point de fuite créée par un rai de lumière.

    Ce  point de fuite  soutient le regard comme point d appui et définit un centre

    Ce centre permet un mouvement circulaire, établit un dialogue entre l’imaginaire et le réel où l’émotion révèle le vibrant vivant en noir et blanc.

     

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    Gérard Boudes

    Les pierres ont été assemblées et rangées autour de ce tunnel, galerie ouvrant ses pattes comme un sphynx,

    Qui veut aspirer le passant ; celui qui s’en va et traverse ne s’apprête jamais plus qu’à passer.

    C’est peut-être seulement cela que de naître.

    Et toi ?

    Aurais-tu pu passer à regarder en haut ?

    Est-ce toi que veulent les nuages là-bas ?

    Ils s’en vont dans le blanc, dans le vent au-delà,

    Spectateurs, sans pouvoir de créer un tableau.

     

    Sur la rue de galets, il s’est figé.

    A son tronc, à ses branches, on pourra se tenir,

    Mais il n’y a plus de sève.

    • Au moins en bas, ils ont de la lumière. Vous auriez dû m’écouter.
    • Mais non, veuillez monter s’il-vous-plaît. L’arbre est mort, mais il n’a pas d’âme.
    • En êtes-vous sûr ? J’ai l’impression d’être pris dans une main qui va me broyer. Il a vécu et arbre et sève sont montés au ciel.
    • Ici, c’est la sève qui monte au ciel, alors, ce n’est pas l’âme.
    • Bien non, puisqu’elle n’existe pas.
    • Qu’est-ce à dire, elle n’existe pas ! Donc elle n’a pas à vivre, elle n’existe plus, donc elle est morte.
    • Oh moi, vous savez, quand les doigts trempent dans les nuages…

     

    • Le passage est à droite, là, par l’escalier
    • Non ! Il est au fond, là-bas à la lumière
    • Ce n’est pas la lumière, c’est un lampadaire
    • Et alors ? On y voit !
    • Et on voit quoi ? du vide. Autant être aveugle.
    • Il n’est point besoin d’avoir des yeux pour pouvoir passer
    • Alors, tenons la rampe.

     

    Car les mains sont une aide à franchir toute voie

    Et retrouver les mots égarés en voyage

    Retrouver, retrouver quoi ?

    La sortie tout au loin, infini de la lampe,

    Destinée où vas-tu au brumeux qui s’échappe.

     

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    Hélène Chambon

    Passage en grand mouvement…

    Large passage sous les arcades,

    Queue de baleine

    Calme apparent. Temps à l’arrêt. Magasins clos.

    Tout est ouvert

    Plusieurs opportunités

    C’est possible, au risque d’être vu,

    De l’ombre à la lumière crue

    Un pas – deux pas-sagement

    Oui il suffit d’un mouvement

    Je vais sauter sur un vélo

    Glisser sur l’arrondi des pavés,

    Fourbe

    Sous les courbes

    Oui – Courage Fuyons

     

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     ***

    Véronique Duprat Rintaud

    Devinettes de passage 

      

     1.

    Sur la passerelle  la tête déjà dans les nuages  Se faufiler 

    Échelle cosmique  Nébuleuse  à géométrie variable  Évasion vertigineuse 

    Je lévite 

    C'est décidé 

    Je pars

     

     

     

     2.

    Qui n'a jamais observé la décrépitude d'un mur, des végétaux en décomposition,  ne peut comprendre pourquoi cette porte inconnue au loin, semble si accueillante.

    Ne vous hâtez pas de descendre sur ces pavés glissants,

    attardez-vous un peu sur ces marches,  polies par le temps,  rongées par le salpêtre,  recouvertes irrémédiablement d'une alliance vivante de mousses et de champignons.

    Elles ont tant à vous raconter.

     

     3.

    Boule de cristal  volutes et volumes courbes ascendantes

     

    marches qui craquent pas feutrés  va savoir où te conduira la rampe…

     

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    Joël-Claude Meffre

    LA RUE DU CIEL

    Dans cette rue on avance la tête levée vers le ciel.

    On a l’espoir qu’au bout, elle y débouchera.

    Une montée d’escaliers nous y conduira, alors.

    Ils seront sans doute sans fin, le ciel nous paraissant toujours inatteignable.

    Il nous faudra retenir notre souffle.

