
Tu ne m’as pas dit où tu étais.
Peut-être ne le sais-tu
plus, toi-même, quand tu tentes
de descendre le long de mes yeux.
Mais j’apprends la leçon secrète, au jour le jour.
Tu ne m’as pas dit où tu étais pour que j’évite de trop fixer les dalles.
Et aussi, pour que je continue de me laisser surprendre
par le vol d’un papillon quand il traversera,
ça ne saurait tarder,
l’autre versant de cette fin d’après-midi.
*
Quand tu apparais dans ma vie,
il y a une danse au milieu de la pièce
qui me précède, et toi
qui penches déjà la tête,
tu es au centre du tableau,
tandis que le creux de l’épaule
vient peu à peu vers toi pour t’offrir
tout le repos de tes années.
Une chanson
tourne sur son disque
l’introuvable des consolations.
Une toile de neige,
un fond d’enfance,
c’est la terre
où la fatigue alors n’a plus de prise,
la terre saisie dans son étoile
qui nous revient.

à Patricia, cinq ans après le 17 octobre 2011