
La saison poétique s’est terminée ce samedi 13 juin au petit matin. Tartine, Café, poème: tel était le menu du bivouac en plein air.
Une belle escouade de scribes est venue troubler la quiétude du monument Rimbaud, promontoire saisissant au bout de la plage du Prado, jouxtant le stade nautique désormais baptisé Florence Arthaud.
Entre deux déferlantes du festival de rapp Marsatac, Menace Santana Metha ou Diez, les poètes ont défendu le droit à la marge, une parole spontanée, non tributaire du monde des régies, inventant en secret des signes de ralliement non marketés. Tout une pratique de confidences.

Près de la sculpture en cérastone de Jean Amado ( 1922-1995),
on a ainsi pu faire preuve d’un salutaire éclectisme entre les scansions rythmées de Marc-Alexandre Oho Bambé et l’insolite « Minouiller les piounouches » de Lina la benjamine.
On a pu entendre du Rutebeuf, du Benjamin Fondane, du Pessoa traduit par Patrick Quillier, des poèmes revenus de Sicile, et encore Rénos Mugnaioni, Aurélie Valognes, l’été de Jean Malrieu, le lanceur de dés de Darwich, des fragments de mystique soufi, façon Rumi, sans oublier des textes écrits par les poètes présents ou envoyés par ceux qui voyageaient sous d’autres latitudes.
S’il est un privilège du poème, c’est de pouvoir exister sans la présence visible de son auteur…
Le rendez-vous entre tartine et café confirma que les aubes parfois navrantes peuvent aussi être ferventes. Le temps que le soleil fasse ses sommations d’usage.

En fin de partie, quelques scribes se réfugièrent au bar le Robinson, pour méditer sur les mérites comparés de la desperados citronnée et du fond-de culotte mais c’est une autre histoire.
Pendant ce temps, les nageurs de la course du Monte Cristo ont eu le temps de réaliser leur grand bain annuel. Certains auront tendu l’oreille avant et après leur exploit palmé.
Baisser de rideau sur la saison.

Rendez-vous est pris au Scriptorium pour le cocktail de rentrée, annoncé Mistigri blanc en date du 12 septembre.
D’ici là, l’été et ses nouveaux horizons.
Bienvenue à celles et ceux qui rejoindront notre embarcation de fortune en 2026-2027.



Curieux sentiment que procurent ces confluences de mots, si rares, si insaisissables comme seul les transforme le mode opératoire de la poésie. Dont on ne sait pas dire grand-chose, et qui pourtant témoignent d’une accroche intime exposée à l’oreille comme un secret public. À l’image d’une salve de commencements toujours à réinventer.