     

    Finalement, ce ciel n’est-il pas au bout du compte qu’une simple illusion ?

    Peut-être n’est-il que le sol sur lequel s’appuient les toits des maisons

    Et que de ce fait, nous avançons la tête en bas….

    On verra tout au bout de la rue ce qui nous attend.

     

     

    Nous avançons là-bas

    Vers ce que la rue appelle à nous éclipser

    Dans les trouées de lumière

    Quand nos regards ont passé outre des piliers d’ombre

     

    Ce qui se gagne pas à pas jusqu’à l’issue qu’on n’imagine même pas

     

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    Marc Ross

    1.

    Passage ici bercé

    De pauses admiratives

    Lumière cramponnée

    Et ombre sans béquilles

    Vantent l’agilité

    Du poème clair-obscur

    Valse de demi-lunes

    Jouant à la marelle.

     

    2.

    Passage difficile

    Et chemin obligé

    Corridor aux grands yeux

    D’où l’on ressort perdu

    L’ombre dit à la lumière :

    Souviens-toi amie

    Qu’il est plus que probable

    Que tu y passes toi aussi.

     

    3.

    Pour passer si facilement

    Du blanc au gris

    Du gris au noir

    Incertitude et inquiétude

    Ont dû certainement

    Faire de longues études

    Pour rebondir ainsi

    À tout bout de champ.

     

    MARC ROSS LIBRAIRIE WhatsApp Image 2026-09-27 at 10.17.13.jpeg

     

    Dominique Sorrente

    J’aime le verbe « s’incliner ».

    Comme on se courbe avec déférence,

    Ou après une défaite à la loyale.

    J’aime l’expression « n’en faire qu’à sa tête »

    Quand on cesse de se soumettre à l’avis du voisin,

    Pour exécuter son geste sans repère.

    J’aime la formule « ne pas savoir rester en place »

    Quand elle m’est soufflée

    Par une tribu d’arbres

    Qui croit bien plus au dialogue insatiable du vent

    Qu’aux procédures d’alignement.

     

    Il est une ombre

    À repousser la lumière hors des limites.

    Il est une loi du temps qui passe sa journée

    A modifier les proportions,

    A tenter de nouveaux équilibres,

    A proposer des exercices de géométrie inédits.

    Jusqu’à ce que les jeux soient faits

    Définitivement

    Jusqu’au lendemain

    Où il sera à nouveau l’heure

    De regarder le fil invisible

    Entre l’ombre et lumière

    Trancher le temps.

     

                  *

    ICI SONT DÉPOSÉS VIATIQUES EN ATTENTE

     

    Un vélo harassé

    Parlait un jour au drap attaché à son mur.

    • Drap, qui te crois si pur,

    Comment as-tu pu si longtemps séjourner

    là exposé à mille yeux à la ronde

    pour mieux couvrir la vérité du monde ?

     

    Mon bon Vélo,

    Pauvre hère privé de mouvement

    Abandonné si tôt en bord de pavement,

    C’est vrai, je ne bouge pas trop,

    Et quoi ?

    Répond le drap,

    Ma vérité pour ainsi dire

    Ne se laisse pas si facilement saisir.

     

    Mais toi, si hardi de défier les rues,

    Vélocipède

    À l’allure si fourbue,

    Qu’est-il donc arrivé pour que tu sembles une arapède ?

     

    Ainsi vont les conversations sans nuance

    De tant de voisins de circonstance

    Si prompts à dégainer

    Qu’ils oublient vite d’où ils sont nés.

     

    En d’autres temps heureux

    Qu’on doit toujours appeler de nos vœux,

    Le drap eût proposé de jouer à la housse

    Pour éviter que le deux-roues ne tousse,

    La bicyclette aurait mis le drap sur sa selle

    Pour le conduire jusqu’au septième ciel.

     

    Mes amis, soyez surpris,

    Il m’arrive de croire

    Que ces temps ne sont pas révolus

    Tant qu’il y aura des histoires

    à faire venir du fin fond de la rue

    et un, deux, ou plusieurs poètes amoureux

    pour croquer à l’Orange bleue.                              

