à Patricia, d'un 17 octobre à l'autre, in memoriam
Seule, avec tous,
sans mot d'ordre,
elle se hâte
en héritière de nos traces,
noyau gonflé de miel.
Sur les barres de fer du futur,
de ses pieds libres et soulagés,
elle danse.
Parfois elle s'amuse
à ne plus du tout parler sur nos lèvres.
Avec le quotidien
qu'elle sculpte en son corps,
elle fait silence.
Silence
à la nuit rousse des collines,
dans les prémices de l'éclair.
Et puis, un jour, vous la voyez vraiment,
interminable et fugitive, c'est elle,
l'abeille enceinte de l'été.
( extrait de La Terre Accoisée, Cheyne éditeur, 1998)