UA-156555446-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Rétrospective

  • LES AUBES SONT DÉCIDÉMENT FERVENTES AU SCRIPTORIUM - samedi 12 juin -

     

    Le groupe sur le monument R..jpeg

    La saison poétique s’est terminée ce samedi 13 juin au petit matin. Tartine, Café, poème: tel était le menu du bivouac en plein air.

     

    Une belle escouade de scribes est venue troubler la quiétude du monument Rimbaud, promontoire saisissant au bout de la plage du Prado, jouxtant le stade nautique désormais baptisé Florence Arthaud.

     

    Entre deux déferlantes du festival de rapp Marsatac, Menace Santana Metha ou Diez, les poètes ont défendu le droit à la marge, une parole spontanée, non tributaire du monde des régies, inventant en secret des signes de ralliement non marketés. Tout une pratique de confidences.

    Emma avec Véro et Wahiba.jpg

    Près de la sculpture en cérastone de Jean Amado ( 1922-1995),

    on a ainsi pu faire preuve d’un salutaire éclectisme entre les scansions rythmées de Marc-Alexandre Oho Bambé et l’insolite « Minouiller les piounouches » de Lina la benjamine.

    On a pu entendre du Rutebeuf, du Benjamin Fondane, du Pessoa traduit par Patrick Quillier, des poèmes revenus de Sicile, et encore Rénos Mugnaioni, Aurélie Valognes, l’été de Jean Malrieu, le lanceur de dés de Darwich, des fragments de mystique soufi, façon Rumi, sans oublier des textes écrits par les poètes présents ou envoyés par ceux qui voyageaient sous d’autres latitudes.

    S’il est un privilège du poème, c’est de pouvoir exister sans la présence visible de son auteur…

     

    Le rendez-vous entre tartine et café confirma que les aubes parfois navrantes peuvent aussi être ferventes. Le temps que le soleil fasse ses sommations d’usage.

    Navette des Monte Cristo.jpeg

     

    En fin de partie, quelques scribes se réfugièrent au bar le Robinson, pour méditer sur les mérites comparés de la desperados citronnée et du fond-de culotte mais c’est une autre histoire.

     

    Pendant ce temps, les nageurs de la course du Monte Cristo ont eu le temps de réaliser leur grand bain annuel. Certains auront tendu l’oreille avant et après leur exploit palmé.

     

    Baisser de rideau sur la saison.

    2quipe en bivouac.jpeg

     

    Rendez-vous est pris au Scriptorium pour le cocktail de rentrée, annoncé Mistigri blanc en date du 12 septembre.

     

    D’ici là, l’été et ses nouveaux horizons.

     

    Bienvenue à celles et ceux qui rejoindront notre embarcation de fortune en 2026-2027.

    Affiche sur pilier.jpeg

     

    Gabian.jpeg

  • Du Scriptorium à Podio, paroles en écho

     

    meyber_catalans.jpg

     © Photo Bernard Meyran

     


                                   AUX COMMENCEMENTS PARLAIT PODIO


    Tout ce qui arrive est toujours un commencement, écrit Rainer Maria Rilke. C’est dans ce temps de l’ouvert, plaisir et risque, modulation et stridence, que ce 18 février, le Scriptorium a convié le public à rencontrer quatre poètes de l’association Podio venus de Grasse et ses alentours. Fidèle à sa formule, le Comptoir des poètes proposa le bel échange des voix, dans le parti-pris de ne pas gloser, mais de tenter des résonances.  C’est ainsi que successivement  la parole fut donnée à Daniel Schmitt, Yves Ughes, Alain Freixe, et  Brigitte Broc pour donner à entendre un peu du parcours de chacun,  en sa tonalité particulière. Au voisinage de la chanson, le goût d’enfance sur les lèvres, Daniel Schmitt comme une évidence des mots tendres et joueurs. L’emprise du tumulte des légendes urbaines pour Yves Ughes dans sa Décapole aventureuse. La vigilance solaire des empreintes et le questionnement insistant dans les ramas d’Alain Freixe. Le par cœur des rivières données en partage par Brigitte Broc. Quatre façons d’entreprendre la « défense et illustration de la poésie » à Vence, Nice, Cannes et à l’entour.

     

    Une deuxième tournée était alors proposée par les scripteurs présents ou les poèmes, intercesseurs des absents. On entendit ainsi Angèle Paoli, Nicolas Rouzet, Patrick Druinot, André Ughetto, Leonor Gnos, Valérie Brantôme, et encore des extraits du fertile Chant déraisonnable de Martial Teboul ou le saisissant Arabian Blues de Amin Khan*,  autant de formes de commencements à saisir comme des occasions inespérées. De fulgurantes brèves de comptoir, en somme…

     

    Aux poètes invités revenait le plaisir d’un contre-écho, comme la reprise des sillons après les échappées des scripteurs. Un troisième mouvement allegro ma non troppo, de quoi fixer à nouveau l’attention et nous laisser surprendre. Près de deux heures avaient passé quand le signal de la dispersion fut donné.