     

    DOM HERVÉ OLIVIER WhatsApp Image 2026-09-27 at 10.37.52.jpeg

    Henri Tramoy

    Carcérale aux abysses

     

    Que cherches-tu que ce martèlement des issues ce chemin tracé qui n’est pas un chemin cette mise en abyme et la profanation de l’intime

     

    L’ombre seule est ultime et tu frissonnes dans la belligérance du lisse et du granuleux dans l’inquiétante perspective issue fatale vers la lumière

     

    sonnet du second degré

    tu graves tu gravis

    le vertige grave du temps

    qui lithographie un avenir de lichens

    et défie la géométrie des balcons

    la perspective absurde des arches des ogives

    colonise nos pensées capitales

    au chapitre du pire

    garde à ce qu’ils ne lâchent pas les chiens

    tu as besoin de verticalité

    par-dessus les eaux mortes tu marches aux prochaines escales

    dans le charme désuet des chapiteaux

    lorsque tu accordes licence à la langue

    tu cherches l’étonnement du graveur

    les raisins ne seront jamais trop verts à ta perspicacité

     

    sans plus d’humide été

    à Dario

    dans le parage radial du silence

    nulle issue hors le clos l’emmuré

    toutes parois fardées interdites à l’orage

    le soleil en sa raideur létale était occupé à luire

    midi avait sonné au délit des entrailles

    les bouches du dégoût avaient été cousues

    un ordre graphique ordinaire profanait la clarté

    où la rumeur muette

    comme sucrée

    suintait

    l’univers granitique cédait le pavé aux façadiers

    dans la projection des canicules

    tout avait la couleur uniforme de l’absence

    du silence évoqué et l’ombre essentielle

    côtoyait la meulière

    tu allais aux italiques à la transpiration des égos

    à l’édité du détail

    diurne

    tourné vers la signature de la lumière

    tu aspirais à la blancheur

    en espérant la pluie sur tes traits diminués

     

    après l’outrage

    l’art assagit la mort blanche dans l’esthétique de sa raison graphique

    quand s’affine le trait le regard perce les secrets

    arase l’autour ravagé

    à quoi bon cheminer dans cet essarté de vie orphique

    si franche est la coupe l’outrage de son ordre mortuaire

    ses amoncellements

    si futile le raccourci qui se perd dans l’épars

    la courbe épouse l’inconnu pour un nouveau meurtre légal

    brise la charte scénique par la simplification des lignes

    la poudreuse a mésestimé les pas d’un futur grave

    brisé la fraternité des arbres

    effacé la voûte au crayon gras

    une musique famélique endosse la mémoire des racines

     

    polysémie du chemin creux

    depuis la berge parreyée du chemin

    jusqu’à la créativité inestimable du vent

    au risque de tâches équivoques

    te voici projeté dans l’éventualité d’un réel augmenté

    un chat s’est assoupi au simulacre des nuages

    dans la posture du ouistiti

    il interroge l’enfilade des voûtes

    revendique son attachement aux signes rustiques

    tu marches

    les mains des arbres se tendent et fraternisent

    tu tentes de saisir l’image derrière le signe immédiat

    tu éprouves la solidité de l’enrochement

    de proche en proche se mesure le lointain qui s’éloigne

    tu t’assures de la beauté du ciel de l’autorité des parallèles

    tu évoques l’élancement

    dans le gris on t’imagine à l’examen du bleu

    une crue de beauté convulsive te submerge

    tu te sais désormais insolvable

     

    question de dépassement

    tu dialogues avec les interstices

    quand la capillaire tenace s’invite aux fissures

    et s’anime à l’étonnement du jour

    ouvert sur un horizon tibétain

    tu sais la délicatesse bosselée des rampes

    la dépression en offrande à l’orage

    montée chromatique

    tu vas l’amble de ton pas balancé

    la blancheur te saisit aux aisselles

    et tu comprends l’obstination des parallèles

    à vouloir se rejoindre

    sous la surveillance chatoyante des noirs

    tu ne crains pas l’incendie

     

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    Sylviane Werner  

     Impression passagère

     

    Moment furtif où les arbres s’enlacent. Franchissement de l’incertain. Décident-t-ils de leur

    Prochaine avancée vers l’autre bord ?

    Un vent attise la curiosité des nuages, insufflant au regard le chant subtil du silence. Et la lumière

    Danse. Elle danse les élancements, les chemins. Elle danse ses évidences.

    Tout semble attente dans cette fragilité feinte.

    L’écho des voûtes médit du voyage. Où sont les hommes qui le traversent ?

