
« La poésie est la langue naturelle de ce que nous sommes sans le savoir » écrivait Joe Bousquet.
Que certains ne l’aient pas oublié en ce temps maltraité par les mécaniques artificielles et les décharges d’imageries journalières sur écrans relève de la haute voltige ou de la grâce.
Il fallait en être ce samedi 21 mars, à Marseille, pour la Journée mondiale de la poésie. Pour jouer aux planètes alignées ( puisque c’était aussi le Printemps des Poètes et tout simplement le ballon d’essai du printemps).
Et grimper à cet étonnant atelier d’artistes Sevin-Doering qui servait de scène historique à ce moment de poésie partagée.
Le Scriptorium fidèle à son bon plaisir de « faire poésie ensemble » avait réuni un beau public de tous âges pour inventer son geste poétique à plusieurs séquences.

Un salut à Jean Malrieu ( 1915-1976), ce « poète occitan d’expression française » injustement oublié dans la ville même où il passa le plus clair de sa vie. Évocation vivante conduite par Dominique Sorrente se souvenant de la revue Sud, puis lecture scénique offerte par les participants de la Masterclass du samedi précédent, prenant la parole en duo et en chorus, donnant à entendre, chacun à sa manière, les poèmes de l’auteur du Château cathare.
Et plus avant dans la soirée, la scène transformée en petit salon pour des entretiens-lectures menés avec agilité par Véronique Duprat et Hélène Chambon avec cinq auteurs du Scriptorium aux personnalités et écritures variées :
Patrick Aveline, Emmanuelle Sarrouy, Marc-Paul Poncet, Marc Ross et Dominique Sorrente. Il y eut de l’imaginaire, de l’émouvant, de la drôlerie, du retour aux mythes, du fantasque…Tous différents, et en même temps « poètes de la coïncidence » selon la formule qui a volontiers cours au Scriptorium.
Et près de 3 heures de temps jusqu’à la séance des dédicaces et aux verres de l’amitié.

« Si ta vie s’endort, risque-la » avait prédit Jean Malrieu jadis. À quoi les poètes marseillais de ce premier quart de siècle, réunis ici, pouvaient aussi lui répondre avec d’autres mots revenus de Penne de Tarn : « Le bruit court qu’on peut être heureux ».


Un remerciement tout particulier à Michel RIMAUD pour ses photos et à Colette PAPILLEAU pour la réalisation de l'affiche "Libres comme une maison en flammes".