     

    salle_angèle.jpgCurieux sentiment que procurent ces confluences de mots, si rares, si insaisissables comme seul les transforme le mode opératoire de la poésie. Dont on ne sait pas dire grand-chose, et qui pourtant témoignent d’une accroche intime exposée à l’oreille comme un secret public. À l’image d’une salve de commencements toujours à réinventer.

    Le nombreux public qui avait répondu présent en ce samedi soir de février à la salle Tempo de la rue Sylvabelle à Marseille ne s’y est pas trompé. De Podio au Scriptorium, ils ont pu rêver à une nouvelle tâche à accomplir : relier les comptoirs de la poésie dans la promesse d’un paysage commun, et d’abord sur ce littoral méditerranéen. Et faire la part belle à cette minuscule communauté de destin des introuvables.


    Dominique Sorrente



     .........Textes et extraits à suivre.....  Album-Photo de la rencontre ICI ....



  • Septembre en mer, à boire au Comptoir

     

    Autour du Premier Comptoir

     

     

     


    La poésie, ce n’est pas la mer à boire, annonçait la parodie de slogan. 

    Est-ce alors la terre ? 

    À manger ? suggérait un passant du jour...


    L'équipe du Comptoir 1.JPGDans ces jours de septembre en mer, nous avons mené l’enquête à la façon des éphémères que nous sommes. En baptisant notre nouvelle saison « Comptoir des poètes » avec la voix des autres mêlée aux mots en carafe. Jetant sur le tapis les noms de Delteil, Cabral, Saint-John Perse, Tagore, Baudelaire même dans ses manières d’enivreur. Tentant des croisements de voix en forme de ping-pong, rive à rive. Plaçant les écarts d’harmonica ou de guimbarde pour glisser autour des phrases.  Deux heures durant, à se reconnaître assoiffés, réclamant à la fin à sortir sur la place. Le temps d’emporter le dernier poème vivant : un paquebot  sorti du port, traversant l’instant en ligne d’horizon.

     

    À l’entrée du Vallon des Auffes, c’est promis : malgré la tentation des anagrammes, le comptoir des poètes ne sera jamais le dépotoir des comètes…

     

     

     

     

    *

     

    Ces petits riens

     

    Un vent

    va

     

    prend

    l’air

     

    inspire

    douze éoliennes

     

    On se laisse griser.

     

     

    Laurence Verrey

     *

     

    Quand le bateau boit…

      

    Je suis un chat marin.

    J’habite une barque amarrée au Vieux-Port. 

    Je suis un chat inquiet : mon bateau boit. 

    Il est trop accueillant pour les eaux et marées, 

    Et le sel le grignote. 

    Parfois, sans vent ni vagues ballottantes,

     Il se penche sans raison.  

    Parfois, il navigue en zig, en zag… 

    Mon bateau boit et le fond de sa cale me mouille les pattes, 

    De petites vagues me chatouillent le ventre. 

    Pour aller au Frioul, il s’en va par Gaby. 

    Pour aller à l’Estaque, il mouille à Morgiret. 

    Mon bateau boit. 

    Ses vieilles bordées font corps avec la mer. 

    S’il croit ainsi attirer les girelles, 

    C’est plutôt le contraire. 

    Je suis un chat marin, qui sera un nageur. 

    Car mon bateau, à boire sans soif, 

    Dans un moment d’ivresse 

    Rejoindra un beau jour, les poissons les coraux. 

    Les oursins et les poulpes viendront l’habiter. 

    Je serai chat nageur, 

    Ma maison sous les eaux, sera loin de mon port. 

    Et je miaule ce soir, ce qui dans la langue des chats, veut dire pleurer.

     

     

     Gérard Boudes

     

    *

     

     Quelle certitude

     

     

    Quelle certitude a-t-on

    que la mouette n’emporte pas

    les notes de musique ?

    Et comment savoir

    si cet oiseau n’est pas l’enfant

    d’un ourlement de vague

    ou celui de la risée d’un océan ?

     

    Le musicien face au vent

    est devenu invisible ;

    l’oiseau traverse l’horizon,

    gris-menaçant :

    Tout s’explique ;

    tout a une cause première,

    une raison d’être ;

    sauf quelquefois le hasard

    quand il vient chambouler l’instant.

     

    Philippe Deniard