    Dans ce territoire inlassable s’enracinent les seuils, les rêves de dentelles tout en haut des

    Branches, et le soir s’effiloche dans des effluves de mousse.

    Peu importe ce que pressent le crépuscule.

    Le soir s’est frayé un passage. Simplement.

     

                          ***

    NB : Christian Garaud, Marien Guillé, Monique Marta nous avaient envoyé des poèmes lus durant la caravane poétique. Qu'ils soient ici également remerciés, ainsi que les acteurs et actrices de tous âges qui ont su nous réjouir.

     

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     Lien vers le blog d'Olivier Bastide

     

     

     

     

     

  • RETOUR DE CARAVANE : BIEN BELLE RÉCOLTE SUR LA COLLINE DE THOUZON

     

    de festival en festival

    je pense à vous

    de Mouans Sartoux

    Isabelle Alentour

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    Braver les incertitudes climatiques et se retrouver sur les sentiers de la colline de Thouzon pour une très belle balade, magnifique parcours proposé par l'association Pierre Sèche en Vaucluse (Danièle Larcena) dans le cadre du Festival Trace de Poète (Nicole Mignucci). Chaque belle et judicieuse étape étant ponctuée de lectures poétiques d'auteurs et autrices d'Edward Lear, Baudelaire, aux plus contemporains Laurence Ferlignhetti, Leonor Gnos, Marie-Philippe Joncheray, Claudine Baissière, Françoise Donadieu… Et la participation active des présents Olivier Bastide, Marc Ross, Emmanuelle Sarrouy, Henri Tramoy, Gérard Boudes, Daniel Gressier… Et quelques lectrices hors pair comme Nicole Mignucci, Yolande Touati ou encore Natacha Payet !…

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    Dominique Sorrente nous avait quant à lui envoyé de son périple québécois un long poème que nous avons lu découpé en formes brèves au gré des étapes jusqu'au château de Thouzon…

     

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    La poésie existe parce que certains tentent de mettre les fleurs en prison.

    Elle est l'ultime résistance.

    Lawrence Ferlinghetti, Poésie Art de l'insurrection

     

    Retour/Parcour en images… Comme si on y était !… Mais oui, on y était !

     

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    On espère que le temps va se dégager et nous laisser tranquilles le temps de la caravane. C’est précisément ce qu’il se passe. Légère pluie au départ et sur la route. Avec Olivier Bastide et Danièle Larcena nous maintenons l’aventure. Le soleil tente des percées et nous accompagne jusqu’au Thor puis Thouzon. Au point de départ, parking du château, la caravane joyeuse s’emballe. Nous partons. Nous verrons bien. Nous sentons que la pluie a décidé de nous laisser tranquilles. Marche et délicieuses haltes poétiques. On se retrouve au château, l’ancienne Abbaye. Sur les traces de René Char. Le mari de la propriétaire nous fait visiter les lieux avec force détails pafois même croustillants. Avant notre pose pique-nique. Sur le départ, il se met à pleuvoir. La Caravane est sauve ! Petit miracle météorologique, elle a eu lieu. E.Sarrouy

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    nous marchâmes en chœur

    de pierre sèche en gouttes d'eau

    pique-nique au château

    Emmanuelle Sarrouy

     

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    Prochains rendez-vous à noter dans ses tablettes :

    * Samedi 22 octobre 2022 - 18h à La Fabrique (L'Isle sur la Sorgue) : Lecture-concert donnée par Dominique Sorrente sur le thème "D'une pierre l'autre".

    * Samedi 05 novembre 2022 - 17h : "Un auteur, une revue". Poète invité, René-Guy Cadou. Revue invitée, Phœnix.  Lieu à préciser très prochainement.

    * Jeudi 10 novembre 2022 - à partir de 20h : Nuit des Poètes et Poétesses  - Scène ouverte menée en parallèle par Claudine Baissière.

    * Samedi 10 décembre 2022 : Veillée au coin du feu chez Isabelle Alentour.

     

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    la Caravane/Joyeuse et généreuse/Château de Thouzon - 8 octobre 2022

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    ***   ***   ***

    Quelques textes pour les absents et/ou pour se souvenir… entre haïku, aphorismes, sonnets et demi-sonnets au carré (extraits de la revue Soleils et cendre), petits poèmes en prose, limericks et toute autres formes brèves…

    Haïku…

    Début d’automne...

    1. Attirant les moustiques
       l'odeur de la fleur de lierre~
       diner sous la lampe 

    2. Premier gland d'automne
       les chasseurs sont de retour~
       cochons aux abris 

    3. la lune sans tain
       réfléchit le monde~
       voir sans être vu 

    4. ton grelot grelotte
       petit grillon de septembre~
       et la nuit descend

    … et Tankas

    composés pour un appel à textes lancé par la revue du tanka francophone,

    sur le thème " Frontière"  du Printemps des poètes 2023

    1.     Petit nomansland
           ta terre libre prospère
           loin de la rumeur 

           vivons au delà des bornes
           sans regard et sans contrainte 


    2.     Soudain entre deux
           interstices des saisons
           le cri du renard 

           au visiteur des lisières
           la peine est récompensée


    3.     Là au bout du bout
           le moineau siffle pareil
           et pourtant pourtant 

           que retenir de nos frères
           différences ou ressemblances ?

    Claudine Baissière

     

    ***   ***   ***

    Haïkus rocailleux

     

    Le roc sans écho

    Sentence automnale

    Du pâtre sans troupe

    Toucher la pierre

    Songe d’hiver vivant seul

    L’étoile nue meurt

    Surprendre l’âme

    S’efforcer de jouir quand

    Survient l’aube bleue

    Les graviers crissent

    Un soupir d’équinoxe

    Que l’on dédaigne

    Ne fleurit le roc

    Que d’orgueil futile de sec

    L’amour est ailleurs

    Olivier Bastide

     

    ***   ***   ***

    À combien de tons
    augmente l’imagination
    la réalité

        ***     

    Les monts abruptes
    les visages en miroir
    les années d’antan

    ***

    Lumière nous protège
    poème appel murmuré
    poursuivons la vie 

    Leonor Gnos

     

    ***   ***   ***

    Haïkus de rocaille

    Sentier rocailleux
    Et mistral chantant le bleu
    Chemin orgueilleux.

    Rocaille roulante
    Sous les pieds du promeneur
    On dirait qu’il vole.

    Le caillou qui dort
    Est réveillé par le pied
    Du poète marcheur.

    C’est un brin de thym
    En fleur dans un éboulis
    Parfum des cailloux.

    La mer envolée
    Les rochers blancs sont restés
    Scellés de coquilles.

     

    Sonnet d’essai

    Pour écrire un sonnet, cela paraît facile
    Il y a là dedans, tellement peu de vers.
    Mais quand vient le besoin à la file
    De trouver des rimes, on se trouve bien peu fier.

    Enfiler des quatrains et des alexandrins
    On croirait au grand art, mais on est maladroit.
    N’est pas Rimbaud, n’est pas rêveur qui veut.
    Si mes pieds en cadence sont un frein,

    Je pourrais au premier des tercets m’écraser
    Sur l’arête d’une pierre toute sèche de Vaucluse
    Et gésir en public, bouche ouverte, sans excuses.

    Moi rimeur et si peu reconnu en poète,
    Je n’aurai en silence que laissé le tracé 
    De ces lignes que l’on dit versifiées et trop bêtes. 

    Gérard Boudes

     

    ***   ***   ***

    Le sonnet de Thouzon

    Je n’ai pas eu envie d’écrire un vieux sonnet
    de me donner des airs à ne pas y toucher
    Je ne suis pas du genre strictement codifié
    sauf si la pierre sèche venait à m’inspirer

    Je sais bien qu’il existe des tas de variantes
    deux quatrains deux tercets avec rimes pétantes 
    mais au pied du château force est de constater 
    je ne suis ni Marot ni même du Bellay 

    J’avoue j’ai dérogé aux règles élémentaires
    dictées en Italie en France en Angleterre 
    à ces schémas de rimes moi qui suis terre à terre

    Je me suis essayé à la composition
    en associant Le Thor à la folle raison
    Le titre est tout trouvé : le sonnet de Thouzon.


    Marc Ross

     

    ***   ***   ***

     

    18 décembre 2020

    Il y a quelque chose dans la distance comme dans le silence, de profond, doux et animal. Une présence accordée à la constance de ma pensée. Je nourris notre espace de mes croyances.

     

    21 décembre 2020

    Il y a dans la distance comme dans le silence quelque chose de profond, doux et animal. Oui, c'est très joli mais au-delà de deux jours c'est sans fond, amer et inhumain. Ma pensée est très inconstante et ma croyance affamée.

     

    22 décembre 2020

    J'ai envie de te parler, je rêve d'entendre ta voix courir rivière gravier dans mes veines, dis-moi ce que tu vois, dis-moi tes paysages et si le ciel.

    Marie-Philippe Joncheray - Poèmes courts, extraits de Ma carte totale du tendre

     

    ***   ***   ***

    Le dit de l’ombre et de la lumière

    Aphrodite d’or, Aphrodite aux oreilles ornées de fleurs d’orichalque, Aphrodite au sourire de miel
    Tu es née de l’écume et de la lumière
    Tu es née du ciel et de la mer
    Et, de Cythère à Chypre, l’île du large, le doux désir t’accompagne, tressant pour toi d’odorantes guirlandes

    Aphrodite Melainitis, Aphrodite la Noire, sœur des nymphes guerrières et de la vengeance, amante des armes et de la fureur
    Tu es née du sexe tranché de ton père
    Tu es née du crime originel
    Et d’Occident ou d’Orient, nulle créature vivante n’échappe à ta domination

    L’amour est un Mal nécessaire

    ***

    Dit de la panthère d’Amors
    La panthère parfumée prend d’amour les autres bêtes
    Même les plus rusées, même les plus farouches s’en viennent à ses pieds, enivrées de son odeur suave. 
    Elle leur brise le cou. 
    L’amour est un fauve superbe

    Françoise Donadieu

    deux textes, écrits pour accompagner le travail d'un ami peintre sur "L'amour, l'amour toujours"

     

    ***   ***   ***

     

    TROIS-RIVIÈRES TOP CHRONO


    Casquettes, tatouages,
    j'ai encore du boulot
    pour être au diapason de l'esthétique locale.
     
    Une guêpe rôde
    dans le Tim Hortons,
    même mon beefburger qui dégouline
    ne la rebute pas. Ce qu'on appelle plaisir mimétique.
     
    Aujourd'hui, premier jour de ciel bas,
    mais l'humeur n'y croit pas.
    Impossible de trouver le canal qui se serait pendu.
     
    Ils annoncent : wraps et bols,
    grains délicieux.
    Ça se déverse déjà dans ma tête,
    l'heure d'anticiper déjà la digestion.
     
    Une armée de citrouilles,
    prêtes à bondir,
    me fait la haie d'honneur. 
Tout ce qu'il y a de plus suspect.
     
    Partout, style universités u.s.,
    des communautés, petits fiefs, pointent leur nez
    avec gourou, guetteur, tribunal.
    L'universel ringard, perdu de vue.
    Mon seul espoir est qu'elles se révèlent poreuses.


    Un homme, chaise roulante, jambe plastique,
    zigzague entre les tables. Il se fraie le passage.
    Je le vois qui dévore comme en survie.
    Impossible d'engager la conversation, sinon
    avec les yeux.

    Cette nuit, insomnie.  
    Carol P. m'éduque dans une vidéo youtube
    échappée de ma zone wifi presque blanche.
    J'entends :
    Recontacter la vibrance pour ne pas collapser.
    Merveille de défendre notre langue française.
     
    Tout à côté, le centre Marijuana arc-en-ciel, une grappe
    de jeunes agglutinés.
    Dehors, au pied de ma maison en bois,
    une vieille s'est assise, au sol, pour la journée.
    Elle alerte l'alentour de sa voix nasillarde,
    façon sorcière un peu maudite.
    La voix porte. Chacun s'arrête. Méthode du harassement
    plein succès. Elle les taxe un à un.
    L'hyper-sensibilité nous perdra.


    Ça se complique. Un verre de mes lunettes s'est fait
    la malle pendant la nuit.
    Baruch Spinoza, polisseur de lentilles,
    philosophe à tes heures perdues, m'aideras-tu enfin ?

    Le nom de Trois-Rivières: l'exemple
    d'une erreur créatrice.
    Il n'y en a jamais eu qu'une seule.
    C'est un explorateur inconnu, leurré par l'illusion
    créée par le delta,
    qui l'a nommée ainsi.

    La poésie comme une brèche.

    Je tremble ma colère.
    Je mange gloubi-boulga.
    Je parle aux abonnés absents.
    Je suis en vie,
    me souffle mon ombre.
    Vraiment chanceux !

    Une pensée pour mes amis
    caravaniers du 8 octobre.
    Que la marche d'automne
    leur soit prodigue !
    Comme coulée de sirop d'érable
    sur des tartines à partager.
     
    Il y a du bonheur à inventer, à recevoir ici et là.
    Vie longue par formes brèves.
     

    Dominique SORRENTE
     pour le 8 octobre 2022, Trois-Rivières (Québec)

     

    ***   ***   ***

     

    POÈME LONG POUR FORMES BRÈVES

    Haïku 5/7/5 
    C’est haïku Japonais
    Et puis et puis et puis après 
    Haïkus déjantés chez Kerouac
    Haïkus imparfaits chez Mekas
    Haïkus désaccordés dans mes carnets
    Claudel écrit cent phrases pour un éventail
    Jaccottet quelques Airs d’haïku inspirés
    Et Jacques Roubaud des tridents 5/3/5 par milliers
    Et puis et puis et puis avant 
    Toujours au cœur du quotidien
    Un saisissement
    Une illumination inattendue
    Un impromtu

    Tankas aussi
    5/7/5/7/7
    31 syllabes vers le divin
    Secrète nature sacrée
    Sacrée nature secrète

    Poèmes calligrammes
    Poèmes slogans
    Poèmes nuages

    Éphémère atmosphère
    Et que Fugues ! lance Marie Lo Pinto

    Aphorismes
    Maximes
    Ou brefs adages

    Encore encore encore
    Éperdument

    Sonnets réguliers
    Irréguliers en nombre
    Ceux de Shakespeare à la Dame Sombre
    Sonnet en prose invente Jacques Roubaud
    Sonnets irrationnels surenchérit Jacques Bens ami de l’Oulipo
    Quatrain tercet
    Sizain coupé

    Rubaiyat d’Omar Khayyam 
    Et ceux de Pessoa 
    Quatre à quatre les voilà
    Pour embaumer nos âmes

    Petit poème en prose
    Toujours évidement
    Baudelaire assurément

    Limericks drôlatiques
    Edward Lear & Edward Gorey
    Dont Tim Burton s’est inspiré

    Pensées
    Notes 
    Fragments
    Maurice Blanchot aussi en sait quelque chose
    Pensées
    Notes 
    Fragments
    Sentences inspirées
    Épigrammes au kilo
    Épigraphe en chapeau (exergue) 
    Épitaphe au tombeau

    Sans équivoque
    Formes brèves et coupantes
    Fritures sans fioritures

    Petit poème on ose

    Quatrième de couv’
    Aussi
    Morceaux 
    Choisis
    Extraits
    Si si 

    Et quid de la citation ?

    Voilà
    C’est dit 
    voilà
    C’est fait

    Et à présent ?
    C’est quoi qu’on dit ?
    C’est quoi qu’on fait ?

    Haïku et formes brèves
    Petit poème se pose
    Rimes libres
    Suivies croisées
    Ou embrassées
    Et à présent

    À vous de jouer !


    Emmanuelle Sarrouy - Marseille, 07 octobre 2022 

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    ***   ***   ***

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    Ne te refuses pas aux prodiges.

    Commande à la lune, au soleil.

    Déchaîne le tonnerre et la foudre.

    Robert Bresson, Notes sur le cinématpgraphe

     

     

     

     

     

  • CARAVANE POÉTIQUE HORS LES MURS : LE SCRIPTORUM S'EN VA CUEILLIR HAÏKUS ET FORMES BRÈVES SUR LA COLLINE DE THOUZON

     

    J’aurais désiré que cette splendeur
    durât mille années

    Sei Shonagon

     

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    Ce sera le 08 octobre 2022 en partenariat avec l'association Pierre Sèche en Vaucluse, généreusement animée par Danièle Larcena ; et dans le très riche et merveilleux cadre du Festival Trace de poète, dirigé par Nicole Mignucci qui se déroule du 16 septembre au 23 octobre à L’Isle sur la Sorgue ainsi qu’à Avignon, Carpentras, Coustellet, Flassan, Pernes les Fontaines, Le Thor, Venasque.

     

     

    Notre thème de cette année, autour du Japon et du dialogue Japon/Occident  :

    Haïkus et formes brèves… Tout un programme, il va sans dire !

     

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    La poésie est amante des formes brèves. Elle y trouve la fulgurance, y évite l’épandage. Le Scriptorium reconnaît la féroce domination du haïku au pays de la concision qui évoque, effet de mode, qui sait, mais entend déclamer ou chuchoter, avec vous et encore vous, la poésie par des haïkus, c'est dit, et d’autres chemins brefs…
    Olivier Bastide
     
    allons allons
    de chemins balisés en chemins détournés
    au fil de nos déclinaisons
    Emmanuelle Sarrouy

     

    ***      ***      ***

    Le Scriptorium de Marseille 
    En partenariat avec 
    Pierre Sèche en Vaucluse 

    Vous convie à sa Caravane Poétique Hors Les Murs dans le cadre du festival Trace de poète :

    le samedi 8 octobre, colline de Thouzon, 84 Le Thor

    RDV/Départ : Parking  chemin de la Tapy - 10h

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    Ce matin, paysages fantomatiques
    mangés par la brume.
    Une multiplicité de scénarios possibles.

    Sarah Kéryna

     

    ***      ***      ***

    Comme il est désormais traditionnel, nous suivrons un parcours concocté par Pierre sèche en Vaucluse. Outre le départ, où sera présentée la Caravane, cinq haltes nous donneront l’occasion d’écouter une évocation des richesses environnementales, par Pierre Sèche en Vaucluse, avant de partager nos lectures poétiques de textes personnels ou non.

    La partie Quelques précisions donne toutes les informations utiles. 


    Merci d’annoncer votre participation aux organisateurs 
     (*voir contacts en fin de document*) 


    Déroulement 
    Départ : présentation de la Caravane Poétique 


    - son histoire
- le Scriptorium
- Pierre Sèche en Vaucluse 
    - PSV : le trajet du jour


    - LSM : la poésie au fil des haltes 


    Halte 1 : géologie/Haïkus rocailleux


    Halte 2 : agriculture-irrigation canaux/Aphorismes aquatico-agricoles

    Halte 3 : ferme/Sonnets terre-à-terre


    Halte 4 : végétation méditerranéenne/Petits poèmes en prose de garrigue

    Halte 5 : abbaye de Thouzon/Limericks en sacrements ou blasphèmes 

    Pique-nique tiré du sac, en pousse-café « Ce qu’on n’a pas pu lire... » 

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    Quelques précisions... 
    À priori sont attendus des poèmes correspondant aux formes et aux thèmes de chaque halte, mais nous seront des censeurs bienveillants... 


    Le haïku : est un poème d'origine japonaise extrêmement bref, célébrant l'évanescence des choses et les sensations qu'elles suscitent. Un haïku évoque généralement une saison (le kigo) et comporte souvent une césure (le kireji). Il est composé en principe de 17 mores réparties en trois vers suivant un schéma 5/7/5.

    L’aphorisme : C'est une sentence énoncée en peu de mots — et par extension une phrase — qui résume un principe ou cherche à caractériser un mot, une situation sous un aspect singulier.

    Le sonnet : Il comporte quatorze vers composant deux quatrains et deux tercets — parfois réunis en un seul sizain final — et doit rimer. Le schéma des rimes varie suivant le type de sonnet, dont on trouvera la liste plus bas. La longueur du vers n'est pas fixe en français.

    Le petit poème en prose : Pensons à Baudelaire, et soyons libres ! 

    Le limerick : Le rythme du limerick se fonde sur les accents toniques, et est totalement indépendant du nombre de syllabes : 
    • Les deux premiers vers ont trois accents, et riment entre eux ; 
    • Les deux suivants ont deux accents, et riment entre eux (en typographie, les vers 3 et 4 sont parfois fondus en un seul, fait de deux hémistiches rimant) ; 
    • Le dernier a trois accents, et rime avec les deux premiers. 
    C'est généralement dans ce dernier vers que se trouve la « pique » irrévérencieuse ou paradoxale, à laquelle les premiers vers préparent le terrain. 

     

    * Contacts : Le Scriptorium de Marseille * :

    Olivier Bastide (0633886400/olivier- [email protected]) 

    Emmanuelle Sarrouy (0611807068/[email protected]) 

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    Le papillon, drôle d'énergumène

    proclame :

    ce coin d'herbe mérite une fête.

    Et déjà il a disparu.

    Dominique Sorrente

    ***